Braindead : le sommet absolu du gore signé Peter Jackson

Mathieu Jaborska | 24 janvier 2021
Mathieu Jaborska | 24 janvier 2021

Le grand public connait Peter Jackson pour sa longue incursion en Terre du milieu. Les cinéphiles moins respectables savent qu'avant d'adapter Le Seigneur des anneaux ou Le Hobbit, le cinéaste avait dirigé une trilogie vite devenue légendaire, composée de Bad TasteLes Feebles et enfin du célèbre Braindead, sommet absolu de la comédie d'horreur crade et fresque gore absolument épique. Sortez la tondeuse à gazon, on fonce dans le tas.

 

photoRed is Braindead

 

En rouge et contre tout

La relative respectabilité du metteur en scène ne manque pas de mordant pour les amateurs du genre, tant la trilogie, qu’ils ont - à juste titre - surnommée « la trilogie du mauvais goût » n’a pour autre but que de faire rire aux dépens de l'académisme cinématographique. Bad Taste, dont le titre québécois (Dans l’cul !) trahit la trivialité, était déjà une revendication Z casse-cou et underground. Les Feebles, conçu dans l’attente de maigres financements pour Braindeadpoussait l’irrévérence dans la parodie sale.

Dans ce dernier opus, le pus mijote dans la crème anglaise des comités pincés, les bébés servent de ballons de foot avant de finir au mixer, les curés ninjas copulent bruyamment et à s’en déchirer les lèvres avec les infirmières et les intestins grêles se pâment devant leur miroir. Consécration de la formule Jackson première génération, Braindead carbure à la provoc’ pure et dure, accomplit tout ce qu’on lui interdit de faire avec l’insolence d’un jeune punk en puissance. Nous l’avions déjà dit dans notre dossier sur Les Feebles, mais nous le répétons avec insistance ici : c’est un véritable film de sale gosse, un vrai, denrée rare à l’heure où l’impertinence est un argument commercial.

 

photoLe fameux french kiss

 

Toutes les meilleures scènes du film, celles qui sont rentrées au panthéon imaginaire des gorophiles avertis, prennent un malin plaisir à transgresser les règles de savoir-vivre, à les dégueulasser de vomi, d’entrailles et d’éruptions sanglantes. La première victime, démembrée après quelques secondes de présence à l’écran, paye sa raison et son opportunisme occidental (« J’ai un permis », clame-t-il). L’enterrement religieux se solde par une explosion corporelle royale ainsi qu’une suspicion de nécrophilie incestueuse et précède le fameux numéro du prêtre, figure intouchable par excellence, qui « kick ass for the lord » (botte des culs pour le Seigneur), avant de s’empaler sur une tombe et engrosser un autre zombie.

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commentaires
BadTaste
25/01/2021 à 18:41

@Filthy Slime Addict
Plutôt d'accord avec ton commentaire.
Braindead est le dernier fleuron d'un genre qui s'est ensuite trop pris au sérieux, ou qui a commencé à s'auto-référencer, à s'auto-parodier.
Pour moi, toute la clique des Peter Jackson, Jim Muro, Sam Raimi, les films Troma, les frères Chiodo et même Douglas McKeown avec son The Dealy Spawn, sans oublier Frank Henenlotter, sont les derniers amuseurs qui ont réussi à transformer le cinéma d'horreur et fantastique, en véritable poilade.
Ils ont su prendre le genre, sans s'en moquer, et en cherchant à faire prendre du plaisir au spectateur, chose qui est de plus en plus absente des films d'horreur actuels, de plus en plus aseptisés, moroses, qui se regardent nombril.
J'ai beaucoup d'affection pour Shaun of the Dead, Jeepers Creepers ou REC, mais c'est pas pareil, on est déjà plus dans la réflexion d'un genre, avec un recul certain, et moins de lâcher prise.
J'ai l'impression que ce recul est valable pour la totalité de la production cinématographique depuis le début des années 90, où l'argent domine la création pure et libre.
Il y a toujours des John Carpenter, des David Lynch et des Paul Verhoeven pour faire un peu ce qu'ils veulent, quand ils veulent, heureusement.
C'est de la nostalgie de bazar que je fais, je sais, mais j'aimerais retrouver à notre époque cet esprit frondeur qui faisait la richesse de la production cinématographique des années 70 et 80.
J'ajoute qu'en plus d'Ecran Large, je trouve rassurant qu'un magazine comme Mad Movies existe toujours, et que leurs journalistes continuent à râler à propos de la production actuelle, et nous abreuvent de retours en arrière toujours aussi passionnés et passionnants.

prof west
25/01/2021 à 07:51

culte avec bad taste pour les connaisseurs ^^ de l'avant hobbit jackson

Kled1989
25/01/2021 à 04:04

La scène de la crème anglaise m a choqué. Devant la tv a 4 ans, un de mes cousins zappe la dessus. Ca m a traumatisé.

Pour info il est dispo sur YouTube

Entremedeu
25/01/2021 à 02:18

Depuis la scène de la soupe bha j'aime plus la soupe javais 11ans

Best movies

Cépafo
24/01/2021 à 22:47

Ah ouais carrément ça efface le lien du film que j'ai posté???

C'est interdit??

Filthy Slime Addict and Dyslexia
24/01/2021 à 21:06

Hum... Je voulais dire " et pas par des IA ", bien sur... Désolé... Les fautes d'orthographe et d’inattention, c'est mon dada... Malgré moi...

Filthy Slime Addict
24/01/2021 à 20:58

De très très loin, mon meilleur et plus gros souvenir de fou rire dans une salle de cinéma. Une énorme rigolade à en avoir mal au bide, accru par trois des mes camarades de classe, aussi hilare que moi. Et surtout accru par le passage à coté de mon siège, de la sortie prématuré et souvent précipité, de spectateurs choqué, le regard dans le vague ou fermé par la colère, perdu, dégouté ou outré, qui s'étaient visiblement trompé de film. Ils ne devaient pas connaitre Bad Taste. C'est bien simple, à la fin du film, je pense qu'il ne restait plus que ma petite bande dans la salle. à cette époque, je n'avais que 17 ans. Et pourtant déjà, dans une salle de cinéma tout à fait mainstream, plus jamais je ne revivrais un tel moment de joie, de délire décomplexé et de fun aussi merveilleusement pur et intense. Un vrai bonheur juvénile et initiatique.

Je sais bien que ce film date de 1993. Mais pour moi, c'est lui qui marque la fin des années 80. La fin de mes années 80. La fin d'une certaine liberté généralisé, présente dans tout type de création, de parole ou de média artistique. La fin d'un ton pas encore trop pervertie par l'auto censure carriériste, par l'entre soi tribal pédant et élitiste, ou par l’opprobre morale déplacé et fanatique, alors en plein come back fondamentaliste. La fin d'un gout prononcé par le public large, pour le divertissement provocateur, joyeux, délirant et grand guignol. Et surtout, la fin d'un certain état d'esprit bohème, d'artisan indépendant large d'esprit et ouvert sur le monde, profondément dédié à phagocyter le système tout en étant tellement rassembleur et pacifique. La fin d'un vrai courant artistique créatif, innovateur et passionné, représentatif d'un authentique do it yourself coloré, impertinent, transgressif, flamboyant et iconique, qui n'était pas contraint d'exister que dans un ghetto culturel underground, constitué de fanatique pointu, discret et presque honteux, marginalisé par la privation de représentation dans tous les média mainstream, à commencer par les grands réseaux de salle de cinéma.

Après Brain Dead, j'ai bien sur vu plein de film d'épouvante sortir. Et même des bon. Mais des films de grand studio beaucoup trop sérieux à mon gout. Des fausse série B beaucoup trop sage, prétentieuse et aseptisé. Dévitalisé de leur fun original, rieur et pictural. Se cantonnant à jouer uniquement avec de l'angoisse psychologique. Je ne les considère que difficilement comme de vrai film d'horreur. Commercialement supplanté par la vague montante de thriller des années 90, le genre que j’affectionnai le plus n'était plus vraiment en odeur de sainteté. Et puis, face à l'émergence d'un fantastique trop consensuel et familial, au graphisme aseptisé à grand renfort de CGI sans saveur, les films de monstres en latex étaient formellement et artificiellement, relégué au placard artistique de la ringardise passéiste. Pardonne leurs, Rob bottin. Ils ne savent pas ce qu'ils font. Ils ne savent que compter les billets.

Pour moi, Brain Dead est peut-être le dernier vrai film d'horreur grand public. La fin des films de drive in et de cinéma d'exploitation populaire. Le point final à la culture sale gosse et irrévérencieuse des baby boomer. Enfin, jusqu'à l'espoir d'une renaissance poisseuse et inattendu du genre, avec le sympathique et jouissif Horribilis de James Gunn. Malheureusement, cette tentative restera quasiment unique, sans véritable suite convaincante. Le flambeau n'a pas été reprit. Même si l’exploitation de l'imaginaire collectif des 80s, aussi mélancolique que mercantile, bat actuellement son plein, dans tous les genres et à toute les sauces. Mais surtout les plus fades et indigestes. Le fun des 80s a été assassiné il y a presque 30 ans. Et je doute qu'il y est actuellement, une volonté sincère de le ressusciter, de le renouveler, de le faire évoluer et perdurer durablement, sous une nouvelle forme plus contemporaine... La passion et la sincérité n'y sont plu... Seul la rentabilité au prêt d'un public de masse à la primauté... Monde de m... Heureusement, les articles de Écran Large sont encore écrit par des humains, et par des IA. Et ça, c'est ma dernière consolation de cinéphile vieillissant dans une époque, qui a fini par lui donner à lui aussi, l'envie de sortir de la salle avant la fin d'un film, dont il n'est depuis beaucoup trop longtemps absolument plus le public "ciblé" par les "génies" du marketing...

Opale
24/01/2021 à 18:30

Chef-d'oeuvre dans son genre et, pour moi, inégalé! Un régal dégueu, sale, méchant, sadique, rigolo et sans prétention. Vivement un dépoussiérage des premières oeuvres du grand PJ.

BadTaste
24/01/2021 à 15:49

Le diable est parmi nous.
En arrière mon enfant, ceci exige l'intervention du divin ! YAAAAAAAAA !
Au nom du Seigneur, je vous botte le cul !

(cette VF d'anthologie)

dams50
24/01/2021 à 14:54

Ah, la douce Paquita ... et l'horrible belle-doche.
Et oui, Cépafo, la scène du prêtre (qui a du faire une partie de son séminaire dans un temple Shaolin) est jouissive.

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