Gravity a-t-il changé la face de la science-fiction au cinéma ?

Mathieu Jaborska | 10 janvier 2021
Mathieu Jaborska | 10 janvier 2021

Dernier succès en date de Netflix signé George ClooneyMinuit dans l'univers comporte une scène que beaucoup ont surnommé "la séquence Gravity". Et pour cause : elle reprend peu ou prou les instants les plus spectaculaires du long-métrage d'Alfonso Cuarón, condensés en quelques minutes qui font pâle figure à côté du numéro d'équilibriste technique atterri sur les écrans il y a près de huit ans.

Et ce n'est pas la première fois qu'on sent des relents de Gravity dans un film de science-fiction récent. En 2021, avec plusieurs années de recul, on peut enfin commencer à répondre à cette interrogation qui motivait des débats très houleux en 2013 : ce chouchou de la presse peut-être trop porté aux nues pour son propre bien a-t-il vraiment marqué l'histoire du genre, ou plus largement de la mise en scène de l'espace au cinéma ?

 

GravitySandra dans de beaux draps

 

Ramène ton recul

Qu’en disait-on à l’époque ? Beaucoup de bien, trop de bien même. La quasi-intégralité de la presse a réagi à l’effet coup de poing du film (le découvrir en projection presse devait ne pas manquer de saveur), et a tranché directement. Pour ces critiques, Gravity est bien un point de rupture définitif. Le chapeau du texte du Monde parle du « film le plus spectaculaire qu’il ait été donné de voir sur l’espace », Télé 7 Jours d’une « date dans l’évolution du genre ».

La critique américaine en rajoute encore une couche. Le Wall Street Journal annonce carrément : « Sous différentes formes, les films de cinéma sont avec nous depuis la moitié du 19e siècle, mais il n’y en a jamais eu un comme Gravity ». Time va plus loin : « Gravity nous montre la splendeur du cinéma du futur. » Même nous avions succombé au dithyrambe, dans la critique concoctée par l’ami Simon Riaux.

 

photoLet it goooo

 

Une réaction unanime qui a peut-être poussé le public à la méfiance, voire à la déception. Alors qu’on lui promettait une œuvre grandiloquente dans la lignée de 2001 : l'odyssée de l'espace, il s’est retrouvé devant un survival pur et dur. Mais quel survival ! En composant des plans-séquences qui jonglent habilement entre l’immense et le minuscule, Cuarón place l’humanité de son héroïne (ses larmes jaillissent au premier plan) au cœur d’un spectacle technique ahurissant.

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commentaires

Dede
11/01/2021 à 18:21

Gravity est juste un beau sauveur d écran, mais le reste est d un ennui mortel. Je suis content de l avoir vu dans ma salle privée, ce qui m à permis d accélérer les moments long et ch... Bref je l ai vu en 15 minutes

sylvinception
11/01/2021 à 16:32

Tant que les salles de ciné resteront fermées, je ne pourrais plus prendre mon panard sur grand écran devant cette expérience unique.
Et ça, quelque part, ça me fait quand même bien mal aux fesses.

(p.s. : tous les neuneus ci-dessous qui démontent le film, c'est à se faire pipi de rire dessus.)

Un connu
10/01/2021 à 16:42

Gravity, de la science fiction ? ????
Je crois qu'à notre époque, on ne peut décemment plus considérer que le simple fait que l'action se déroule dans l'espace suffit à catégoriser un récit comme appartenant au genre SF.

Et c'est peut-être aussi ça la force de ce film : avoir réussi à saisir l'émerveillement mais aussi l'angoisse - par l'image, mais aussi beaucoup par les silences, plus puissants encore parfois - que peut susciter cet espace pourtant si proche, dans lequel vivent très actuellement les passagers de l'ISS.

PatrickJammet
10/01/2021 à 15:36

... Moi, j'ai dénoté la bêtise d'Harvard, à la réflexion... Cloo'ney, Lorrain ? ... Landgrave'yard, dans les temps... Avatar ou bât'ard !... Métaphysique... Gravitationnel... Ah oh... Wilhelm, le Casque Millenium ...

!89l3ul0
10/01/2021 à 15:29

Réponse: Non.

Ce qui a changé "la face de la science-fiction" et pas qu'au cinéma, c'est Battlestar Galactica la série de 2004 où pour la première fois on a filmé des plans entièrement numériques comme des plans réels ce qui confère au séquences spatiales une véracité qui compense la puissance de calcul moindre des ordinateurs de l'époque.

Ce qui a changé "la face de la science-fiction" et pas qu'au cinéma, c'est The Expanse, une série là encore, dont le réalisme des séquences spatiales ne tient pas à l'aspect documentaire de comment ça se passe dans le vide spatial mais dans la façon dont sont filmés ces séquences.

Gravity est une démonstration technique dont sont coutumiers certains réalisateurs haut de gamme comme Cuaron, Cameron, Scott, Zemeckis ou encore Alejandro González Iñárritu ou Ang Lee plus récemment.

Le problème de ce genre de films est que ça met en avant essentiellement des procédés techniques présentés comme l'argument principal. Or le cinéma, comme les autres arts, c'est plus intéressant quand la technique est mise au service d'une histoire et se fait oublier. Sinon, c'est du même niveau que ce qui est projeté au Futuroscope. C'est juste un divertissement hors de prix mais vide.

L'autre chose avec la technique comme seul argument, c'est que l'informatique passe son temps à rendre obsolète visuellement ce qui quelques années plus tôt semblait être le top du top. Ça rend ces films jetables et difficiles à regarder plus tard. L'autre problème est que si l'expérience ne peut être totale que dans certains types de cinémas conçus pour ça exclue de fait un grand nombre de spectateur et ça rend mal sur tous les autres écrans, notamment ceux qu'on utilise tous les jours.

Voyez le rajeunissement numérique de Jeff Bridges dans Tron Legacy qui à l'époque - pas très lointaines, c'était il y a 10 ans - semblait le top du top et le comparer à au dernier film de Ang Lee avec son clone Will Smith. Tron Legacy est un film qui a pris un gros coup de vieux là où le Tron de 1982 reste une oeuvre à la fois curieuse et poétique même si dépassée techniquement.

bfffb
10/01/2021 à 12:32

Non, un film creux et mauvais, Avatar a fait bien plus avec bcp moin de scene spatial pareil pour la revanche des sith
C'es un film sans aucun interet , et ininteressant


10/01/2021 à 11:12

En filiation plutôt récente de Gravity on peut aussi penser à 1917.

Même si ce n'est pas dans l'espace il y a cette même intention d'immersion par la technique.

Kyle Reese
10/01/2021 à 10:58

Excellent article merci. J’apprécie énormément les film dit “spatiaux” de sf ou réaliste. Gravity fut une énorme claque dans la tronche en salle. (J’ai fait du lobbying dés la sortie de séance). Un défi technologique dément. La plus belle immersion 3d que j’ai pu voir jusqu’à présent. Gravity c’est un peu faire un film des frères Lumières, la capture du réalisme, avec le génie technique de l’illusion d’un Mélies.
Et je vous rejoins totalement (j’y pensais tout le long de la lecture) sur Ad Astra qui prolonge cette sensation de vertige et d’isolement extrême que Gravity a su si bien retranscrire ... j’imagine. L’homme, sa place dans l’univers et l’espace, froid, hostile qui nous entoure, un sujet au combien fascinant.

Moijedis
10/01/2021 à 10:43

Vu au cinéma en 3D : superbe expérience .
Revu en streaming netflix : vite décroché.

Ce n’est pas un film , mais juste une expérience cinéma , qu’il s’apparente plus à un manège de fête foraine .

Beaver en apesanteur
10/01/2021 à 10:11

Visuellement cela donnait une sensation de réalisme bluffante. Après une utilisation systématique de cette méthode relève du gadget visuel et non du cinéma. Le sujet est que le film lui même manque de consistance et une fois l’accoutumance faite il n’e. Reste pas grand chose.

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