Pearl Harbor : le Titanic de Michael Bay qui a pris l'eau

Antoine Desrues | 12 octobre 2021
Antoine Desrues | 12 octobre 2021

Culte pour les uns, nauséabond pour les autres, Pearl Harbor est un film étrange dans la carrière de Michael Bay. Retour sur un Titanic-like fascinant.

Quand on aime d'amour un cinéaste, il peut être difficile de reconnaître les erreurs de sa filmographie. Et bien que d'aucuns diraient que la carrière de Michael Bay est percluse de films aussi ratés que bourrins, l'auteur de ces lignes dédie désormais son existence à la réhabilitation d'un des auteurs les plus extrêmes et influents du Hollywood contemporain.

Oubliez ses accumulations excessives d'explosions, oubliez sa gestion relative du rythme ou son humour balourd, le maître du blockbuster est bien plus que cela. Pour autant, s'il y a bien un pivot dans la filmographie de l'artiste, c'est sans nul doute Pearl Harbor, projet pharaonique dont l'échec critique (et public, au vu de ses énormes moyens mis en œuvre) a mené le cinéaste à être réduit à un bête pyrotechnicien.

Ce qui est embêtant, c'est qu'en soi, Pearl Harbor est bien l'un des films les moins réussis de Bay, un fourre-tout contradictoire monté pour de mauvaises raisons, mais où le pire côtoie également le meilleur du réalisateur. Difficile d'ailleurs de rejeter en bloc la chose quand on sait à quel point ce long-métrage a mené Michael Bay à une forme d'introspection et de réflexion sur sa mise en scène, qui l'a mené plus tard à certains des sommets de sa carrière. En bref, pourquoi Pearl Harbor est une œuvre fascinante pour ses paradoxes ?

 

photo, Ben AffleckSauve qui peut

 

Michael Bêta

Après des années à traîner aux côtés de David Fincher et d'autres jeunes talents dans l'agence Propaganda (l'une des sociétés de clips et de pubs les plus importantes des années 80 et 90), Michael Bay est repéré par le producteur nabab Jerry Bruckheimer, qui avec son comparse Don Simpson confient au jeune réalisateur le projet Bad Boys. Fort du succès de ce buddy movie revitalisé, Bruckheimer perçoit en Bay un nouveau poulain, dont l’œil aiguisé se montre parfait pour construire des plans iconiques et des effets de style clippesques, comme le producteur en rêve depuis les exploits de Tony Scott (Top Gun, Jours de tonnerre...).

Résultat, Bay connaît une montée en grade rapide, épaulée par les cartons au box-office de Rock et Armageddon, quand bien même sa vision explosive du spectacle accroît une certaine haine de la critique à son égard. Mais au même moment, Jerry Bruckheimer se sent pousser des ailes, en voyant que les réalisateurs de blockbusters commencent à recevoir une reconnaissance nouvelle. En 1997 et 1998, James Cameron et Steven Spielberg se voient adulés et récompensés aux Oscars pour Titanic et Il faut sauver le soldat Ryan. Il n'en faudra pas plus pour que le producteur décide de monter lui-même un projet de la sorte.

 

photoUn tournage titanesque

 

Ainsi, Pearl Harbor peut être vu comme un mix calculé des deux films précités, prenant pour cadre l'ampleur d'un événement historique pour y raconter un drame intime. S'il retrace l'attaque japonaise de 1941 sur la base navale américaine qui donne son titre au film, ce dernier est avant tout concentré sur un triangle amoureux, entre deux pilotes d'avion de chasse (incarnés par Ben Affleck et Josh Hartnett) et une infirmière de l'armée (Kate Beckinsale).

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commentaires
Jl
14/10/2021 à 04:15

Franchement mérite un carton international europe ou le monde mais on l ai pas la vérité ok ciao

cineman yann moix forever
12/10/2021 à 19:39

à l'époque, je l'avais louer en dvd, juste pour les sequences militaires ...
interminable le navet sous steroide, le gars , il embarque la gonzesse dans son avion de chasse en amoureux tranquillous...
il n' y avait pas de tv full hd ,encore moins de 4k, les effets speciaux étaient excellent pour cette époque là, à part quelques plans cgi qui etaient dejà faiilibles
qu'est que çà doit donenr en 4K ( c'est sorti, çà va sortir), le problme de ces cgi de 2000, c'est qu'elles ont ete calculees pour la salle de cinema ou pour le dvd, le film a ete shoot en 35mm je presume, cela peut être rescanne en 4k mais les cgi ont ete calcule en moins de 1k, donc ils sont,cuits, peter jackson, Cameron ou spileberg pour le seigneur des anneaux phase 1, ou terminato r2 ou jurassasik park de 93, ont le même probleme por la ressortie en 4k de ces films là: la resolution des cgi ne match pas le 35mm en 4k et les compositings se voient à fond les ballons!

zetagundam
12/10/2021 à 19:20

On va pas se mentir mais sorti de la partie militaire tout le reste du film est d'une rare niaiserie

Numberz
12/10/2021 à 18:17

Ahhhh. Je cherchais un film détestait par tout le monde que j'aime bien. Le voilà.

Marty
12/10/2021 à 17:34

A 13 ans au cinéma, j'avais bien aimé, surtout quand ca pete .

20 ans après je le trouve irregardable . Le patriotisme est écoeurant ( ca me dérange pas dans majorité d'autres films ) La partie romance est inbuvable et l'attaque bien trop edulcorée être honnête .

Sans parler de la fin completement aux fraises qui essaye de coller une happy ending à un des pire evenement de l'histoire des US .

Un nanar à plusieurs millions de dollars . Bay était clairement pas le cinéaste à qui refiler ce projet . Essayer de rendre l'attaque se Pearl Harbor fun et divertissante est ridicule, en témoigne le fameux plan de la bombe ..

Bref, n'est pas Spielberg qui veut .

Bob
12/10/2021 à 16:43

Le film accumule sans rougir les scènes gênantes, le pire éclipse largement le peu qui mériterait d’être sauvé.

C’était déjà un beau sujet de moquerie à sa sortie.
Avec le temps, il est devenu une référence, l'archétype de la ringardise outrancière !
"Culte", à sa manière...

Bah oui
12/10/2021 à 15:46

C’est mon cas, gros souvenir d’enfance, vu au cinéma et jamais compris la haine autour de ce film.
Il y a mille fois pire, après oui c’est un peu gnangnan mais ça fait le taff

sylvinception
12/10/2021 à 14:08

"Culte pour les uns"... ouais, c'est vrai qu'ils doivent être vachement nombreux dans ce cas.
Hum...

Kyle Reese
12/10/2021 à 13:34

Quand Michael Bay était encore intéressant dans ses recherches stylistiques. Mon intérêt pour lui s'est arrêté après le premier Transformer très sympathique et pas encore trop n'importe nawak (Merci tonton Spielberg à la prod) avec un dernier mais très justifié regain d'intérêt avec No pain No gain. Critique de ce film très juste, et film qui reste assez fascinant en l'état.
Entre patriotisme exacerbé, revanche historique problématique, images glamour façon photos de magazine de papier glacé (rah Kate !) plans iconiques et scènes d'action et de destruction de malade.
Je me souviens avoir eu des frissons partout lors de la découverte de la superbe BA avec la voix de John Voight président Roosevelt. L'une des meilleurs BA du genre.
Depuis j'ai l'impression que ce sont les chinois qui ont pris la relève de ce genre de blockbuster historico-patriotique.

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