E.T. l'extra-terrestre sur Netflix : quand Spielberg signait le chef d'œuvre du film pour enfant

Mathieu Jaborska | 6 janvier 2021 - MAJ : 06/01/2021 14:40
Mathieu Jaborska | 6 janvier 2021 - MAJ : 06/01/2021 14:40

Quand le Steven Spielberg des débuts se lance dans le cinéma pour gosse, il n'accouche pas seulement d'un chef-d'œuvre : il lance une mode interminable.

Véritable phénomène social à lui tout seul, E.T. l'extra-terrestre est désormais une référence commune, si profondément ancrée dans la pop culture que chaque année, des dizaines de films pour enfants - ou pour adultes - revandiquent son influence. E.T. a très souvent été imité, mais jamais, au grand jamais égalé, et les seuls qui ont réussi à tirer leur épingle du jeu sont ceux qui ont refusé de le jouer (Le Explorers de Joe Dante).

Car contrairement à une croyance populaire qui en ferait un élément mineur de la filmographie du maître, cette histoire intemporelle ne brille pas juste grâce à son scénario et le design atypique de la créature. C'est également un des plus grands films de son auteur, et un incroyable morceau de cinéma.

 

Photo Henry ThomasTata tatatataaaa taaa

 

Rencontres du troisième mythe

La précédente et première virée de Spielberg dans la science-fiction n’a rien d'un essai maladroit. Rencontres du troisième type, théorisation sublimée par sa mise en scène de la façon dont on perçoit l’altérité spatiale, était déjà un monument. E.T. lui emprunte beaucoup, et pour cause : il est plus ou moins dérivé d’un autre projet du réalisateur, transformé un temps en suite de Close Encounters of the Third Kind : Night Skies, véritable film d’horreur reniant le pacifisme des extra-terrestres.

L’idée qui préside à sa genèse est donc aux antipodes des prémisses de films dit « pour enfants » d’hier et d’aujourd’hui. Contrairement à ses collègues, et bien qu’il soit aujourd’hui perçu comme le cinéaste familial par excellence, Spielberg n’a jamais pensé E.T. comme un produit à destination des gosses lors des premières phases de préproduction. La singularité tonale du résultat en découle forcément. E.T. est le digne successeur de Rencontres du troisième type, en ça qu’il hérite d’une noirceur certaine et d’une conception bien à lui de la science-fiction.

 

PhotoDes gosses, des lumières bizarres, tout est là

 

Cette madeleine de Proust adulée par petits et grands est même bien plus pessimiste. L’être humain, enchainé à une recherche obsessionnelle du contact dans Rencontres, devient ici lui-même l’envahisseur, troublant de ses gros sabots technologiques une relation à hauteur d’enfant. La manière de mettre en scène l’élément SF est cependant la même : les soucoupes volantes sont de gigantesques édifices spatiaux éblouissants, s’ouvrant sur un inconnu à peine esquissé. Le mystère est représenté par des lumières et des sons. Dans les deux films, les aliens relèvent du cinéma pur.

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commentaires

Kyle Reese
06/01/2021 à 21:38

Vu en salle en sortie d'école. J'ai du surement découvrir sans trop en avoir conscience mon premier chef d’œuvre au cinéma. Ce film est d'une puissance émotionnelle jamais égalé pour moi. Absolument tout le génie du cinéma de Spielberg y est condensé. Ce réalisateur avait une baguette magique à la place de la caméra à cette époque. Un film qui traverse les époques sans perdre sa saveur. Et quelque mois plus tard je découvris la version cauchemar de la rencontre extra terrestre avec un autre chef-d'oeuvre ... The Thing !

Ethan
06/01/2021 à 20:23

ET est la synthèse réussie car le film est avant tout familial. Que d'émotion dans ce film et la mise en scène est superbe.

E;T are not extraterrest but Demonic entities
06/01/2021 à 17:19

je fais parti de la generation née au milieu des annes 70 qui a donc pu voir quasi en direct live les films de Spielberg guimauve des années 80;;;
bizarrment j'ai jamais pu encadrer ces guimauves et autres niaiserie à 10 ans!
idem pour les Stars Wars ou autres Indiana Jones
excepté la rencontre du 3 eme type, qui est tres bien,mais qui pique les yeux pour les SFX de nos jours en haute def lol!
et quelle idéé il a eu de faire du replatrage numerique avec les flingues,je crois bien avoir lu qu'il regrettait le truc

l'autre
06/01/2021 à 17:10

Et il y a "presque" eu Indiana Solo dedans ! : https://www.youtube.com/watch?v=Rd5o-QzqPWE

Cépafo
06/01/2021 à 14:37

Alors oui le film traite de l'enfance et de l'amitié. Certes, mais

Mais le choix des plans , la présence de la femme qui s'occupe seule de ses gosses, des jeunes à vélo presque "laissés pour compte" .C'est limite presque un biopic de son réal .

Cépafo
06/01/2021 à 14:33

D'accord avec @Tuk. Comment qualifier ce bijou de films pour enfant?

Les différentes grilles de lecture de ce chef d'oeuvre n'ont rien d'enfantins( Absence du père,solitude et enfermement des enfants dans leur propre imaginaires) et j'en passe. Hormis Peter Coyote, la présence et la symbolique du Mâle est pratiquement absente.La scène magistrale de la grenouille en est le parfait exemple,on ne montre jamais "le maitre d'école".Symbole d'une absence d'un éducateur masculin.

L'oeuvre de Spielberg n'est pas aussi simpliste que ça.

Tuk
06/01/2021 à 14:17

chef d'œuvre du film pour enfants... Et pour adultes aussi !.... Non, mais....

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