À la poursuite d'Octobre rouge : Sean Connery et sous-marin dans le film anti-guerre de John McTiernan

Antoine Desrues | 17 août 2021
Antoine Desrues | 17 août 2021

Toujours aussi fort, toujours aussi bon, À la poursuite d'Octobre rouge méritait bien une virée en immersion dans la mise en scène virtuose de John McTiernan.

"Armageddon". En plus d'être le titre d'un long-métrage pétaradant de notre cher Michael Bay, il s'agit d'un mot central dans À la poursuite d'Octobre rouge. Au début du film, le capitaine Marko Ramius (joué par un Sean Connery impérial) trouve dans ses quartiers, au cœur du sous-marin dont il a la responsabilité, le commissaire politique Ivan Poutine (pas de lien de parenté). Ce dernier a entre les mains la Bible de Ramius, et lit à voix haute un passage du Livre de l'Apocalypse en russe. C'est alors qu'un zoom approche de sa bouche jusqu'à obtenir un gros plan au moment où il prononce le fameux mot qui nous intéresse.

Or "Armageddon" se dit de la même manière en russe et en anglais, et ce terme, lourd de sens pour un film prenant place durant la Guerre froide et son escalade de la puissance nucléaire, sert de transition universelle, ou de pivot cinématographique. À partir de là, tous les personnages, même soviétiques, parleront anglais.

 

photo, Sean ConneryChangement de langue dans 3, 2, 1...

 

When September Ends

Ce qui a parfois été réduit à une facilité de mise en scène (on sait que les Américains détestent lire les sous-titres) est en réalité l'un des coups de génie de John McTiernan. Avec l'adaptation du roman Octobre Rouge de Tom Clancy, on pouvait attendre du réalisateur de Piège de cristal et Predator une nouvelle masterclass d'action grandiloquente. Pourtant, quand bien même À la poursuite d'Octobre rouge possède de grands moments spectaculaires, le long-métrage est tout entier dévoué à des protagonistes qui cherchent à éviter le conflit.

Pour rappel, le récit se déroule en 1984, alors que le sous-marin russe Octobre rouge est équipé d'un nouveau système de propulsion silencieux qui le rend indétectable. Conscient de la menace qu'une telle arme représente, le capitaine Ramius décide de livrer le sous-marin aux Américains. Dans une tentative de riposte désespérée, les Soviétiques annoncent à leur opposant que Ramius est pris d'une crise de folie, et compte attaquer le pays. C'est là qu'entre en jeu l'analyste Jack Ryan (personnage célèbre de Tom Clancy, et incarné ici par Alec Baldwin), qui va essayer de persuader les services secrets des bonnes intentions du commandant russe.

 

photo, Alec Baldwin, James Earl JonesJames Earl Jones Dark Vador en agent de la CIA, idée de génie !

 

En bref, le postulat même du film est focalisé sur la question du dialogue, de la compréhension de l'autre dans un système où la peur et le mensonge règnent. C'est pourquoi la caméra de John McTiernan devient un filtre à part entière, un traducteur qui ouvre une certaine fenêtre sur le monde qu'il dépeint. Au-delà de mettre tous ses personnages sur un pied d'égalité par ce partage du langage, le cinéaste saisit tout le paradoxe de représenter un sous-marin et son fonctionnement au travers du septième art.

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ?

Accèder à tous les
contenus en illimité

Sauvez Soutenez une rédaction indépendante
(et sympa)

Profiter d'un confort
de navigation amélioré

Tout savoir sur À la poursuite d'Octobre Rouge

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
Vous aimerez aussi
commentaires
Kyle Reese
19/08/2021 à 00:01

Ses Die Hard.

Kyle Reese
18/08/2021 à 23:58

Peut être objectivement le meilleur film de McTiernan, même si je sur kiffe ce Die Hard.
Un multi classique, à la fois film de guerre froide, d’espionnage, d’amitié et de sous marin.

@freespirit

J’aime bcq aussi USS Alabama le pendant hystérique d’Octobre rouge.

Ray Peterson
17/08/2021 à 21:08

Ca a un peu vieillit quand même. Les fonds bleus, les FX, le contexte. Mon dieu que c'et affreux quand Baldwin discute avec Connery à la fin sur cet "effet nocturne".....

Naaaaaaaaan, c'est classe! Poledouris, De Bont, un cast de malade et Sean Connery qui propose une chaise à Sam Neil pour parler de la vie. Et Scott Glenn éternel 2nd rôle qui pête la cool attitude face à un Baldwin quelque peu mollasson.

Birdy'n red
17/08/2021 à 19:09

Film parfait. Et Sean Connery... Quel charisme. Je pourrais me le revoir la direct et surkiffer chaque scène alors que je le connais par cœur.

alulu
17/08/2021 à 18:40

Comme tout le monde, un classique. McTiernan au chomdu...je ne comprends pas. Il me semble que pour la fameuse scène de la transition orale, il ne revendique pas la paternité. Il aurait prit cette astuce sur un film. Sur le 13eme Guerrier, il y a aussi une transition orale mais liée à la temporalité et qui arrive plus par surprise. Ça reste de loin le meilleur Jack Ryan et l'un des meilleurs films "sous-marins".

Free Spirit
17/08/2021 à 17:03

Quel Film Fantastique...( je vous Conseille dans Le même genre ;USS ALABAMA...)

mashupbaby
17/08/2021 à 14:15

Un clasique américain du xxème siècle. La meilleure incarnation à l'écran de Jack Ryan.

Numberz
17/08/2021 à 13:25

C'est le coup du Fossoyeur qui vous a donné envie de parler du film de genre ultime?

Ptain ce film. Je l'ai eu sous toutes les peloches, jusqu'au 4k récemment. Un chef d'oeuvre.

Eddie Felson
17/08/2021 à 13:13

Un grand film, un grand Mc Tiernam voir même le meilleur. Un classique qui n’a pas pris autant de rides que ses interprètes. Intemporel.

Old Miglou
17/08/2021 à 13:08

Un chef d’œuvre de la fin de l’époque où les US n’étaient pas encore sûrs d’avoir le dessus technologique sur l’URSS cf sous marins lanceurs d’engins classe Typhoon (l’octobre rouge) et le tupolev Backfire !

votre commentaire