Batman v Superman : que vaut la version longue du film de Zack Snyder ?

La Rédaction | 3 août 2016 - MAJ : 01/10/2019 00:11
La Rédaction | 3 août 2016 - MAJ : 01/10/2019 00:11

En mars dernier, le film qui devait mettre tous les fans de comics d’accord se prenait en plein visage une avalanche de critiques négatives, avant d’être littéralement mis en pièces par les Internautes. Avec sa version longue, sortie officiellement aujourd'hui, Batman V Superman va-t-il faire changer tout le monde d’avis ?

Se risquer à jouer les devins est toujours un exercice délicat, mais on serait tenté de répondre par l’affirmative. Alors que la presse américaine a déjà largement retourné sa veste, un bref coup d’œil aux réseaux sociaux permet de réaliser combien le director’s cut de Zack Snyder s’attire de critiques positives des spectateurs américains.

C’est que 31 minutes séparent le montage cinéma de la version du réalisateur, soit 1/6 de l’œuvre intégrale. Largement de quoi transformer l’expérience, la nuancer et gommer les nombreux défauts montés en épingle lors de la sortie initiale du film.

 

Photo Henry Cavill

 

UN SCENARIO DOPÉ

Principal grief à l’encontre de Batman V Superman : son scénario à trou. Après une séquence africaine largement incompréhensible pour le plus grand nombre, il fallait suivre un complot brouillon, à la fois mécanique et obscur. Grâce à de précieuses minutes, plusieurs séquences au  montage alternatif et des scènes rallongées, les machinations de Lex Luthor font désormais sens.

Non seulement les enjeux du film deviennent beaucoup plus clairs pour les non-initiés, mais les décisions de tous les protagonistes paraissent désormais infiniment plus logiques. Ainsi, le Batman bourrin et violent que nous présente Snyder n’est plus tant une adaptation discutable qu’un vrai choix esthétique, doublé d’un axe de scénario beaucoup plus malin qu’il n’y paraît.

 

Photo Ben Affleck

 

En redonnant aux investigations menées par le journaliste Clark Kent toute leur place, le nouveau montage dévoile ainsi plusieurs niveaux de complexité insoupçonnés. Et fait de certains éléments précédemment sacrifiés, comme la marque qu’appose le Dark Knight aux criminels, d’excellents ressorts narratifs.

 

Photo Laurence Fishburne, Henry Cavill

 

SUPE IS SUPE, BAT IS BAT

Nombreux étaient ceux qui s’agaçaient de la vision de Zack Snyder, jugée inutilement torturée et peu respectueuse du matériau original. Dans ce montage augmenté, le Superman d’Henry Cavill retrouve sa part lumineuse et apparaît pour le héros compassionnel, le sauveur qu’il ambitionne d’être (notamment après la scène clef du Capitole).

 

Amy Adams Henry Cavill

 

De même, si le Bruce Wayne campé par Ben Affleck est plus violent et implacable qu’on ne nous le représente habituellement, cet état d’esprit n’est plus ici qu’un point de départ, la rencontre avec Superman amenant le héros amer à reconsidérer son engagement, retrouvant ainsi le sens premier du héros que nous connaissons.

Même Jesse Eisenberg bénéficie de ce director’s cut. Si sa prestation est toujours un peu trop virevoltante et psychotique, elle suit désormais une évolution beaucoup plus logique et palpable. Non seulement son plan fait sens, mais ses tourments sont bien mieux traités par le récit, ce qui permet, à défaut d’adhérer totalement à sa proposition, d’en accepter la cohérence.

 

batman-vs-superman-ew-pics-1

 

Avec une intrigue nettement mieux charpentée ainsi que des personnages aboutis, c'est toute la puissance émotionnelle du film qui est restaurée, ainsi que son rythme initial. Plutôt qu'un énorme paquebot secoué de terribles accélérations pour tenter d'arriver à destination, nous sommes face à un blockbuster peut-être un peu trop massif, mais capable d'une véritable vélocité, et dont les moments de bravoure (l'attentat, la confrontation entre les héros, l'intervention musclé de Batman) qui prennent tout leur sens nous collent au siège.

 

Photo Ben Affleck

 

SNYDER BANDE SES MUSCLES

Restaurée dans son intégrité, la mise en scène du film gagne énormément en ampleur. On s’étonne ainsi souvent de la capacité de Snyder à ne jamais relâcher la pression tout le long de ses 3 heures de métrage. Là où aucun film Marvel récent n’aura su proposer de véritable grammaire cinématographique, le cinéaste se jette sur la moindre occasion d’iconiser, de magnifier, de transcender son matériau.

En témoigne les 10 premières minutes du film, véritable leçon de spectacle, de gravité et de caractérisation, dont une poignée d'images inédites accentue encore l'impact. Jusque dans les échanges de couloir du Daily Planet, Snyder se montre capable de conférer de l'importance au moindre détail, à la plus petite inflexion de son intrigue. Il parvient ainsi à démultiplier le sentiment de réalisme qui se dégage de l’univers dépeint, mais aussi sa dimension mythologique.

 

Steppenwolf

 

PROBLEMES DE FORCEPS

Malheureusement, si ce director’s cut permet sans mal à Batman V Superman de s’imposer comme le meilleur film de super héros de 2016 (en attendant Suicide Squad), il ne peut tout à fait gommer certains défauts.

Ainsi, l’inclusion des membres de la Justice League est toujours aussi grossière et contreproductive. De même, Wonder Woman ne bénéficie pas franchement de cette seconde version, tant elle demeure projetée dans le récit en dépit du  bon sens. Voilà qui interroge sur la durée de ce fameux montage.

 

Photo Gal Gadot

 

Car si la fresque de Snyder s’y épanouit, difficile de ne pas noter que cette épopée pouvait être racontée plus rapidement, probablement sans sacrifier à la portée mythologique du sujet. De même, on avait beau savoir cette version ne bouleverserait pas le climax (qui retrouve néanmoins un emplacement plus logique dans l’articulation de l’ensemble), il ne le sauve pas de ses errements numériques.

 

STOP OU ENCORE ?

Batman V Superman director’s cut confirme ce qu’on pouvait légitimement en attendre. Non seulement ce montage est indiscutablement supérieur à celui découvert en salles, mais il pourrait bien convaincre les plus récalcitrants qu’ils étaient passés à côté de quelque chose.

Enfin, il devrait également faire taire un petit moment tous ceux qui appelaient à brûler Zack Snyder en place publique, tout comme il rend désormais évident que l’échec du film provient des choix et exigences hasardeux d’un studio navigant à vue.

 

Affiche

 

 

commentaires

Gilk
02/10/2019 à 20:54

Tu nous manques Zack...

sylvinception
01/10/2019 à 12:05

Reste que l'affrontement final en CGI dégueulasses gâchera toujours un peu trop le trip...

Romain
30/09/2019 à 22:15

« Je vais te tuer ! »
« Ta copine a le nom de ma mère »
« Ah ! Bah ça va on est copain alors »
Clap de fin.

lemon
25/10/2017 à 13:58

"Malheureusement, si ce director’s cut permet sans mal à Batman V Superman de s’imposer comme le meilleur film de super héros de 2016 (en attendant Suicide Squad)"... Avec le recul, c'est drôle.

The King Brain
04/08/2016 à 13:02

@Alix84
je ne comprends pas ce reproche sur l'épisode "Martha". pourtant, il est clair et pas aussi simpliste qu'il n'y parait : bruce wayne considère sup comme un dangereux alien, au moment de le liquider, il l'entend pleurnicher, lui demandant de sauver une certaine "martha". il apprend par la suite que la "martha" en question est sa mère. sup a donc une mère, dont il se soucie ! il a des sentiments comme tout être humain ! ce n'est pas tant le prénom que l'attitude même de superman, qui dévoile sa faiblesse émotionnelle, comme tout humain, qui fait changer les idées à wayne. le prénom commun pour les 2 mamans n'a fait que provoquer un déclic dans la tête de wayne, qui a crû au premier instant qu'on parlait de sa mère à lui, qu'il n'a pas, qu'il n'aurait jamais pu sauver, d'où le flashback. tout est pourtant clair dans le film, pour peu qu'on veuille bien faire preuve de bonne foi...

wesker42
03/08/2016 à 19:29

aller hop, tout ceux qui ont craché sur le film lors de la sortie ciné retournent leurs vestes ! et vu les critiques du jour sur Suicide Squad feront pareil d'ici quelques mois ! Vive Snyder, vive DC et ce qu'ils font avec leurs films, ils prennent des risquent, ils sont maturent et eux, au moins, ont des coui.....

champy
03/08/2016 à 18:37

@Alix84 T'as tout dit! Ha Ha ha ... "Les méchants pas beaux ne tirent que sur les murs avec leurs lasers et attendant bien gentiment de se faire démonter par les gentils hyper cools dans les tenues aux couleurs tricolored..." Faut que je ferme ma machine parceque là je serais toujours tenté de revenir dans le site... j'ai eu ma dose de fous rires aujourd'hui ha ha ha là je risque d'attraper une migraine Ha Ha ha...

Alix84
03/08/2016 à 15:02

Quelques qualités gâchées par un doomsday qui ressemble à un méchant en images de synthèse bas de gamme pour une pub pour biscuits type prince lu.
Une Wonder woman qui fait du fan service et dont l'intrigue aurait aisément pu se dispenser. Quelque chose de très artificiel dans tout ça. Puis superman et batman qui se réconcilient " oh ta mère s'appelle aussi Martha comme la mienne alors on est des copains finalement, on est dans le même camp, on va casser du méchant pas beau immédiatement identifiable car justement pas beau du tout " c'est aussi manichéen que puérile tout ça. C'est des trucs pour les mômes tout ça en fait. Un peu comme les avengers qui luttent contre des méchants pas beaux venus du ciel et qui débarquent à New York pour ne faire que des dégâts matériels. Les méchants pas beaux ne tirent que sur les murs avec leurs lasers et attendent bien gentiment de se faire démonter par les gentils hyper cool dans les tenues aux couleurs tricolored, claires et immédiatement identifiables. Des films pour gosses. Un point c'est tout

Azhel
09/07/2016 à 00:09

merci zack....ptin je sort du visionnage du director's cut....quelle claque...et un merci ironique pour la warner de lui avoir imposé un charcutage tuant le rythme parfait du film et perdait en meme temps tout les non initiés de la mythologie DC

Sunlight
07/07/2016 à 12:43

C'est le meilleur film de super héros que j'ai vu.. Et de très très TRES LOIN! Les critiques ont très mal fait leur travail

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