Ryan Phillippe : la star des années 90 est bel et bien encore vivante

Geoffrey Crété | 17 novembre 2016 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Geoffrey Crété | 17 novembre 2016 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Icône des années 90 grâce à Sexe Intentions, Souviens-toi... l'été dernier ou encore Studio 54, Ryan Phillippe est depuis passé sous les radars.

Tout le monde s'en contrefiche, mais le film Shooter avec Mark Wahlberg a lui aussi le grand privilège de devenir une série. Rien de remarquable dans cette nouvelle variation de 24 heures chrono où un vétéran tente d'empêcher l'assassinat du Président des Etats-Unis, hormis un visage : celui de Ryan Phillippe, acteur phare des années 90 tombé dans l'oubli.

 

Photo Shooter

 

SOUVIENS-TOI DE SEXE INTENTIONS

Pour une génération entière, il est le beau gosse à la moue contrariée, trucidé dans Souviens-toi... l'été dernier avec Jennifer Love Hewitt et Sarah Michelle Gellar. Le Sebastian Valmont de Sexe Intentions, dans l'adaptation à la sauce MTV de 1999 avec Sarah Michelle Gellar, encore, et Reese Witherspoon. Ou encore Studio 54, cet ersatz de Boogie Nights niais. Trois films incontournables de l'ère des teen movies des années 90, qui ont lancé la carrière de l'acteur qui a d'abord émergé avec des seconds rôles dans USS Alabama de Tony Scott, Lame de fond de Ridley Scott et Nowhere de Gregg Araki (où il tripote et lèche Heather Graham).

 

Photo Souviens-toi... l'été dernier, Jennifer Love Hewitt, Sarah Michelle Gellar

 

Poussé comme les Neve Campbell, Freddie Prinze Jr. et Rose McGowan vers le devant de la scène, il suivra une trajectoire classique en quête de crédibilité et reconnaissance. Il donnera la réplique à Gena Rowlands et Angelina Jolie dans La Carte du coeur, décroche des têtes d'affiche de films mineurs (les thrillers Antitrust et Memories). Il tourne Way of the Gun, première réalisation du Christopher McQuarrie fraîchement oscarisé pour Usual Suspects. Il est filmé par Robert Altman dans Gosford Park et Clint Eastwood dans Mémoires de nos pères.

Il s'approche même des Oscars avec le film chorale Collision de Paul Haggis, couronné meilleur film. La même année, sa future ex-femme Reese Witherspoon est sacrée meilleure actrice pour Walk the Line. L'ingénue de L'Arriviste d'Alexander Payne, plus connue pour La Revanche d'une blonde, a réussi à négocier un beau virage. Eternel belle gueule, Ryan Phillippe reste derrière.

 

Photo Mémoires de nos pères

 

RETAKES

Depuis, Ryan Phillippe a tourné des films plus ou moins passés inaperçus, parfois inédits dans nos salles. Il a mis un pied timide dans l'univers des séries avec un second rôle dans la saison 5 de Damages, avant d'être le héros de la première saison de Secret and Lies avec Juliette Lewis. Sauf surprise, Shooter ne devrait pas attirer beaucoup d'attention, suivant la mode déjà ennuyeuse des films parfois oubliés, réarrangés en séries.

Mais ces dernières années, deux choses intéressantes sont arrivées dans sa carrière. La première, c'est la ressortie d'une version director's cut de Studio 54, notamment dans quelques salles françaises en décembre 2015. Cette plongée dans le célèbre club new-yorkais, avec Mike Myers, Neve Campbell et Salma Hayek, avait été l'une des nombreuses victimes de Harvey Weinstein à sa sortie en 1998. Asceptisé et édulcoré pour le public des teen movies, le film était considéré comme un navet oublié.

Mais le réalisateur Mark Christopher, qui avait vu son film lui échapper, n'a pas accepté ce destin triste et ordinaire : il a remonté son oeuvre, retirant une trentaine de minutes de reshoots imposées par Miramax pour retrouver les couleurs originales. Ryan Phillippe a enregistré une voix off pour peaufiner ce montage qui assume notamment la bisexualité du héros, écartée à l'époque pour ne pas froisser le public. Métamorphosé, Studio 54 a une seconde vie, et a notamment été célébré lors sa présentation à Berlin.

 

Photo Studio 54

 

L'autre étape importante dans la filmographie récente de l'acteur est Catch Hell, sa première réalisation. Ce thriller au budget dérisoire, au mieux ignoré et au pire étrillé, tourne autour d'un acteur de seconde zone qui accepte de tourner un film indé dans un trou paumé. Il sera enlevé par deux rednecks qui commenceront un jeu pervers, entre torture dans une sinistre cabane et piratage de son compte Twitter pour ruiner sa réputation avec des messages racistes et homophobes.

Ryan Phillippe ne le cache pas : il joue quasiment son propre rôle dans son premier film. Il a utilisé sa propre maison pour celle du personnage, qui a les mêmes initiales que lui. Dans une scène, il demande à son manager s'il a reçu une réponse du casting du prochain James Cameron, et s'interroge : "Bordel qu'est-ce qui est arrivé à ma carrière ?". On lui répond qu'il a besoin d'un gros projet qui le remettra sur les radars des studios.

 

Affiche officielle

 

Catch Hell a un sens à peine caché. Pendant la promo, l'acteur et réalisateur expliquait au Los Angeles Times : "Le fait que je joue en gros mon propre rôle, et que je ne sois pas Brad Pitt ou la plus grande star du monde, permet à l'histoire de rester à une petite échelle, parce qu'il n'y aurait pas d'hélicoptère ou de grande recherche ou de flash info spécial"

Plus loin, c'était encore plus brutal : "J'ai fait plus de 30 films en vingt ans. Et à mon avis, cinq sont bons". Parmi les catastrophes de sa carrière, il mentionne sans détour "ce film terrible avec 50 Cent" : Braqueurs, avec aussi Bruce Willis, inédit dans nos salles. Il explique qu'on lui avait alors vendu quelque chose de très différent du résultat, mais confie surtout avoir été trop déçu des projets dans lesquels il s'est engagé. Entre déprime et désillusion, il explique que trop de choses échappent au contrôle d'un acteur de son statut. Qui n'est pas Brad Pitt, donc.

 

Photo Catch Hell

 

Studio 54 director's cut, Catch Hell : une volonté de rectifier le tir, réécrire son histoire. Ryan Phillippe assure que son passage derrière la caméra n'est pas la lamentation d'un acteur qui a perdu les faveurs d'Hollywood, mais la lecture est inévitable.

Mais que Ryan Phillippe (et ses fans) gardent espoir. Ils ne sont pas à l'abri d'une surprise : il était second rôle dans La Défense Lincoln face à Matthew McConaughey, à une époque où personne n'imaginait que l'acteur de Comment se faire larguer en 10 leçons et Sahara aurait un Oscar du meilleur acteur et une renaissance artistique inespérée et flamboyante. A Hollywood, tous les espoirs sont permis.

 

Affiche Shooter

 

 

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
Vous aimerez aussi
commentaires
rico601
17/11/2016 à 20:51

Encore une série à la con avec un héros piégé et qui doit prouver son innocence. Bordel, cette merde de Quantico ne suffisait pas ?

KibuK
17/11/2016 à 16:11

Alors EL, ce premier épisode de Shooter, c'était comment ?

Pesto
15/11/2016 à 23:25

Sa prestation dans La Défense Lincoln est loin d'être inintéressante, un beau rôle de pourri belle gueule...
Et puis on peut mentionner aussi dans sa filmo Chaos avec la paire Statham/Snipes, un plaisir coupable bien efficace !

votre commentaire