Films

The Social Network : la scène fabuleuse qui achève la méritocratie (et le rêve américain)

Par Boris Szames
28 juin 2025
MAJ : 13 août 2025
The Social network : la scène fabuleuse qui achève la méritocratie (et le rêve américain) © Sony Pictures

En 2010, David Fincher signe le clip le plus époustouflant de sa carrière dans The Social Network, une course d’aviron pulsée par la B.O trépidante d’Atticus Ross et Trent Reznor.

Comment ont-ils pu tirer un film de Facebook ? La question taraude les spectateurs perplexes lorsque Columbia Pictures annonce crânement la mise en chantier du huitième film de David Fincher, The Social Network, adaptation de La revanche d’un solitaire, la véritable histoire de Facebook de Ben Mezrich, passionnante enquête sur les traces d’une success story made in USA parue en France aux éditions Max Milo. Après tout, le site communautaire n’affiche que cinq années d’existence lorsque le film entre en production. En France, Médiamétrie le classe au septième rang des pages les plus visitées en 2009, loin derrière YouTube et Wikipédia.

Ce serait mésestimer la viralité du phénomène (plus de 250 millions d’abonnés au compteur à la fin des années 2000), sa croissance exponentielle. Et l’homme derrière la machine, Mark Zuckerberg. Un nerd de la fac de Harvard, option daltonisme et Asperger, qui a développé un trombinoscope des étudiantes de son campus après s’être fait plaquer par sa copine. Au-delà d’une sordide histoire de revenge porn 2.0 à coups de gros dollar bills, la « véritable histoire de Facebook » retracée par le scénariste Aaron Sorkin en 166 pages déculotte l’élite de la nation américaine ici incarnée par les jumeaux Winklevoss (rôle doublement cannibalisé par Armie Hammer).

The Social Network
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Dans l’antre du roi de la montagne

Bien sûr, on aurait pu décortiquer l’épuisante scène d’ouverture de The Social Network, mentionner les 99 prises exigées par David Fincher, gloser sur l’art délicat de la stichomythie façon screwball comedy. La scène qui nous intéresse ici arrive 80 minutes plus tard. Nous sommes en 2004. The Facebook métastase dans les universités américaines, au grand désespoir des jumeaux Winklevoss qui en revendiquent la paternité. Sur le conseil avisé de Sean Parker, co-fondateur de Napster, Mark Zuckerberg a simplifié le nom de la plateforme, délocalisé son entreprise en Californie sans l’approbation de son associé et seul ami, Eduardo Saverin. Roué, Parker a promis de lui ouvrir les portes de l’Europe.

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Eomerkor

Scène bien construite et interprétée avec une excellent adaptation de Grieg par Reznor et Atticus Ross. Le crescendo et la conclusion cadrent parfaitement avec la lente inertie des avirons et la défaite à l’arrachée – symbole de l’occasion manquée pour les jumeaux Winklevoss de créer leur réseau social, pillé par un daltonien sans scrupule mais au nez creux.
Ce qui me reste dans la tête par contre ce sont les quelques notes de piano de Hands Cover Bruise qui sont à la fois mélodiques, douces et amères. Toute l’atmosphère du film se résume dans une composition toute simple à l’instar des notes de Ligeti dans Eyes Wide Shut.
Un film que j’adore sur tout les plans et une BO à mettre en boucle.

Lazarettoo

Vraiment l’un de mes films preferés. Je le regarde au moins une fois par an depuis sa sortie.

En plus de l’incroyable bande son de Reznor/Ross (qui est le meilleur truc à écouter quand on est sous caféine et qu’on doit bosser en plein rush), le film s’ouvre sur l’incroyable Ball & Biscuit des White Stripes <3