Le Cas Richard Jewell : attaqué par un média, Clint Eastwood est défendu par Olivia Wilde et son scénariste

Mathieu Jaborska | 13 décembre 2019 - MAJ : 13/12/2019 17:55
Mathieu Jaborska | 13 décembre 2019 - MAJ : 13/12/2019 17:55

Ces derniers temps, Clint Eastwood s'est trouvé une passion pour les histoires vraies relativement récentes. Cela pourrait se retourner contre lui.

Après American SniperLe 15h17 pour Paris et le magnifique La Mule, le cinéaste s'attaque encore à un fait réel presque tout frais : l'affaire Richard Jewell, policier ayant découvert une bombe dans le parc du centenaire pendant les Jeux olympiques de 1996 à Atlanta. Grâce à ses actions, des centaines de personnes ont pu être mises à l'abri avant l'explosion.

Exposé dans les médias, le FBI l'a accusé par la suite d'être l'auteur de ces attentats, ce qui a bouleversé sa vie. Typiquement le genre d'histoires stimulantes pour le réalisateur de La Mule, qui s'est d'ailleurs dévoilé récemment dans une bande-annonce intéressante.

 

photoPaul Walter HauserLe Cas Richard Jewell

 

Cette propension à traiter de sujets très récents risque cependant de lui causer bien du tort. Le rédacteur en chef de l'AJC (Atlanta Journal-Constitution), Kevin Rileya dénoncé le portrait qu'Eastwood brosse de la journaliste Kathy Scruggs, interprétée dans le film par Olivia Wilde. Selon Riley, le long-métrage montre la reporter proposer des relations sexuelles à un agent du FBI contre des informations, méthodes démenties par ses collègues de l'époque. L'affaire a pris tout de même de sacrées proportions puisque l'entreprise propriétaire de l'AJC a écrit une lettre demandant au cinéaste de déclarer que certains éléments avaient été inventés.

Mais celui-ci s'est très vite fait défendre par son équipe. Le premier à monter au créneau a été Billy Ray, auteur du scénario. Interrogé par Deadline, il a accusé le journal de chercher à faire oublier son implication dans les problèmes de Jewell.

"Ils n'ont rien vérifié et ont imposé des suspicions comme des faits. Ils l'ont comparé au célèbre meurtrier de masse Wayne Williams. Et c'était après qu'il ait sauvé des centaines de vies. Et maintenant, un film arrive, 23 ans plus tard, une occasion parfaite pour l'AJC de se racheter pour ce qu'ils ont fait à Richard et d'admettre leurs erreurs.

 

photo, Olivia WildeOlivia Wilde, le cas Kathy Scruggs

 

Et qu'est-ce qu'ils décident de faire ? Ils lancent une campagne de distraction. Ils détournent et distordent. Ils ne se concentrent que sur une seule minute d'un film qui est long de 129 minutes, choisissant de remettre en cause une assertion du film plutôt que d'accepter leur propre rôle dans la destruction de la vie d'un homme bon. Le film n'est pas à propos de Kathy Scruggs, c'est à propos de l'héroïsme et du harcèlement de Richard Jewell, et ce que le journalisme bâclé peut faire à un homme innocent."

Remonté, le scénariste a indiqué assumer de la première à la dernière lettre son texte. Autant dire que la tension n'est pas là de redescendre entre les deux parties. Surtout que l'actrice Olivia Wilde, interprète de la fameuse Kathy Scruggs, a également pris la défense de son rôle. Selon elle, le scénario n'implique pas que son personnage couche pour obtenir des informations, mais plutôt qu'il entretient déjà une relation sentimentale avec le membre du FBI incarné par Jon Hamm. C'est du moins ce qu'elle explique dans une série de tweets.

 

« Contrairement à une série de gros titres récents, je ne pense pas que Kathy ait "échangé du sexe contre des tuyaux". Rien dans mes recherches ne suggérait qu'elle l'ait fait, et ça n'a jamais été mon intention de le suggérer. Ça aurait été un effroyable et misogyne reniement de la difficulté du travail qu'elle a fait.

La perspective de dramatisation fictionnelle de l'histoire, comme je l'ai comprise, était que Kathy, et l'agent du FBI qui a fait fuiter de fausses informations pour elle étaient dans une relation romantique préexistante, et non pas un échange transactionnel de sexe et d'informations. »

Elle a également rappelé qu'elle est elle-même fille de journalistes, et qu'elle respecte par conséquent beaucoup leur travail, surtout aujourd'hui. Pour se faire son idée, il faudra attendre la sortie du film mené par Paul Walter Hauser, Sam Rockwell et Kathy Bates en France, le 19 février 2020.

 

affiche

commentaires

rocky
14/12/2019 à 19:10

"Ça aurait été un effroyable et misogyne reniement de la difficulté du travail qu'elle a fait."

Les demeurées qui beuglent à la misogynie/sexisme dès que l'on s'en prend à une femme... c'est du délire.

Numberz
14/12/2019 à 14:34

Eastwood EST une légende

Simon Riaux - Rédaction
13/12/2019 à 19:19

@Les

Dans ce cas précis, inutile de chercher un complot des vilains gauchiss.
Eastwood est attaqué par le média qu'il décrit dans son film comme responsable des accusations contre Jewell.

C'est mesquin, c'est bas, mais je pense que c'est un contre-feu médiatique, beaucoup plus qu'une lutte idéologique.

Eastwood ne clive pas aux USA comme chez nous, c'est une légende.

Les
13/12/2019 à 19:15

Vous comprenez que Eastwood est républicain et tout ce qui est pas de gauche doit être puni ou supprimer voir destituer

syroz
13/12/2019 à 18:57

ET c'est parti pour les coups bas.

votre commentaire