Films

Basic : le triste film-testament de John McTiernan

Par Gaël Delachapelle
5 octobre 2021
MAJ : 21 mai 2024
15 commentaires
Affiche officielle

Retour sur Basic, le thriller militaire très oublié du réalisateur de Piège de Cristal et Predator, avec John Travolta et Samuel L. Jackson. Peu de réalisateurs à Hollywood peuvent se targuer d’avoir autant marqué le cinéma d’action américain d’une pierre blanche que John McTiernan, qui aura redéfini les codes et la structure du genre entre la fin des années 1980 et le début des années 2000, avec une filmographie principalement composée de grandes œuvres. Que ce soit Predator, film de science-fiction ayant imposé Arnold Schwarzenegger comme une figure emblématique du cinéma d’action reaganien, ou encore Piège de Cristal et sa mise en scène vertigineuse, avec un Bruce Willis devenu depuis indissociable de son alter ego John McClane (pour le meilleur comme pour le pire), dans la saga Die Hard. Mais en 2003, la carrière de John McTiernan s'est subitement arrêtée, suite à des démêlés judiciaires liés au development hell de son remake de Rollerball. Son dernier fait d'armes en date reste le thriller militaire Basic, mettant en scène John Travolta, Connie Nielsen et Samuel L. Jackson, dans un huis clos sous l'influence de Rashõmon d’Akira Kurosawa. On revient donc sur le dernier film de McTiernan, sur son écriture et sa mise en scène qui témoignent de la maîtrise indéniable d’un cinéaste en pleine possession de ses moyens, afin de comprendre pourquoi Basic est peut-être bien son film-somme.   Quand on débriefe sur un film chez Ecran Large   Basic Instinct Le 11ème et dernier film de John McTiernan s’inscrit donc dans le genre très 90’s qu’est le thriller militaire, dépeignant avec beaucoup de réalisme le milieu très viril et masculin des Rangers de l’armée américaine, incarné par exemple par Tigerland de Joel Schumacher, ou encore À Armes égales de Sir Ridley Scott, avec Demi Moore. La comparaison avec ces deux œuvres est loin d’être anodine, puisque le film de McTiernan partage avec eux le même conseiller technique, à savoir le sergent-chef Charles Fails, le réalisateur ayant cherché à être le plus authentique possible dans son portrait du quotidien des Rangers. Une note d’intention qui contraste de manière assez ironique avec les précédentes œuvres de sa filmographie, notamment Predator et son regard quasi homoérotique sur le corps militaire reaganien, symbolisé par ce bras de fer suintant de sueur entre Schwarzenegger et Carl Weathers, qui en aura rendu hilare plus d’un. Mais ici, dans Basic, il n'est pas vraiment question d’empoignades viriles et amicales entre des gros bras, mais plutôt d'un sergent instructeur vraiment pas cool nommé West (incarné par un Samuel L. Jackson plus motherfucker que jamais), qui malmène chacun des membres de son groupe de Rangers, au point de leur donner à tous un mobile parfait.   Samuel L. Jackson... qui joue Samuel L. Jackson   Après un entraînement qui tourne mal dans une Jungle de Panama en pleine tempête, seuls deux hommes du groupe, dont un blessé, sont retrouvés vivants. Pour interroger les deux rescapés (dont ...

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Free Spirit

Vraiment Un Putain De Film !!! tout simplement MAGNIFIQUE…

JR

Film parfois bancal, mais tellement de plaisir de cinéma, et puis un film d’enquête militaire (sous genre qui manque un peu ces derniers temps).
Bon sang, McT manque cruellement au cinéma.

Flash

Mais qu’on refile une caméra à cet homme.
Il rendrait même passionnant tata Josiane en train de faire cuire des pâtes.

Ray Peterson

Un « quand même » bon film de McT diantre !

Connie Nielsen est superbe, Travolta cabotine à mort (mais en même temps c’est son personnage qui le veut), des mouvements de caméra obliques, des rebondissements (et des invraisemblances aussi), une BO qui oscille entre le Boléro de Ravel et une version de Black Betty vénère et pis la jungle de nouveau sublimée. Même l’insupportable Giovanni Ribisi joue bien son insupportable.
Bon et surtout, surtout cette fin cut de chez cut. Culotté le John!
Si en fait, reviens faire du cinoche Big T!

saiyuk

quand un film a twist a McT comme réal c’est enorme, pas au niveau d’autre de ses oeuvres peut-être, film malade certainement, mais un vrai bon gros plaisir du en parti au scénario, en partie aux acteurs, et surtout a McT.