Le mal-aimé : Underworld avec Kate Beckinsale

Geoffrey Crété | 4 mai 2016
Geoffrey Crété | 4 mai 2016

Parce que le cinéma est un univers à géométrie variable, soumis aux modes et à la mauvaise foi, Ecran Large, pourfendeur de l'injustice, se pose en sauveur de la cinéphilie avec un nouveau rendez-vous. Le but : sauver des abîmes un film oublié, mésestimé, amoché par la critique, le public, ou les deux à sa sortie. Cette semaine : Underworld de Len Wiseman, avec Kate Beckinsale.

 

    

"Ce (trop) long métrage se révèle vite décevant" (Le Parisien)

"Avec quelques uns des dialogues les plus risibles de l'année" (USA Today)

"Il faudrait un pieu et une balle d'argent pour achever ce scénario" (Washington Post)

"On ne retient du film de Wiseman que ses interminables scènes de canardages confuses" (Libération)

" 'Votre incompétence est imposante', dit le chef des vampires. Un dialogue qui résume bien ce Blade rouillé" (Rolling Stone)

"Parfois du talent et une belle allure ne suffisent pas. Il manque à Kate Beckinsale la présence d'une star de cinéma pour donner vie à cette série B" (NY Post)

    



LE RESUME EXPRESS

Depuis des siècles, les vampires et les lycans mènent une guerre sans merci, les premiers ayant quasiment exterminés leurs adversaires. Guerrière à canines, Selene découvre après une fusillade dans le métro que les lycans, désormais mieux armés et plus nombreux, traquaient un humain : Michael Corvin.

Parce que le chef des vampires, Kraven, ne la croit pas, Selene enquête seule et le retrouve. Attaqués par les lycans, elle croise Lucian, leur chef supposé mort de la main de Kraven. Lucian parvient à mordre Michael avant que Selene et lui ne s'échappent. Elle est blessée, mais il la sauve. Ils tombent donc amoureux.

Persuadée que quelque chose ne tourne pas rond et que Kraven n'est pas fiable, Selene décide de réveiller Victor, l'un des plus vieux vampires. Elle brise ainsi toutes les règles de son clan puisque le cadavre de Victor aurait du être réanimé un siècle plus tard, par un vampire plus sage. Son père spirituel n'est donc pas flatté, et l'enferme avant qu'elle soit jugée. Mais Selene s'échappe et lui ramène un lycan qui révèle la vérité : Kraven a trahit les siens pour travailler avec Lucian sur une race supérieure mi-vampire mi-lycan, et Michael est un descendant de l'ancêtre commun aux deux espèces. 

Kidnappé par les lycans, peu à peu transformé, Michael gagne des souvenirs sur l'histoire des clans, qui se sont déchirés lorsque Victor a sacrifié sa fille Sonja car elle était enceinte de Lucian. 

Menés par Victor, qui ordonne à Selene de tuer Michael pour être pardonnée, les vampires attaquent le QG des lycans. Kraven trahit Lucian, et tire des balles d'argent sur Michael : Selene (qui a entre temps appris que Victor a tué sa famille) décide alors de le mordre pour le sauver, et donc en faire un vrai hybride. S'ensuit un combat entre Victor et le nouveau Michael, finalement sauvé par Selene qui tranche le crâne de son chef. Le couple, désormais hors-la-loi des deux côtés, s'échappe.

Epilogue : le sang d'un lycan, tué par Victor dans le manoir des vampires, coule jusqu'à atteindre le sarcophage d'un autre chef des canines issu de la lignée pure, qui se réveille ainsi en hybride.

 

Underworld

  

LES COULISSES

En 2003, Len Wiseman n'est personne. Il a travaillé au département déco des blockbusters de Roland Emmerich Stargate, Independence Day et Godzilla, et réalisé quelques publicités et clips. Puis, il rencontre le scénariste Kevin Grevioux : ils imaginent un Roméo et Juliette avec des familles de vampires et loup-garous. Avec une envie de dépoussiérer le côté magique de ces mythologies avec des histoires de virus et de sang à la place des crucifix.

Le projet séduit très vite Lakeshore Entertainment. Le patron Gary Lucchesi expliquait : "Len est un type très éloquent. Il vient du monde des décors et des effets spéciaux, ce que j'ai trouvé intéressant. Il a appris le métier auprès de Roland Emmerich et a travaillé chez ILM. Il était déterminé à trouver le bon ton pour l'ambiance du film et était persuadé que sur un film comme Underworld, l'atmosphère et les décors étaient une priorité pour que le film fonctionne".

Le réalisateur veut Kate Beckinsale, mais l'actrice (propulsée par Pearl Harbor) refuse dans un premier temps de s'intéresser à un film de vampires. Jusqu'à ce qu'elle découvre les dessins de celui qui deviendra son mari après le tournage, et la teneur d'un rôle inspiré par la Black Queen Selene des X-Men : "Len avait fait des dessins fantastiques représentant Selene affrontant des Lycans. C'était frais, original et c'est ce qui m'a donné envie de lire le scénario".

 

Underworld

  

LE BOX-OFFICE

Succès. 22 millions de budget pour plus de 50 rapportés aux Etats-Unis, et une quarantaine dans le monde. Avant même que le film sorte, le studio, enthousiasmé par l'engouement, met en chantier une suite. 

 

 

LE MEILLEUR

A défaut d'être véritablement novateur, Underworld démontre une volonté claire de construire une mythologie. Mythologie assez amusante, notamment avec ces "awakenings" programmés des vampires, qui possèdent une société de sang synthétique pour se nourrir et financer leur train de vie luxueux. 

Plus préoccupé par la forme que le fond, Underworld a les défauts du premier film. Il en a aussi les qualités : une mise en scène léchée et une direction artistique soignée à l'extrême. Une éternelle nuit pluvieuse, une photo désaturée, avec des décors qui suitent et des lumières frétillantes dans une ville gothique anonyme. Un premier essai prometteur pour Len Wiseman, qui emballe un spectacle solide et efficace, dominé par un premier degré bienvenu.

Enfin, Kate Beckinsale. A l'époque, cette Anglaise révélée chez Kenneth Branagh et James Ivory, entrée dans l'arène hollywoodienne avec Michael Bay, n'a a priori rien d'une héroïne de film d'action. D'où le brillante idée de casting puisqu'elle est parfaite en guerrière à la peau blanche et au cuir noir. Et au-delà du plaisir primaire procuré par le film, Selene est une belle héroïne moderne, qui se fiche des robes de soirées, rend les coups, et affronte le patriarcat de son milieu avec une férocité réjouissante. Un rôle qui façonnera en partie la carrière de l'actrice, avec Van Helsing, Whiteout, Total Recall et trois autres Underworld (la quatrième, Blood Wars, sortira cet automne). 

 

Underworld

 

LE PIRE

Le style règne en maître dans Underworld, ou du moins une certaine idée du style. D'où une avalanche de ralentis pour souligner les belles gueules maquillées, les costumes huilés et les mouvements absurdes des héros. Avec notamment quelques moments décalés où du metal survient sans crier gare pour habiller une scène d'action, avant de laisser le film retrouver sa solennité.

En plus d'être très creux, puisque totalement sous influence, le scénario semble incapable de se raconter autrement qu'en voix off et couloirs de dialogues forcés. Sans compter que l'histoire d'amour au coeur du film reste l'une des choses les plus excitantes du film - peut-être parce que l'alchimie entre Kate Beckinsale et Scott Speedman est inexistante, ou parce que le film lui-même semble n'y accorder qu'une importance toute relative (un regard, trois baisers et puis s'en va).

Et si Len Wiseman démontre un savoir-faire indéniable en matière de spectacle carré et soigné, l'inconsistance du scénario et la lourdeur des références (Le Cinquième Element, Aliens, et surtout un décor entier de Matrix, sorti 4 ans plus tôt) témoignent d'un manque cruel d'idées et d'imagination. 

 

 

SCENE CULTE

 


 

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commentaires

Willi22
04/12/2017 à 03:30

C'est quoi cette critique pourri, il n'y a pas meilleur film en matière de vampire loup garou, à part peut etre Van helsing qui est une tuerie.Underworld c'est un chef d'oeuvre

graysam93
13/06/2016 à 20:03

Un film qui a initié l'une des plus mauvaises saga de films de vampires et de loup garou qu'il m'ait été donné de voir. Que ce soit les images bleuté horribles, les acteurs inexistant et transparent hormis Bill Nighty qui commence à cabotiner, ou les scènes d'actions pillés sur celle de matrix ou de blade aux choix, rien n'est à sauver. Le film en dehors de ses scènes d'actions tape à l'oeil, est d'un ennui mortel dont on attend la fin au plus vite.

Dans le genre je préfère largement Vampire de Cartpenter ou même Blade de Norrington à ce navet qui aurait du respect aux premier.

gordo
26/05/2016 à 17:23

Comme elle est belle Kate Beckinsale comme cela les vampires deviennent sympa!

tavu
07/05/2016 à 10:20

"En 2003, Len Wiseman n'est personne."
Ça tombe bien, en 2016, il n'est personne non plus...

thony
05/05/2016 à 21:15

évidemment que la saga déchire mé le 4 c'est pas avec Kate

yannski
05/05/2016 à 20:06

C'est vrai que le film a quelques petits défauts mais bon... Kate Beckinsale en cuir latex parle à mon instinct primaire !

LoupBlanc
05/05/2016 à 19:11

Rappelons que l'univers du film pompe allègrement celui des jeux de role Vampire et Werewolf publiés par White Wolf, qui n'ont pas manqué d'intenter un procès pour violation de droit d'auteurs. Affaire qui s'est conclue par un arrangement confidentiel entre les deux parties (bref, la prod a casqué)

moi
05/05/2016 à 10:32

J'ai adoré ce film, et Kate est vraiment une bombe.
Comme dit par mon vdd, Underworld est bien au-dessus de beaucoup de film du genre et se laisse regarder comme un bon petit film vampire/action.

west666
05/05/2016 à 08:10

Underworld c'est de la balle en la matière , quand je vois d'autres films du meme genre Underworld les bouffes sans problèmes....^^

dreamon86
05/05/2016 à 03:04

Le meilleurs des 4 assurément.

PS la 1ere photos avec selene et mickael c'est le deuxieme evolution.

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