Après Crawl, Quentin Tarantino distribue bons et mauvais points entre Ad Astra et Dunkerque

La Rédaction | 3 janvier 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58
La Rédaction | 3 janvier 2020 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Réalisateur parmi les plus suivis et étudiés de l’époque, Quentin Tarantino est aussi un commentateur effréné de l’actualité cinématographique, dans l’amour comme le dézingage.

Le cinéaste, qui aura encore surpris pas mal de monde avec Once Upon a Time... in Hollywood, n’a toujours pas sa langue dans sa poche. Partageant volontiers ses coups de cœur ou ses coups de gueule, il émaille de ses commentaires l’année cinématographique, distribuant ses enthousiasmes et ses agacements. Appréciables par leur absolue franchise et leur désintérêt total pour toute forme de bon goût ou de politiquement correct, les propos de Tarantino ont cela de rafraîchissant qu’ils permettent également d’éclairer son œuvre propre, et les principes qui président à ses créations.

Quelques semaines après avoir expliqué que Crawl était un de ses longs-métrages préférés de 2019, le réalisateur est revenu sur deux des films les plus commentés de ces dernières années, à savoir Dunkerque et Ad Astra. Avec la gourmandise qui le caractérise, il explique ce qui l’a séduit ou déçu.

 

Photo Quentin TarantinoSur le tournage des 8 Salopards

 

Concernant le film de guerre de Christopher Nolan, il ne fait pas mystère de sa déception initiale, le film ne l’ayant pas emporté totalement à l’occasion de ses deux premiers visionnages. Pour s’y plonger, il lui aura fallu passer outre le style du réalisateur du Prestige.

« Le style est une expérience de l’immersion, mais arrivé au 3e ou 4e visionnage, vous dépassez cela et vous commencez à voir les trucs du magicien. Dans le cas de Dunkerque, revoir le film récompense le travail de Nolan. Dépassé un certain point, vers le milieu du film, il ne peut plus se louper… ça devient une symphonie, il n’y a plus rien à l’image qui ne fonctionne pas. »

En revanche, Quentin Tarantino se montre beaucoup plus réservé sur Ad Astra, et pointe, comme de nombreux commentateurs (tout particulièrement outre-Atlantique), ce qui lui apparaît comme des faiblesses structurelles.

« Dans la seconde partie d’Ad Astra, je ne sais pas pourquoi les évènements s’enchainent. On est juste censés être d’accord avec le film, avec tout ce qu’il nous dit, mais je ne comprends pas pourquoi tel ou tel élément s’emboitent. Pourquoi une mutinerie, qui a éclaté il y a 15 ans, provoque désormais des surcharges qui ont tué 40 000 personnes. On doit se faire une raison, simplement parce qu’on nous dit que ça a lieu. »

 

Photo Kill Bill : Volume 2, David CarradineSur le tournage de Kill Bill

 

Non pas que le réalisateur soit resté insensible au film de James Gray, mais il lui semble que le scénario ne réussit pas à vraiment donner une dimension organique au récit.

« Ce qui vous embarque dans le film, c’est la structure d’Apocalypse Now, qui est entièrement reprise. Je veux dire, exactement… J’ai aimé regarder Ad Astra, c’était un film très joli et Brad y était très bien, mais je n’ai pas compris ce qui s’y passait. Nolan ne nous révèle pas non plus tous les tenants et aboutissants de Dunkerque, mais j’ai un sens de ce qui est à l’œuvre. »

Un reproche intéressant, le scénario de son récent Once Upon a Time... in Hollywood étant justement un des points d’achoppement entre les défenseurs du film et ceux qu’il a laissés de marbre. Quentin Tarantino y poussait son cinéma sur une pente mélancolique, parfois quasi-contemplative, assez nouvelle chez lui. On imagine donc que les problématiques d’écriture chez James Gray ont nécessairement intéressé Tarantino.

 

PhotoSur le tournage de Boulevard de la Mort

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commentaires
Simon Riaux - Rédaction
04/01/2020 à 14:44

@MisterM

Oh pas de souci, on en reçoit de nettement plus désobligeantes.

Pour ce qui est de laisser les traductions en version originale, c'est à peu près impensable, étant donné le faible nombre de lecteurs ayant le niveau d'anglais adéquate, et un peu éloigné du boulot de vulgarisation qu'on essaie de mener.

Et après, vient toujours la difficulté du positionnement. Faut-il essayer de respecter, le cas de Tarantino étant un bon exemple, la forme d'expression de l'intéressé. A savoir un débit rpaide, qui assume son oralité et ne cherche pas spécialement à dérouler des phrases très construites, enchaînant assez rapidement les idées. On pourrait "lisser" tout ça pour le fondre dans un moule plus "français", mais pour gagner un peu de confort de lecture, on risquerait de tordre certaines idées et tout simplement de donner une idée fausse de ce qu'il exprime.

Mais c'est toujours un chantier à améliorer, et on essaie de faire au mieux, avec nos moyens.

N
04/01/2020 à 14:25

Désolé pour la remarque désobligeante mais je trouve que vous traduisez très mal, il faut que ce soit du français à la fin, là c'est du charabia. Globalement l'article mériterait d'être relu.

S.plissken
04/01/2020 à 09:35

Revoyez Week End A Zuydcoote d’Henry Verneuil, avec Jean Paul Belmondo, Christopher Nolan a du l’etudier avant de faire Dunkerque, c’est du quasi copié-collé !

MisterM
03/01/2020 à 19:01

S'il vous plaît Ecranlarge, laissez les citations en version originale car vos traductions sont à peine compréhensibles.

En ce qui me concerne j'ai autant aimé Dunkerque qu'Ad Astra, même si je reconnais que ce dernier a davantage de défauts.

cepheide
03/01/2020 à 18:44

Je trouve les avis sur ad Astra très dur. Sans vouloir troller qt et ses suivants, ad Astra est très largement supérieur à crawl.

Dirty Harry
03/01/2020 à 14:05

Mince je le rejoins dans ce qu'il dit, Dunkerque a effectivement une structure fabuleuse (qui sera étudiée en école de cinéma, car une telle maitrise de la forme narrative et du montage c'est incroyable et plus on le regarde plus ça saute aux yeux) et Ad Astra est un film à qui il manque une colonne vertébrale solide...son "voyage intérieur et extérieur" façon Conrad a de gros trous dans son scénario (et pour moi passe après beaucoup de films sur les mêmes thèmes : Gravity, Solaris et Interstellar exprimaient plus amplement ces thèmes et avec plus d'inventivité dans le découpage ou la musique...)

Les
03/01/2020 à 13:09

Tarantino n est pas le maître de l univers chacun ses goûts et ses opinions

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