Cannes 2018 : critique à chaud de Mandy, de Panos Cosmatos et avec Nicolas Cage

Simon Riaux | 14 mai 2018
Simon Riaux | 14 mai 2018
On l'oublie trop souvent, mais Cannes a maintes fois été le berceau d'oeuvres et de cinéastes dédiés au genre, et pour des hectolitres de chialades auteurisantes, on aura rempli parallèlement quelques piscines d'hémoglobine et autres viscères fumantes. C'est pourquoi quand la Quinzaine des réalisateurs accueille Mandy, on se surprend à espérer un retour en farce de Nicolas Cage.


DES BARRES DE PIRE


Voici donc le grand Nic, bûcheron métaleux amoureux fou de son épouse, laquelle offre son titre au film de Panos Cosmatos. Malheur de malheur, une secte de hippies fous de dieu la kidnappe dans l'espoir de lui tasser les vertèbres entre deux prises de LSD.

Ce point de départ classique de ce qui se voudrait un film de vengeance post-moderne appelait deux orientations possibles : le délire méta ou la convocation respectueuse des codes du genre. Manque de bol, Cosmatos préfère jouer au malin et bouffer simultanément aux deux rateliers, sans s'inquiéter d'en maîtriser aucun.

 

Photo , Nicolas CageL'auteur du crime

 

MAD FLAQUE : PIPI ROAD

Si l'esthétique rétro-psychédélique fait un temps illusion, difficile de ne pas remarquer combien elle s'avère techniquement pauvre, artistiquement limitée, invitée avec un systématisme qui confine à la paresse. Comment masquer la sidérante nullité de la chose ? Une gélate violette, trois nappes sonores sur-saturées et un effet grossier de bruit numérique pour simuler les vieilles péloches d'antan y suffiront amplement !

Trop grossier pour être un hommage véritable ou réussi, Mandy parie sur l'inculture de son public pour le séduire. Peu importe que les séquences violentes soient expédiées, répétitives et faussement gore, le festivalier émoustillé par une oeuvre peu fréquentable n'y verra que du feu. Peu importe que le récit n'ait aucun sens, quand la première joie des séries B demeure leur linéarité agressive, le public n en a qu'une image reconstituée et déformée. Cette logique de la contrefaçon incompétente est la ligne directrice de tout le film, qu'elle pourrit avec un opportunisme beaucoup plus violent que les exactions dépeintes à l'écran.

 

photo, Nicolas CageC'est pas facile tous les jours


NICOLAS EN CAGE

Bien au fait de sa propre médiocrité et méprisant son  matériau d'origine auquel il se réfère, Cosmatos transforme Nicolas Cage en boîte à gags chargé de délivrer toutes les demi-heures une mimique parodique, une réplique badass, toujours pensées comme des gags. Cette logique du second degré goguenard témoigne combien le scénariste ignore que les fétiches Z ne se sont jamais moqué d'eux-mêmes, préférant une récréation assumée hors du réel à un clin d'oeil amer.

Mais, ivre de son esthétique tape à l'oeil et faussement soignée - qui confond harmonie et symétrie, vertige et gueule de bois - Cosmatos en vient à se regarder filmer, étalant son absence de savoir faire pendant plus de deux heures. Le premier mérite des péloches fauchées était leur concision. Mais n'est pas Roger Corman qui veut, en témoigne cette arnaque détestable, qui se rêve méta-transcendance mais échoue aux pieds de Ghost Rider 2 : L'Esprit de vengeance, qui fort des mêmes ingrédients, osait fièrement jouer la carte de la déviance de fête foraine.

Mandy se rêve triple-sec, mais nous tenons-là le Panaché du film d'horreur, saturé de cynisme à en vomir.

Affiche

commentaires

dams50
09/02/2019 à 23:12

Dommage qu'on ai pas eu le score de Johansson pour Blade Runner 2049.
Et dieu sait ce qu'il aurait pu faire pour Dune ...

Decker
24/01/2019 à 17:53

Film intéressant mais sans scénario, dommage... Le final aurait du être plus explosif, la bande de motards plus creusée..
Cosmatos n'est pas un manche (Beyond the Black Raimbow est génial selon moi), et l'idée centrale autours d'une secte de hippies satanistes psychopathes est (si on a le recul nécessaire) franchement amusante. Certains plans sont incroyables et Cage est assez efficace.
Ce film demande je pense, un peu de mansuétude, ne serait-ce déjà par qu'il propose autre chose même si c'est parfois maladroit. De plus son esthétique très 80's, cher à Cosmatos, n'est pas artificiel, accessoire, ni opportuniste. Cosmatos revisite et réussit à s’approprier des standards actuellement souvent honteusement usinés par ses "pairs", pour en tirer une sorte de substance qui sert parfaitement son univers et sied à la critique cryptique qu'il propose. Pour une foi qu'un réa a une vision...
Par contre comme Drive, on n'aime ou on n'aime pas c'est une affaire personnel, mais reconnaissons ses qualités (et défauts) et son originalité.

JB
16/12/2018 à 20:47

Ah j'en ai connu des blaireaux pédants mais celui là ... Personnellement je n'ai pas apprécié ce film mais lire la critique d'un mec pareil ça m'irrite au plus haut point. D'où il sort ce snobinard qui se permet des leçons de cinéma et de bon goût?

Satan LaTeube
28/10/2018 à 22:03

nul nul nul nul !!!!!

jeremy
04/10/2018 à 17:11

Mais c'est quoi ce mec qui n'a rien compris au film ! Mandy est beau est Grand ! Cage joue l'une de ses meilleurs performance ! Retourne voir Titanic mec !

apAche
02/08/2018 à 12:33

Voilà le genre de critiques d un petit snobinard confortablement installé dans son fauteuil. D'une condescendance et d'une haine dont seuls ceux qui ne font jamais rien eux meme peuvent faire preuve. Oh oui, qu il est facile , embusqué, de tirer à grandes rafales sur un realisateur, d y aller de sa petite lecon de culture et de bon gout, de balancer ses petites formules journalistiques guoguenardes et assassines pour se faire mousser, alors qu on ne produit rien soit meme et qu on sait que le realisateur ne pourra de toutes facons pas repondre aux coups.
Que vous n aimiez pas ce film, son auteur, soit, mais donner son opinion et critiquer n implique pas de vomir son venin et sa haine comme vous le faites , en y ajoutant la pédance par dessus. N oubliez pas que Cosmatos ne fait pas de films de commandes, lui. Et que faire un film, pour un real, c est plusieurs années de travail, d efforts, de doutes, de choix, de recherche, que vous piétinez dans un torchon expédié en 10mn. Vous avez l attitude typique de quelqu un qui n aime pas le cinéma , car meme face un film qu il deteste, le vrai critique cinéphile n est jamais irrespectueux ni dans la méchanceté gratuite

Gontran
15/05/2018 à 17:32

Qui conFINENT à la paresse. Conférer à la paresse, ça ne veut rien dire.

Mélie
15/05/2018 à 11:38

La musique est grandiose!
Dire que "Mandy compte sur l'inculture de son public" est terriblement dédaigneux.
Le film n'est fait que de références détournées, et le pari de l'illusion 1980 est réussie en tous points (image, musique, déco...)
Un pauvre journaliste blasé, un peu trop épris du cinéma qui "marche", je suppose?

caribou
14/05/2018 à 19:48

Rotten 100 , S. Riaux 0. Score logique , Mr Riaux est seul , et en face il y a 23 journalistes. Il ne peut pas gagner , c'est pas juste !

Simon Riaux - Rédaction
14/05/2018 à 17:32

Bourrine et référentielle, mais joliment atmosphérique durant le premier tiers du film.

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