Event Horizon, Pitch Black, Pandorum : le meilleur (et le pire) des cauchemars et monstres de l'espace

Mise à jour : 21/07/2017 23:49 - Créé : 20 avril 2017 - La Rédaction
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Pour fêter la sortie de Life - Origine inconnue avec Jake Gyllenhaal et Ryan Reynolds, retour sur quelques bêtes et traumatismes dans l'espace.

Avec sa créature visqueuse, ses morts amusantes et une délicieuse dose de cruauté, Life – Origine Inconnue  de Daniel Espinosa (Sécurité rapprochée) est le petit plaisir à ne pas se refuser cette semaine. D'autant plus qu'un film d'horreur dans l'espace, avec des stars hollywoodiennes (Jake Gyllenhaal, Ryan Reynolds), un budget confortable (une soixantaine de millions) et un programme de série B, est une denrée rare.

Parce que Life lorgne ouvertement et éhontément vers Alien et que les bestioles démoniaques de l'espace sont une source d'inspiration et de plaisir évidents, la rédaction a sélectionné quelques titres amusants, voire hautement conseillés, qui rappellent que le genre est incontournable. Liste non exhaustive.


  

EVENT HORIZON

Avant d’être synonyme de pantalonnade numérique après une tripotée de Resident Evil, Paul W.S. Anderson fut brièvement le porte-étendard d’un cinéma B et généreux, tâché de gros morceaux d’horreur qui colle. Avec Event Horizon, il nous plonge dans les tourments d’un vaisseau spatial à la dérive, visité par des astronautes qui ne vont pas tarder à découvrir que la technologie des lieux (un moteur capable de créer un trou noir afin de voyager plus vite que la lumière) a ouvert les portes d'une dimension diabolique.

Au programme : un casting solide (Sam Neill, Laurence Fishbure, Joely Richardson), des morts inventives, un goût du fantastique cauchemardesque qui convoque simultanément Lovecraft et Clive Barker, le tout dopé par un sens de la démerde et de l’angoisse bourrine qui font encore aujourd’hui d’Event Horizon un merveilleux frisson du dimanche soir.

 

Spaceship

 

PANDORUM

Injustement conspué lors de sa sortie en salles en 2009, le film de Christian Alvart mérite qu'on le revoie et qu'on le réhabilite. Alors, certes, il a de nombreux défauts, limité en partie par un budget de 33 millions de dollars et un circuit de distribution réduit. Certes, son scénario n'est pas des plus originaux. Mais Pandorum se rattrape largement dans l'ambiance poisseuse et anxiogène qu'il installe et l'excellent jeu de Ben Foster et Dennis Quaid. Thriller paranoïaque de sicence-fiction, le film se transforme rapidement en véritable histoire d'horreur un brin gothique en présentant de terribles créatures et des conduits bien étroits.
 
Si l'on pense évidemment à Alien, on le rapproche cependant d'Event Horizon, ce qui n'est pas un hasard puisque le réalisateur de ce dernier, Paul W. S. Anderson, en est le producteur et que beaucoup considèrent Pandorum comme sa suite spirituelle. Donc si vous êtes à la recherche d'un film d'horreur dans l'espace sauvage et tendu, avec un twist en béton armé, d'excellents comédiens, une direction artistique très efficace et un suspense de tous les diables, vous savez ce qu'il vous reste à faire. Et qui sait, peut-être aurons-nous droit un jour à la fameuse trilogie que nous promettait Alvart, même si on y croit moyen. 

 

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LAST DAYS ON MARS

Que voilà une petite perle qui n'a pas connu la carrière qu'elle méritait. Et c'est force dommage parce que Last Days on Mars a beaucoup de choses à offrir. Si l'on passe évidemment sur le fait que l'histoire ressemble quand même énormément au Ghosts of Mars de Carpenter et qu'il s'agit d'un tout petit budget. Mais encore une fois, le film tire sa force de son ambiance à couper au couteau, angoissante à souhait et prenante dès les premières secondes. Ses zombies martiens réussissent même le tour de force de faire réellement peur en n'en montrant jusque ce qu'il faut.
 
Le casting aussi est à l'avenant, avec un Liev Schreiber en état de grâce et une Olivia Williams d'une froideur en acier trempé. Tout se tient dans ce film, empreint d'un spleen que l'on ne croise que très rarement dans ce type de production. Alors bien sûr, il y a quelques facilités et le métrage ne nourrit pas une grande ambition mais pour qui se laisse prendre au jeu, l'expérience vaut largement le détour et nous met une fois de plus face aux aberrations de distribution du cinéma moderne. Une petite perle on vous dit. 

 

Photo Liev Schreiber


JASON X

Que faire quand un franchise est à bout de souffle, que les droits ont changé de camp et que le boogeyman a perdu de sa superbe ? L'envoyer dans l'espace, évidemment. Faisant fi de toute continuité logique avec le reste de la saga, James Isaac place notre mongolo préféré dans le futur et dans une station spatiale remplie d'étudiants qui ne pensent qu'à fumer et se reproduire. Et dans l'espace, personne ne l'entendra trancher. Généralement ridiculisé par la critique et le public, Jason X vaut bien mieux que ce que l'on veut bien en dire. Ne serait-ce que parce qu'il prend les règles du genre au pied de la lettre, en y ajoutant une bonne dose de fun. 
 
Kane Hodder y compose un Jason mutique et charismatique comme à son habitude, et si on repassera pour y trouver le moindre scénario, le film se permet quand même pas mal de délires anthologiques : cette mort très rigolote à base d'azote, la séquence en réalité virtuelle qui se fout ouvertement du principe de base de la saga, son personnage androïde qui se croit chez John Woo et évidemment son nouveau Jason, robotisé, over musclé et tétanisant. Donc oui, Jason X c'est nul, c'est mal fichu, c'est du Alien qui aurait raté son Bac, mais c'est justement pour ça que c'est bon. 

 

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SATURN 3

Il faut s’armer de courage et de beaucoup de mauvaise foi pour dire du bien de Saturn 3. Tout simplement parce que le film est globalement tout pourri. Néanmoins, par la grâce des années et des mouvements esthétiques, cette série B qui met face à face humains et robot dans un complexe spatial isolé, a gagné un certain cachet.

Son androïde incroyablement kitsch, ses bruitages d’un autre temps, ses deux stars en mal de cachet (surréalistes Keitel et Douglas), ce gigantesque vaisseau dont on ne verra jamais que trois malheureux couloirs, ces effets de peur tous lents et enfin cette peur continuelle du « robot » : Saturn 3 de Stanley Donen (réalisateur de Chantons sous la pluie, alors en fin de carrière) témoigne d’une forme de naïveté très pure, qui amuse plutôt efficacement.

 

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PLANETE ROUGE

Avec son scénario écrit par un enfant hyperactif de quatre ans, sa direction artistique qui fleure bon le plastique, ses effets spéciaux indignes d’un Sharknado 8 et son casting d’excellents acteurs alors tous promis aux enfers du plan de carrière foiré, Planète Rouge a des airs de navet pur sucre.

Et pourtant, il se dégage du film un véritable charme à l’ancienne. La raison est probablement à situer entre le côté improbable de cette production qui évoque un Roger Corman surgonflé, mais également dans la générosité du scénario. Entre un vilain robot en colère, un Tom Sizemore qui fait pipi sur Mars, de méchantes éruptions solaires et des insectes assoiffés de sang, le métrage ne recule devant aucune idée barjo pour nous divertir. Et on l’en remercie.

 

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PITCH BLACK

A l'aube du nouveau millénaire, Vin Diesel n'est personne, ou presque. Remarqué par Steven Spielberg à Sundance dans son premier film comme réalisateur et acteur (Strays, en 1997), il est apparu dans Il faut sauver le soldat Ryan. Mais c'est bien David Twohy qui va le façonner avec Pitch Black : dans ce petit film à 23 millions, il incarne Riddick, un hors-la-loi musclé, capable de voir dans l'obscurité grâce à des yeux modifiés, qui échoue sur une planète désertique avec d'autres prisonniers et leurs gardiens de fortune. Premier malheur : la planète est infestée d'insectes volants féroces, qui ne sortent que la nuit. Deuxième malheur, presque comique : une éclipse va plonger le décor dans une longue nuit. 

Pitch Black, ou la loi ultime de Murphy, est sorti de nulle part pour séduire et devenir un classique pour tout fan d'horreur spatiale. Simple, franc, cruel et malin, le film de David Twohy résiste aux poids des années grâce à une direction artistique débrouillarde et une mise en scène inspirée, qui a permis au réalisateur d'emballer une série B de luxe diablement sympathique. Sans compter qu'elle a permis d'ouvrir la voie à une saga malade mais profondément passionnante, avec Les Chroniques de Riddick (qui mérite d'être mieux considéré) et Riddick (qui mérite pas beaucoup plus que de rester un film mineur passé quasi-inaperçu) .

 

Photo Vin Diesel, Radha Mitchell


EUROPA REPORT

Un film passé totalement inaperçu en 2013, avec une exploitation quasi inexistante en salles malgré la présence de Sharlto Copley. Réalisé par Sebastian Cordero, Europa Report mérite pourtant un petit coup d'oeil tant le métrage est digne d'intérêt et étrangement à contre-courant. Maladroitement placé dans le sillage des films found footage, il raconte grâce à diverses sources d'images (caméras de surveillance, interviews) l'expédition d'une équipe d'astronautes envoyée sur Europa, lune de Jupiter, pour analyser l'océan qui se cache sur ses glaces.

Anti-spectaculaire malgré de faux airs de 24 heures chrono quand il abuse du split screen et une efficacité certaine en terme de mise en scène, Europa Report est moins un film d'horreur qu'une tentative de construire un vrai faux documentaire autour de la grande et fabuleuse question qui hante l'imaginaire - la vie ailleurs, sous quelle forme. Il y a plus d'Abyss que de Life dans cette aventure profondément humaine, qui se borne à ne pas aller au-delà de la conscience de ses personnages, minuscules dans l'immensité de l'univers. Le film n'offre ainsi pas de réponse, quasiment aucun détail, et se termine sur une miette de poussière d'étoile : c'est forcément décevant pour celui qui s'attendait à un certain type de science-fiction, mais c'est une note finale qui témoigne d'un beau sens du merveilleux.

 

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APOLLO 18

Oui, ce film considéré avec mépris comme un navet infâme et inutile, cyniquement placé dans la pseudo mode des films d'horreur en found footage. Ce film qui s'amuse à imaginer que la mission annulée Apollo 18 dans les années 70 a eu lieu, et a tourné au cauchemar pour trois astronautes confrontés à une forme de vie insoupçonné : des pierres. Ce film (qui dure en gros 1h10) n'est ni une réussite, ni un classique mal-traité. En revanche, il n'est pas impossible d'y trouver un certain plaisir.

Grain artificiel, utilisation excessive des ficelles du found footage, théorie complotiste bien plus drôle que Kubrick qui a filmé Amstrong dans un studio : Apollo 18 est l'héritier d'une forme de série Z, qui repousse les limites de la suspense d'incrédulité. Il faut voir le nombre de plans qui justifient l'étiquette horreur (quelques araignées au détour de quelques plans, quelques bruitages ringards) pour comprendre l'étrangeté de l'entreprise, qui fonce néanmoins tête baissée vers son objectif, avec une confiance et une naïveté presque touchantes. De là à y voir un petit produit old school sympathique, qui s'emploie à fissurer le réel pour y glisser une anormalité déstabilisante, il n'y a qu'un petit pas pour l'amateur.

 

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commentaires

Geoffrey Crété - Rédaction 23/04/2017 à 02:00

@KibuK

D'où le "Liste non exhaustive". Il y a évidemment plein de films absents de cette petite sélection. Mais on parle souvent de Verhoeven, et on a eu plusieurs fois l'occasion de dire notre amour pour Starship Troopers notamment.

KibuK 22/04/2017 à 20:25

Bah... Et Starship Troopers alors ??? Ca se passe souvent dans l'espace, y'a des bêbêtes dégueus, du suspens, de la critique sociale, de l'humour, des hauts le cœur. Un film culte devenu un classique du genre.

Mx 21/04/2017 à 20:17

Je confirme, Pitch black et Event horizon font partie du haut du panier en matière de Trip Horreur spatiale!!

Dans l'espace, personne ne vous entend hurler!!

Le collector d'event horizon est excellent en tout point (packaging, son, image, bonus)!!

Flash 20/04/2017 à 19:33

Event horizon, un putain de film.
Bien aimé aussi Jason X et Pitch Black.

Rorov94 20/04/2017 à 19:19

Life:un classique sf instantané.

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