Le Sous-sol de la peur : et si c'était le meilleur film du père de Freddy et Scream ?

Simon Riaux | 5 juillet 2020
Simon Riaux | 5 juillet 2020

La Dernière maison sur la gauche, La Colline a des yeux, Les Griffes de la nuit, Scream... La carrière du grand Wes Craven fut jalonnée d’œuvres cultes et de succès mortels. Et si son plus grand film était un de ses moins connus ? 

Réalisateur adulé par plusieurs générations de cinéphiles, il aura engendré plusieurs boogeymen de légende, mais aussi contribué à faire bouger les lignes de la représentation de la violence, et tout simplement abonder la pop culture en images inoubliables. Alors qu’Hollywood a déjà remaké avec plus ou moins de succès certains de ses grands succès, ou prévoit de leur adjoindre des suites, on n’entend pour ainsi dire plus parler du Sous-sol de la peur. 

Accueilli avec une grande tiédeur, perçu comme un film inclassable au discours politique bourrin, mais maladroit, le film, s’il a fait les beaux jours des écumeurs de vidéoclubs est tombé dans un relatif oubli. Alors que les questions des rapports de domination au sein des sociétés occidentales, ainsi que la représentation des minorités éclatent au sein du débat public, il semble pertinent de réévaluer le film. 

 

affiche françaiseUn titre français un peu épais

 

CHAOS DEBOUT 

Un drame social, qui vire soudain au home invasion inversé, puis à la traque voisine du slasher, avant de basculer dans une horreur grand-guignol et vengeresse le temps d’un dernier acte dément, le tout saupoudré d’un romantisme candide plutôt rare chez son auteur. Voilà un programme roboratif, en apparence complètement cinglé, qui rend presque impossible de connecter le film à un genre donné. 

Il faut dire que Wes Craven s’est autorisé un récit à tiroir qui feint de partir en tous sens. Pour ses 13 ans, Fool décide de cambrioler la demeure des propriétaires de son logement, couple impitoyable et mal-intentionné. Mais il se retrouve bientôt prisonnier de leur gigantesque maison, aux côtés de leur fille, maltraitée avec une constance qui force le respect. Alors que tous deux explorent la demeure et ses pièges en tentant d’échapper au couple ultra-violent, ils vont mettre à jour une série de secrets tous plus abominables les uns que les autres. 

Et voilà seulement une partie de cette invraisemblable turbine horrifique, qui ne laisse littéralement pas une seconde de répit à son spectateur. Car le cinéaste use de nombreux points de rupture, habituant le public à un ingrédient donné, pour mieux le lui retirer ou modifier la nature. Le récit démarre comme un buddy movie ? Un de nos héros sera bientôt massacré sous nos yeux. La jeunesse de Fool paraît destiner le métrage à une forme bon-enfant de divertissement ? L’ado apprendra bientôt ce que signifient l’horreur et la peur. Les méchants sont un couple de bourgeois ? Ils se transformeront bientôt en psychopathes sado-masos option cuir de vachettes, dans une orgie de meurtres incontrôlables. 

 

photoIntérieur cuir

 

Impossible de savoir sur quel pied danser. Et cette valse des motifs, des thèmes, vaut aussi pour la direction artistique de l’ensemble. La vision du ghetto s’efface derrière le simulacre de la vieille bâtisse et son fantasme de classe supérieure. Mais cette dernière se déplie pour offrir un véritable musée des horreurs, puis un dédale à Evil Dead. Enfin, quand le scénario dévoile la réalité de ceux qui vivent sous l’escalier (d’où le titre original, The People Under the Stairs), on jurerait que les comédiens d’une antique sitcom envahissent l’écran, la tronche enfarinée, toujours encadrée d’un navrant brushing. 

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commentaires

Nico1
06/07/2020 à 20:28

Tout à fait d'accord avec @Numberz

clarence bodicker
06/07/2020 à 13:43

Les idées sont excellentes, MAIS malheureusement aucun suspense, aucune frousse, j'ai essayé mainte fois de revenir sur un film que je pensais ne pas avoir compris ni décrypter l'essence... un bon telefilm ni plus ni moins. Affaires classées

Cooper
05/07/2020 à 16:15

Vu gamin dans " les jeudi de l’angoisse", il m’avait marqué, ça fais longtemps que j’ai envie de le revoir.

Dai
05/07/2020 à 14:30

Une bonne claque a sa sortie... Il me hante encore

Numberz
05/07/2020 à 13:14

Pour moi, c'est pas son meilleur, c'est son moins pire.

J'adore Freddy, mais le premier n'est pas mon préféré et scream, je trouve que cela vieilli bcp.

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