La sélection des locations DVD de décembre

Laurent Pécha | 13 décembre 2005
Laurent Pécha | 13 décembre 2005

Parce qu'il existe un certain écart en DVD entre les sorties locatives (sortant souvent bien avant) et les sorties ventes sur bon nombre de titres, cette rubrique est là pour venir en aide à ceux qui cherchent avant tout à se louer un petit DVD pour passer une bonne soirée. Une fois par mois donc, nous dressons la liste des principales sorties locatives disponibles (le plus souvent) dans les vidéos club près de chez vous accompagnée pour chacune d'un court avis critique histoire de vous aider dans votre choix. Bonne lecture et surtout bonne location !


 

1er DÉCEMBRE 2005

 

Sin City de Robert Rodriguez et Frank Miller (USA, 2005, 123min, Action)
Avec Bruce Willis, Mickey Rourke, Jessica Alba, Benicio Del Toro

Résumé : Sin City est une ville infestée de criminels, de flics ripoux et de femmes fatales… Hartigan s'est juré de protéger Nancy, une strip-teaseuse qui l'a fait craquer. Marv, un marginal brutal mais philosophe, part en mission pour venger la mort de son unique véritable amour, Goldie. Dwight est l'amant secret de Shellie. Il passe ses nuits à protéger Gail et les filles des bas quartiers de Jackie Boy, un flic pourri, violent et incontrôlable. Certains ont soif de vengeance, d'autres recherchent leur salut. Bienvenue à Sin City, la ville du vice et du péché.

Avis : Adaptation du comic book d'un des plus grands auteurs/dessinateurs de sa génération, Sin City livre une transposition graphique à tomber par terre, entre un noir et blanc classieux et un casting habité par ses personnages. Rodriguez réussit ici le plus ardu : donner vie à de purs fantasmes de cinéma avec ces hommes victimes et bourreaux, et ces femmes téméraires et fragiles. La compréhension qu'il donne de l'univers de Miller alliée à l'efficacité redoutable de sa mise en scène offrent à Sin City une richesse narrative et une force visuelle des plus réjouissantes. (8/10)

Papa de Maurice Barthélémy (France, 2005, 80min, comédie dramatique)
Avec Alain Chabat, Martin Combes, Yaël Abecassis

Résumé : Louis a un drôle de Papa : toujours souriant, blagueur, rieur. Pourtant, Louis n'a pas très envie de rire. Sur la route qui les ramène chez eux, le père et son fils vont se retrouver. Au bout de leur voyage, il y aura la lumière. La vie.

Avis : Introspection d'enfant, conte d'adulte, Papa fait preuve d'une fausse maturité : celle des enfants qui se prennent pour des adultes et inversement. Le réalisateur donne corps à ses démons de futur père, l'humour d'une douceur infinie devenant le meilleur rempart contre la mort. Au gré de ce road-movie, on découvre un Alain Chabat émouvant en clown triste. Sans un mot de travers, ni un plan de trop, la vérité va lentement se dessiner pour éclairer cette oeuvre aussi charmante que bouleversante. (8/10)

 

6 DÉCEMBRE 2005

 

Crazy Kung-fu de Stephen Chow (Chine, 2005, 100min, Kung-fu)
Avec Stephen Chow, Tsang Kan Cheong, Lola Huo

Résumé : Aspirant faire parti du célèbre Gang de l'Axe, Sing (Stephen Chow) tente d'extorquer de l'argent dans le seul quartier de la ville qui ne soit pas encore sous leur emprise histoire de prouver sa valeur. Mais sa tentative ne fait qu'attirer la curiosité du gang sur ce petit coin tranquille où les habitants vont devoir lutter pour préserver leurs biens…

Avis :Stephen Chow reprend tous les ingrédients de son précédent succès (Shaolin Soccer) et le transpose dans l'univers des gangs. La narration, les personnages et les situations sont en fait un prétexte à la surenchère visuelle et à un melting pot cinématographique surprenant. Usant de références extrêmement variées (cartoons, heroic-fantasy, Matrix…) le film a malgré tout un goût de déjà-vu. Les scènes, hilarantes ou fulgurantes, ne sont en effet pas aussi mémorables que celles découvertes par le grand public dans Shaolin Soccer. (7/10)

Frères de sang de Kang Je-Gyu (Corée du Sud, 2004, 147min, Guerre)
Avec Jang Dong-gun, Won Bin

Résumé : Séoul, Corée du Sud, au début des années 50. Jin-tae est un cireur de chaussures qui consacre ses modestes ressources à l'éducation de son frère cadet, Jin-suk, et espère envoyer prochainement celui-ci à l'Université. Leur mère, veuve et handicapée, tient une échoppe avec l'aide de la fiancée de Jin-tae, Young-shin, qu'elle a recueillie quelques années plus tôt. Tous les espoirs de cette famille s'effondrent brutalement le 25 juin 1950, lorsque la guerre éclate. Jin-suk est recruté de force et envoyé sur le front. Jin-tae tente vainement d'intercéder, et subit le même sort. Les deux frères rejoignent cette armée du Sud, mal équipée, mal nourrie, mal organisée, harcelée jour et nuit par un ennemi supérieur en nombre et en force...

Avis : Frères de sang n'est pas sans rappeler Il faut sauver le soldat Ryan, à la différence près que le conflit est ici purement coréen. De fait, malgré des images d'affrontements puissantes, on se sent moins touché que devant un film sur la seconde guerre mondiale. Une fois plongé au cœur du sujet, l'histoire tourne en rond jusqu'à une fin au paroxysme exacerbé. Mais malgré ces quelques reproches, Frères de sang n'en demeure pas moins une pierre de plus à apposer au sommet de l'édifice des films sur l'horreur de la guerre. (7/10)

 

7 DÉCEMBRE 2005

 

Sahara de Breck Eisner (USA, 2005, 124min, Action)
Avec Matthew McConaughey, Penélope Cruz, Steve Zahn, Lambert Wilson

Résumé : Le grand explorateur Dirk Pitt (Matthew McConaughey) est à la recherche d'un fabuleux trésor qui serait enfoui quelque part en Afrique de l'ouest, au cœur du « vaisseau de la Mort ». En arrivant au Sahara, il vient en aide à une certaine Eva Rojas, médecin d'une organisation humanitaire qui cherche à enrailler une mystérieuse épidémie qui décime tout sur son passage. Ils réalisent bientôt que l'épidémie et le « vaisseau » en question pourraient bien être liés…

Avis : Largement inspiré de la saga Indiana Jones, Sahara est pourtant loin d'en avoir la classe. La mise en scène confuse et paresseuse peine à rendre passionnant un récit simpliste qui se résume à une succession de péripéties mêlant action et humour. Seule l'alchimie qui lie le trio d'acteurs (Matthew McConaughey, Penélope Cruz et Steve Zahn) parvient à insuffler une dynamique à ce film au cours des scènes comiques qui parsèment le film et donne à Sahara ses galons de divertissement estival regardable mais pas forcément recommandable. (5/10)

Travaux on sait quand ça commence... de Brigitte Rouan (France, 2003, 95min, Comédie)
Avec Carole Bouquet, Jean-Pierre Castaldi, Aldo Maccione

Résumé : Chantal Letellier est avocate et gagne toujours. Mais dans sa vie privée c'est une chèvre. Divorcée et flanquée de deux ados « très bien mal élevés », c'est le désert côté amour. Comme il faut bien que le corps exulte, elle cède aux avances d'un client. Sauf que l'homme tombe éperdument amoureux et s'incruste. Pour s'en débarrasser elle entreprend des travaux pour rendre sa maison impraticable...

Avis : Chantal est dépassée par une vie un brin complexe à laquelle viennent se greffer les soucis d'un chantier. Avec ce personnage proche d'une Bridget Jones « vingt ans après », Carole Bouquet surprend en révélant un talent comique jusqu'ici inexploité, et mis en valeur par des personnages secondaires tout aussi surprenants, tels Jean Pierre Castaldi, Aldo Maccione ou Bernard Menez. À cette comédie réussie, Brigitte Rouan ajoute un message de tolérance certes convenu, mais loin d'être désagréable. (7/10)

 

8 DÉCEMBRE 2005

 

Bay-Sittor de Adam Shankman (USA, 2005, 91min, Comédie)
Avec Vin Diesel, Lauren Graham, Faith Ford

Résumé : Membre des Navy SEAL, Shane Wolfe (Vin Diesel) se voit confier pour mission la protection d'une famille de cinq enfants dont le père scientifique, qui travaillait sur des projets gouvernementaux ultraconfidentiels, vient d'être assassiné. Shane va vite s'apercevoir que le plus difficile ne sera par forcément de la protéger mais de survivre au sein de cette famille….

Avis : Voir cette boule de muscles qu'est Vin Diesel personnifiant ici de plus l'as des navy seal, tenter vainement (dans un premier temps bien évidemment) de s'adapter à un monde qui le dépasse totalement, possède son charme. D'autant que l'acteur se montre, de manière assez surprenante, très convaincant dans son interprétation. Bien sûr, l'heure n'est pas à la franche rigolade mais l'on peut reconnaître à ce Baby-sittor le mérite d'être ce divertissement éminemment familial et respectueux d'un cahier des charges certes convenu mais pas désagréable. (5/10)

L'Interprète de Sidney Pollack (USA, 2005, 120min, Thriller)
Avec Nicole Kidman, Sean Penn, Catherine Keener

Résumé : Interprète à l'ONU, Silvia Broome surprend par hasard une conversation révélant un complot visant à assassiner un chef d'État africain. Traquée par des tueurs, elle est placée sous la protection de l'agent fédéral Tobin Keller. Mais plus Keller découvre le passé de la jeune femme, plus il la croit elle-même impliquée dans la conspiration...

Avis : Ancré dans une actualité crédible et douloureuse, le film est une approche géopolitiquement plausible, dont les fondements reposent sur une intrigue humainement dramatique. Les deux personnages (l'agent du FBI et l'interprète) ont chacun vécu des drames familiaux qui vont les rapprocher, sans sombrer dans le roman à l'eau de rose. Nicole Kidman et Sean Penn endossent leur rôle avec une conviction déconcertante. Malgré quelques longueurs et un paroxysme prématuré, L'interprète permet à Sidney Pollack de renouer avec le lustre de ses grands films des années 70 (Les Trois jours du Condor). (7/10)

Les Experts : Jusqu'au dernier souffle de Quentin Tarantino (USA, 2000, 80min, Série TV)
Avec William L. Petersen, Marg Helgenberger, Gary Dourdan

Résumé : Les experts suit le quotidien exceptionnel de la brigade scientifique de Las Vegas. En moins de deux saisons, ceux que l'on appelle "les Sherlock Holmes du nouveau millénaire" ont pris position au sommet des audiences. À coups de recherches d'indices, de déductions savantes, de références scientifiques et d'effets spéciaux coups de poing, la série intrigue et passionne.

Avis : Le premier constat que l'on peut faire sur ce double épisode réside tout d'abord dans son aspect purement « tarantinesque », donc ultra référentiel. Oeuvre protéiforme par excellence, jusqu'au dernier souffle dépasse ce que son postulat de départ assez basique laissait entendre, et gagne le pari de renouveler une série qui présentait des signes d'essoufflements malgré une excellente cinquième saison que ce double épisode clôt avec brio. Plus qu'un coup de pub c'est une véritable réappropriation de la série par un fan. (8/10)

Lemming de Dominik Moll (France, 2005, 129min, Drame)
Avec Laurent Lucas, Charlotte Gainsbourg, Charlotte Rampling, André Dussollier

Résumé : Alain Getty, jeune et brillant ingénieur en domotique, et sa femme Bénédicte récemment installés reçoivent à dîner le patron d' Alain, Richard Pollock et son épouse. Cette rencontre ne sera pas sans conséquences sur l'harmonie du jeune couple. La découverte du cadavre d' un mystérieux rongeur dans l'évacuation bouchée de leur évier n'arrange pas les choses et annonce l'irruption de l' irrationnel dans ce qui était jusqu' alors une vie bien rangée.

Avis : Avec Lemming, Dominik Moll nous renvoie au fantôme de Lynch et notamment Lost Highway par son personnage confronté à la paranoïa, la schizophrénie qui emmène se perdre le spectateur dans un cauchemar troublant. Nous sommes ici ni dans le fantastique, ni dans le thriller, mais dans le bizarre clinique mais jamais malsain. Et ce qui fait la force du jeune cinéma de Moll, c'est sa capacité à faire grandir une angoisse tout au long du film sans que jamais celle-ci n'explose. (7/10)

 

13 DÉCEMBRE 2005

 

En bonne compagnie de Paul Weitz (USA, 2004, 109min, Comédie)
Avec Dennis Quaid, Topher Grace, Scarlett Johansson

Résumé : Directeur de ventes publicitaires, Dan se retrouve avec un nouveau patron, Carter Duryea, qui a la moitié de son âge. Entre les deux hommes, le courant ne passe pas. Dan n'accepte pas qu'un novice puisse lui expliquer quoi faire dans une équipe qu'il mène depuis des années, et Carter se méfie des dinosaures. Les deux hommes doivent pourtant collaborer étroitement et sont obligés de se fréquenter.

Avis : À travers deux clichés opposés, Paul Weitz (American Pie, Pour un garçon) signe une comédie douce-amère, balayant une par une les valeurs de ses personnages. Le tout pour prouver que leurs décisions personnelles et professionnelles sont étroitement liées. Loin d'être une réflexion ennuyeuse, En bonne compagnie impose surtout un récit à l'humour léger, où les personnages alternent situations sérieuses et cocasses avec naturel. On ressort avec le sentiment d'avoir passé un très agréable moment, à la fois drôle et intelligent. (8/10)

 

15 DÉCEMBRE 2005

 

Les Poupées russes de Cédric Klapisch (France, 2005, 125min, Comédie)
Avec Romain Duris, Audrey Tautou, Cécile de France, Kelly Reilly

Résumé : À trente ans, Xavier a réalisé son rêve d'enfance : devenir écrivain. Mais il semble quand même un peu perdu. Il a quelques problèmes avec sa banquière et enchaîne les aventures amoureuses sans parvenir à se fixer avec une fille. Il est contraint de continuer son travail à Londres, puis à Saint-Pétersbourg. Ces nouveaux voyages lui permettront peut-être de réconcilier le travail, l'amour et l'écriture.

Avis : Les poupées russes est une suite, certes, mais Klapisch est assez malin pour ne pas refaire le même film mais devenir le témoin privilégié de son personnage fétiche et central en pleine crise d'« adulescence ». Entouré d'un merveilleux casting féminin (Kelly Reilly, Audrey Tautou, Cécile de France..., poupées mais pas potiches !), Romain Duris irradie dans cette comédie romantique et mélancolique qui apparaît tout simplement comme l'un des meilleurs films français de l'année. (8/10)

 

22 DÉCEMBRE 2005

 

Madagascar de Eric Darnell et Tom McGrath (USA, 2005, 80min, Animation)

Résumé : Un lion, un zèbre, une girafe, un hippopotame et une poignée de pingouins psychotiques fuient leur zoo new-yorkais pour secourir l'un des leurs et se retrouvent alors sur l'île de Madagascar…

Avis : Bien que loin d'être aussi réussi que Shrek, la nouvelle création des studios Dreamworks possède toutes les qualités du succès. On regrette cependant que l'on revienne toujours à la même recette : accumuler des situations drôles et frénétiques pour n'en faire qu'un divertissement au premier degré. Les doubleurs ont d'ailleurs pu se lâcher côté dialogues et les animateurs enchaînent les références cinématographiques. Il est toutefois temps pour le studio de se renouveler et de passer à la vitesse supérieure. (7/10)

Pour ceux qui auraient pris du retard dans les locations, vous n'avez qu'à cliquer sur l'image ci-dessous qui vous fera découvrir notre sélection des mois d'octobre et de novembre.

 

 

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