Pixar : les 10 meilleurs courts-métrages pour rire, pleurer et aimer Disney

La Rédaction | 23 juin 2022 - MAJ : 30/06/2022 14:42
La Rédaction | 23 juin 2022 - MAJ : 30/06/2022 14:42

Pixar, ce n'est pas seulement des longs-métrages mythiques. C'est aussi une certaine idée du court-métrage. Voilà notre top 10.

Que vous les ayez découverts en salles ou en bonus de DVD (voire en VHS), les courts-métrages de Pixar ont accompagné bon nombre de spectateurs depuis les premiers pas de la société. Au-delà d'être souvent de magnifiques tests technologiques et esthétiques, ces préambules ont permis au studio d'animation de perfectionner en une poignée de minutes une efficacité narrative aussi touchante qu'imparable.

Tout en investissant des idées souvent délirantes, Pixar est parvenu à synthétiser, à la façon d'une formule magique parfaite, une universalité de propos d'une puissance insoupçonnée. Qu'il s'agisse de rire ou de pleurer, impossible de rester de marbre face à ces nombreux bijoux, qui ont notamment fait émerger des auteurs importants dans l'enceinte du studio. La rédaction d'Ecran Large a donc décidé de répondre à une question épineuse : quels sont les dix meilleurs courts-métrages de Pixar ? La guerre qui s'en est suivie a mené à ce résultat.

 

Pixar : photoKnick Knack, pas content d'avoir été retenu aux portes de ce classement (mais on l'aime quand même)

 

10. La Luna

 

Pixar : photoJe ne pleure pas, j'ai juste une poussière d'étoile dans l'oeil

 

Ça raconte quoi ? Trois hommes, un père, un grand-père et un jeune garçon se retrouvent sur une barque au beau milieu de la nuit, avant de s'amarrer sur la Lune.

Pourquoi c'est le plus poétique ? Avant de réaliser l'adorable Luca, Enrico Casarosa a expérimenté les designs et l'esthétique de son long-métrage sur le très beau La Luna. D'une certaine façon, on y trouve tout ce qui fait le génie des meilleurs courts de Pixar : un concept original et enchanteur, une narration qui exploite au maximum le potentiel de l'animation, et une émotion qui emporte tout sur son passage.

 

Pixar : photoUn film qu'il est chatoyant

 

Bien sûr, on pourrait s'attarder sur le vertige sensoriel que procure le film, dont le travail sur les couleurs et les lumières évoquent Van Gogh et sa fameuse Nuit étoilée. Mais au-delà de la douceur de cette proposition en apesanteur, il y a surtout un magnifique récit de transmission, où un jeune enfant apprend les coutumes et les traditions qui forgent sa famille depuis plusieurs générations. Comprendre des gestes, ou le poids de certains objets (magnifique idée de design de lier les barbes de ses protagonistes au type de balais qu'ils utilisent), voilà sur quoi s'attarde La Luna avec tendresse.

Casarosa construit un conte aussi doux que les angles arrondis qui constituent ses personnages. La Luna n'est pas seulement un joyau technique. Il est un objet d'une innocence salvatrice, dédiée à la part de merveilleux qui fait vibrer notre quotidien. Qu'y a-t-il de plus beau que de balayer les étoiles en famille ?

9. Baby-Sitting Jack-Jack 

 

Pixar : Photo PixarLe calme avant la tempête

 

Ça raconte quoi ? Alors que le reste de la famille Indestructible est en mission, Jack-Jack reste à la maison avec Kari, une baby-sitter dépassée par les événements.

Pourquoi c'est cool ? Si beaucoup de courts-métrages Pixar sont des oeuvres indépendantes, d’autres sont évidemment reliés aux longs-métrages et peuvent être considérés comme des (courts) spin-off. Quand, en 2005, sort Baby-Sitting Jack-Jack, ou Jack-Jack Attack en version originale, il n'est que le deuxième court directement dérivé d'un long-métrage. C'est en effet La Nouvelle Voiture de Bob, adapté de Monstres et Cie, qui avait ouvert le bal en 2002.

C'est Brad Bird, le réalisateur des Indestructibles, et plus tard de sa suite, qui s'est chargé de créer ce projet qu'on pourrait considérer comme une scène coupée. Car oui,  Baby-Sitting Jack-Jack n'est ni un prequel ni une suite, mais se déroule durant le premier film, alors que M. Indestructible, Elastigirl, Flèche et Violette sont en pleine mission. Si l'on apprend rapidement dans Les Indestructibles que le bébé est resté à la maison et qu'il est gardé par une baby-sitter un peu allumée, le court-métrage révèle ce qui s'est réellement passé pendant que la famille essayait de sauver le monde.

 

Pixar : Photo PixarChaud devant !

 

Le court-métrage s'ouvre sur une séquence d'interrogatoire durant laquelle Kari, la jeune baby-sitter raconte à l'agent du gouvernement Rick Dicker cette fameuse nuit qui s'est conclue avec le kidnapping de Jack-Jack par le capricieux Syndrome. Décidée à faire passer un bon moment au bébé, Kari lui fait écouter un peu de Mozart pour le stimuler. Mais à cette écoute, tout bascule : le bébé commence à léviter, se téléporter et même traverser les murs. La musique classique s'emballe quand le mignon chérubin se transforme en boule de feu.

De péripétie en péripétie, Baby-Sitting Jack-Jack se transforme en une course-poursuite effrénée dans un espace exigu. En plus de son ressort comique, ce huis clos permet de découvrir que le bambin n'est pas seulement capable de se transformer en diablotin. Visuellement très proche des Indestructibles, le court-métrage permet à Bird de sublimer son tempo burlesque à grands coups de super-pouvoirs déments. Le film ne brille pas par son originalité technique, mais bien par son concept de fausse scène coupée servant d'amuse-bouche avant Les Indestructibles 2, qui sortira tout de même treize ans plus tard.

8. Luxo Jr.

 

Pixar : photoUn film qui a la lumière à tous les étages

 

Ça raconte quoi ? Maman ou Papa Lampe et Bébé Lampe s'amusent avec un ballon. Voilà, c'est tout, et c'est génial !

Pourquoi c'est un film pionnier ? Si l'on met de côté Les Aventures d'André et Wally B. (réalisé par Pixar quand la boîte était encore une succursale de Lucasfilm), Luxo Jr. est techniquement le premier court-métrage du studio, pensé pour servir de vitrine technologique. Afin de montrer au reste de l'industrie les capacités du logiciel RenderMan, John Lasseter et ses équipes ont choisi de raconter la plus simple des histoires, au travers de deux lampes de bureau.

Pour être plus précis, Luxo Jr. est né des contraintes d'une technologie encore balbutiante, tout en devant transcender son potentiel. Le choix de ces deux protagonistes peu communs s'explique parce que Pixar avait le devoir de mettre en valeur son talent dans la recomposition des ombres et des lumières, tout en jouant avec des corps dont les mouvements pouvaient facilement être animés.

 

Pixar : photoCelui qui n'a jamais partagé la peine de Luxo Jr. n'a pas de coeur

 

Dès lors, on pourrait réduire Luxo Jr. à un coup d'essai de petit malin, qui coche habilement ses cases. Pourtant, ce serait omettre l'intelligence de Lasseter, qui retrouve avec ce simple plan fixe une pureté cinématographique grisante. Les entrées et sorties de champ de la petite lampe assurent un tempo comique ravageur et enchanteur, digne du burlesque des premiers temps.

En ramenant la technologie la plus avancée à la base grammaticale du septième art, Pixar définit de la plus belle des manières le pouvoir animiste de ses créations, constitutif du premier Toy Story. Sans visage ni parole, le duo de lampes parvient néanmoins à conférer des émotions claires par son seul langage corporel. Logique que le studio ait décidé par la suite de faire de ce court-métrage sa mascotte, tant il demeure un bijou d'épure, et un miracle de cinéma dont on ne se lasse jamais

7. Chatbull

 

Pixar : photoUn simple bouchon pour créer le lien

 

Ça raconte quoi ? Comment un chaton livré à lui-même se lie d'amitié avec un pitbull maltraité par son maître. Sortez les mouchoirs.

Pourquoi c'est le plus singulier ? En 2019, Pixar a lancé SparkShorts, une série de courts-métrages d'animation destinée à mettre en lumière les employés du studio à la lampe. Une bonne façon de dénicher de nouveaux talents, tout en leur garantissant une liberté quasi totale sur les techniques utilisées ou les thématiques abordées. La série comporte ainsi des oeuvres plus engagées et politiques, qui abordent frontalement le sexisme, l'autisme, l'homosexualité, la difficulté du coming-out ou encore la maltraitance animale, comme c'est le cas avec Chatbull.

Ce troisième court-métrage des SparkShorts a été écrit et réalisé par Rosana Sullivan, qui avait notamment travaillé sur les story-boards de Monstres Academy et Les Indestructibles 2 auparavant. Pour sa première réalisation, l'artiste a choisi de s'éloigner de l'ADN de Pixar et notamment de la 3D pour revenir au traitement plus artisanal de l'animation 2D, pour un visuel moins lisse et uniforme. Le film présente ainsi des influences impressionnistes avec ses arrière-plans pastel peints à la main, tandis que le pôtit chat semble inspiré du Voyage de Chihiro avec son design abstrait à mi-chemin entre une noiraude et la souris potelée.

 

Pixar : photoPixar, cet extracteur de larmes

 

L'animation du chaton est quant à elle d'un dynamisme cartoonesque et d'un mimétisme hilarant : ses postures défensives, la dilatation de ses pupilles, son poil hérissé ou encore ses mouvements bizarres et incompréhensibles dont seuls les félins ont le secret. La réalisatrice a d'ailleurs puisé son inspiration du côté des millions de vidéos de chats qui pullulent sur Internet. Mais avant d'être une pépite comique, le film est surtout un shot d'émotions duquel on ressort généralement avec la larme à l’oeil ou les joues carrément inondées. Encore plus avec l'accompagnement musical d'Andrew Jimenez, dont l'air minimaliste et les notes douces et apaisantes rappellent par moments ceux d'une berceuse ou d'une boîte à musique.

Entre le beau message sur l'adoption, l'amitié, les fausses apparences, la nécessité de s'ouvrir aux autres et de sortir de sa zone de confort, tous les bons sentiments attendus sont là, mais avec suffisamment de sensibilité et d'esthétisme pour magnifier ces propos plutôt convenus dans le cinéma d'animation. Rien d'étonnant donc à ce qu'il ait été nommé aux Oscars 2020 dans la catégorie du meilleur court-métrage d’animation.

6. Bao

 

Pixar : photoSi mignon qu'on a envie de le croquer

 

Ça raconte quoi ? Une femme sino-américaine redevient mère lorsqu'un de ses raviolis vapeur prend vie. Attention au torrent de larmes.

Pourquoi c'est un chef-d'oeuvre d'émotion ? À quelques exceptions près, les courts-métrages Pixar touchent à une forme d'universalité par leur absence de dialogues. On peut même y voir une sorte de terrain d'expérimentation, capable d'utiliser le pouvoir d'évocation des images, du montage et de la musique pour raconter des tranches de vie, comme sur le montage inaugural de Là-Haut.

En soi, il est possible de percevoir Bao en tant que dérivé brillant de l'introduction de Pete Docter. Mais le film de Domee Shi (future réalisatrice du génial Alerte Rouge) possède ses propres spécificités, qui en font un ouragan d'émotions dévastateur. Le spectateur ne fait pas que vivre en accéléré la maternité improbable de cette femme avec ce ravioli (dont il convient de souligner le design aussi mignon qu'imparable). Dès les premiers plans, et leur fixité à la Ozu embrassant la solitude de son héroïne, Bao évoque un manque, une absence que son retournement de situation met en lumière comme un coup de poing en plein ventre.

 

Pixar : photoUn film qui donne la dalle

 

Le film est en réalité une fausse chronique, et prend la forme déguisée d'un poème doux-amer sur le poids des souvenirs et des regrets. Domee Shi y trouve l'occasion de développer les thématiques qui seront au coeur de son long-métrage : l'impact d'une famille et d'une culture sur l'identité d'un enfant. La réalisatrice profite d'ailleurs des prouesses techniques de Pixar pour livrer une lettre d'amour touchante à ses origines chinoises, reflétées dans le détail des textures d'une cuisine fantasmatique.

En hommage à ses propres parents, la jeune cinéaste dépeint avant tout des gestes d'amour, y compris dans l'excès que cela peut représenter. En à peine sept minutes, Bao parvient à synthétiser la douleur de chaque mère et père : celle de voir son oisillon quitter le nid familial. Tout simplement bouleversant.

5. Mon Terrier

 

Pixar : photoÇa creuse

 

Ça raconte quoi ? Un petit lapin se creuse une nouvelle maison. Il est vite interrompu par des voisins un tantinet envahissants.

Pourquoi c'est un très joli conte ? La session SparkShorts est décidément une belle oasis au milieu du désert aride qu'est Disney+. En son sein, tous les talents et toutes les idées de l'écurie Pixar sont mis à contribution. À l'instar de Chatbull, d'autres films se sont risqués à l'animation en 2D (on imagine qu'elle n'a rien de "traditionnelle"), quand bien même elle est justement connue pour avoir démocratisé l'animation 3D à grande échelle, en grande partie grâce... aux courts-métrages.

 

Pixar : photoMission accomplie

 

Et le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est réussi, notamment parce que Mon Terrier est un récit pensé en deux dimensions. Il nous invite à parcourir la surface de ce lopin de terre habité par divers animaux et du plan de vie de notre pauvre lapin, qui va devoir apprendre le vivre-ensemble. Étant donné la durée de la chose (6 minutes) et le nombre de petites vignettes qu'elle révèle, la fluidité est primordiale. Et ça, la réalisatrice Madeline Sharafian l'a bien compris : ultra rythmé et parfaitement limpide, le film est une leçon de mise en scène.

Quel plaisir de voir ce petit héros traverser autant de petites bulles personnelles, de microcosmes bien rangés ! Et qu'il est agréable de découvrir un univers sans antagoniste, où la seule problématique est les limites (sociales dans ce cas) qu'on s'impose à nous même ! Un principe narratif très malin, présent dans bien des films Pixar, mais qui ici est exposé très simplement, notamment grâce au personnage du blaireau et à ce final lumineux. Enfin il faut souligner QUE LE LAPINOU IL EST TROP MIGNON QUAND IL PEUT CONSTRUIRE SA MAISON AAAH ON FOND.

4. Le Joueur d'échecs

 

Pixar : photoLe vrai jeu de la dame

 

Ça raconte quoi ? Un vieux monsieur que sa famille a oublié de mettre à l'Ehpad joue seul aux échecs. Ça tourne mal.

Pourquoi c'est un bijou de mise en scène ? Avec sa suite d'inserts sur la table où s'installe le protagoniste du Joueur d'échecs, le court-métrage réussit en un temps record à nous imposer un découpage segmenté de l'action, dont on ne peut que constater les zones d'ombres et le hors-champ.

À première vue, on pourrait s'interroger sur le besoin d'utiliser l'animation en CGI pour raconter une histoire aussi banale et naturaliste. Or, c'est justement là que Pixar nous la met à l'envers avec brio. Si Luxo Jr. était une ode à la beauté du plan fixe, Le Joueur d'échecs emploie la modernité de sa technologie pour rendre hommage au pouvoir du montage. Petit à petit, l'assemblage des images donne l'impression que deux personnages différents jouent à la même table, ce que Pixar accentue grâce à son animation qui offre un langage corporel différent à ces entités opposées.

 

Pixar : photoLa meilleure mascotte Audika

 

Avec vigueur et humour, l'exercice de style se transforme en véritable prouesse de cinéma, qui replace au centre de son dispositif la manière dont le découpage d'une scène conditionne le point de vue qu'il nous livre. Car derrière le sketch drôle et léger, Le Joueur d'échecs traite tout de même de la vieillesse et de sa solitude, alors que les outils du cinéma aident ce personnage à s'enfermer dans son imaginaire. Dit comme ça, c'est beaucoup plus dark qu'il n'y paraît, et c'est peut-être ce qui fait tout le sel de ce morceau de bravoure ultra-maîtrisé.

D'ailleurs, il est important de souligner que le court-métrage a encore permis à Pixar de repousser ses limites techniques, ici dans sa représentation d'un visage humain. Quand on pense aux premiers essais du studio (Tin Toy, ou même le premier Toy Story), Le Joueur d'échecs est un sacré pas en avant, qui fuit l'uncanny valley en assurant de façonner un corps réellement cartoonesque, aux traits appuyés et aux expressions faciales marquées. C'est aussi pour cette raison que notre papy en CGI vieillit aussi bien, et qu'on l'a retrouvé plus tard en restaurateur de jouets dans Toy Story 2.

3. Jour Nuit 

 

Pixar : photo"Ce que le jour doit à la nuit"

 

Ça raconte quoi ? Jour rencontre Nuit. Tous les deux sont radicalement différents et une rivalité ne tarde pas à naître entre eux, chacun essayant d'impressionner l'autre par ce qui le caractérise. Mais leurs prouesses vaniteuses vont les rapprocher jusqu'à ce qu'ils nouent une étrange et touchante amitié.

Pourquoi c'est le plus inventif ? Pixar excelle quand il s'agit de donner un traitement plus conceptuel à certains canevas récurrents du cinéma d'animation. Jour Nuit représente un de ces tours de force artistiques du studio et une de leurs plus belles expériences narratives et visuelles. Ce court-métrage de 2010 réalisé par Teddy Newton et présenté en même temps que Toy Story 3 reprend ainsi une thématique phare adressée au jeune public : l'amitié, la différence, la tolérance et la complémentarité, chacun étant pour l'autre une nouvelle fenêtre sur le monde.

 

Pixar : photoQuand notre perception du monde est remise en question 

 

Pour élever son propos, le film mélange les techniques d'animation et va à l'encontre des normes du studio, avec un mélange astucieux de 2D pour dessiner la silhouette des personnages et de 3D pour les remplir, Jour et Nuit évoluant tous deux sur un fond noir. Et comme souvent dans ses courts-métrages, Pixar choisit de ne pas leur donner de dialogue. Le film compte exclusivement sur la gestuelle de ses personnages, leur expressivité faciale et les différents éléments qui traversent leur corps pour les caractériser et dérouler l'histoire.

Il joue intelligemment à détourner les images pour leur prêter un nouveau sens narratif. Une cascade se transforme ainsi en pipi matinal et un ciel orageux en un mal de dos. Le même traitement est réservé aux sons qui trouvent de nouvelles significations : des bruits de canards pour mimer un rire moqueur, le bourdonnement d'un essaim d'abeilles pour signifier le mécontentement ou encore le meuglement d'une vache pour remplacer un bâillement. Là encore, face à autant d'inventivité, le film a amplement mérité sa nomination aux Oscars en 2011. 

2. Lou

 

Pixar : photo"Ostandfnd"

 

Ça raconte quoi ? Dans une cour de récré, une pile d'objets trouvés prend vie. Mais alors qu'elle divertit les marmots avec les jouets qu'elle renferme, elle est confrontée à un voleur.

Pourquoi c'est la générosité Pixar à son meilleur ? Sur le papier, LOU semble schématiser les thèmes et les biais qu'affectionne le studio. Un tas d'objets tout ce qui a de plus trivial prend vie et se lance dans une émouvante leçon de morale, à l'intention d'un gosse turbulent. Un gros classique. Dans les faits, au contraire, le film condense en sept minutes, générique compris, toute son inventivité. Car il n'est pas seulement question de faire la leçon aux petites têtes blondes américaines, mais aussi de déployer tout le potentiel esthétique et thématique de l'animation 3D.

Le court est d'une richesse assez impressionnante. Il se permet rapidement de pasticher les codes de l'épouvante grâce à sa mise en scène et au design atypique du personnage éponyme, avant de céder au slapstick pur et dur. Une séquence à faire pâlir d'envie Buster Keaton et Sam Raimi, puisqu'elle se sert de la composition même de ce héros atypique pour enchainer les gags visuels à un rythme effréné. Dans les meilleurs films Pixar, ce sont les personnages qui modèlent physiquement les enjeux. LOU en est l'un des plus beaux exemples.

 

Pixar : photoThe horror...

 

Forcément, après un tel morceau de bravoure, le final émotionnel ne peut que marcher. Il fallait bien tant de péripéties pour délester cette leçon de partage de sa moraline dégoulinante. S'il démontre quelque chose, c'est bien que la caractérisation est plus une affaire d'inventivité que de durée.

Une réussite qui rappelle forcément les idées de la trilogie Toy Story, racontant elle aussi les difficiles interactions entre les enfants et leurs partenaires de jeu humanisés. Dans les deux cas, si les protagonistes finissent par en apprendre sur eux-mêmes et sur la relation qu'ils entretiennent les uns avec les autres, c'est parce qu'ils s'embarquent dans une aventure qui engage leur nature même... et qui autorise les talentueux animateurs de chez Pixar à pousser l'animation qui a fait la renommée du studio dans ses retranchements. Et d'ailleurs, le réalisateur de LOU officiait en tant qu'animateur sur quelques-uns de ses plus grands films, à savoir Monstres & Cie, Ratatouille, Là-Haut, Vice-versa ou encore Les Indestructibles 2.

1. Drôles d'oiseaux sur une ligne à haute tension

 

Pixar : photoUne situation tendue

 

Ça raconte quoi ? La vie de drôles d'oiseaux sur une ligne à haute tension.

Pourquoi c'est un classique indémodable ? C'est sans conteste le plus célèbre des courts-métrages Pixar (avec Luxo Jr. peut-être). Vous l'avez probablement déjà vu, ou tout du moins vous vous remettez cette brochette de piafs mal-aimables, perchés sur leur fil électrique. Peut-être est-ce parce qu'il fut diffusé juste avant ce qui était à l'époque le plus gros succès du studio, Monstres & Cie ? Peut-être l'avant-première au festival d'Annecy vous avait-elle intrigué ? Peut-être est-ce également parce qu'il a remporté l'Oscar du meilleur court-métrage d'animation (honneur que seuls le Joueur d'échecs, Piper et Bao ont connu) ?

Ou peut-être que son tempo comique redoutable et sa simplicité attachante ont suffisamment imprégné la culture populaire pour faire rentrer les volatiles dans la légende ? Le ressort comique principal est vieux comme le monde et donc vieux comme le cinéma : c'est L'arroseur arrosé, à hauteur d'oiseau. Sauf qu'à l'aune des années 2000, modéliser des animaux pleins de plumes, et qui en plus réagissent au moindre de leurs mouvements, relève du défi technique le plus corsé.

 

Pixar : photoDes oiseaux bien expressifs

 

Un défi relevé haut la main et qui anticipe l'attention aux détails maladive qui caractérise encore Pixar. Monstres & Cie se risquait déjà alors à mettre en scène des bestiaux plein de poils. Un perfectionnisme qui sera encore accentué par la suite, jusqu'aux productions actuelles, qui laissent parfois entrevoir la poussière sur les vêtements des protagonistes.

For the birds (titre témoignant de la dévotion des animateurs envers les bestioles anthropomorphiques) est donc un sacré accomplissement, doublé d'un sketch diablement drôle. Des qualités qui en font un pilier de la galaxie Pixar : il fait une apparition furtive dans d'autres films (Cars, Vice-Versa) et reste aujourd'hui encore l'un des plus beaux coups d'éclats d'une figure importante de Pixar, Ralph Eggleston. Enfin, comme tous les courts de cette liste, il n'est pas seulement une petite friandise à déguster entre deux longs-métrages, mais une oeuvre d'art complexe et un terrain d'expérimentation dont les artistes du monde entier s'inspireront.

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commentaires
Hyb08
30/06/2022 à 17:43

What ? Et Piper ? !! :'(

Paamu100
26/06/2022 à 14:01

Bon c'est pas du pixar je pense mais sur D+ j'ai découvert Lava en cours métrage , ben c'est très sympa aussi.

bof
24/06/2022 à 11:06

Belle idée d'article, bravo! Et qui montre, avec des courts-métrages récents comme Lou (2017), BAO (2018), Chatbull (2019) et Mon terrier (2020), que les talents sont encore nombreux chez Pixar.

Faurefrc
23/06/2022 à 22:03

Oui assez d’accord sur lifted, tellement drôle et juste sur le monde du travail.
En revanche, je trouve qu’il a davantage servi d’ébauche à Monster & Cie que Ratatouille

Pseudo1
23/06/2022 à 17:17

Perso, j'aurais mis Lifted dans le top. Fou rire à chaque fois (on pourrait même le considérer comme un préquel de Ratatouille si on remarque que l'humain ressemble étrangement à Linguini :D )
L'Homme-Orchestre également, pépite !

Fox
23/06/2022 à 15:53

Pixar a su apporter un vent de fraicheur dans le monde de l'animation, mais aussi dans celui du son.
Carte outre la "vitrine technique visuelle" que fut Luxo Jr., ce film a permis de révéler un autre talent du cinéma, souvent méconnu : Gary Rydstrom, l'un des meilleurs sound designer au monde.
Ben Burtt n'étaient pas dispo, alors il a fallu chercher quelqu'un d'autre et on leur a conseillé ce "petit nouveau". Le design sonore des lampes pour les rendre "humaines" (comme Ben Burtt avait su le faire pour R2-D2 d'ailleurs) est absolument génial ! La qualité de son travail a également grandement contribué à la crédibilité de l'univers qui nous était présenté.

La suite, elle parle pour lui : T-2, Jurassic Park, Soldat Ryan, Backdraft, Titanic...
Voilà voilà.

Gregdevil
23/06/2022 à 15:11

Presto est aussi génial.
Sinon sympa la sélection.

Holy Tree 2.0
23/06/2022 à 14:59

la reputation Pixar a été entâchée par certains comportements "inappropriés" de type harcelement sexuel depuis le depart, et çà n' a éclaté qu'avec Weinstein, et il y a des tonnes de Lasseter a Hollywood, dorenavant je blacklist tout ce qui tout tourne autour de Pixar/Disney etc

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