Joker : à part Heath Ledger, 5 autres versions géniales de l'ennemi de Batman

Prescilia Correnti | 6 octobre 2019 - MAJ : 06/10/2019 13:26
Prescilia Correnti | 6 octobre 2019 - MAJ : 06/10/2019 13:26

Avant la sortie de Joker de Todd Phillips avec Joaquin Phoenix, retour sur les précédentes incarnations du célèbre antagoniste sur petits et grands écrans.

Essayer de faire le test dans votre cercle d’amis, ou dans votre famille et demandez-leur : « Qui est l’acteur qui incarne au mieux le Joker selon toi ? ». Vous verrez qu’à 90% ils vous répondront : "Mais Heath Ledger, le gars dans Dark Night là, où on voit des memes partout sur Internet".

Pourtant, malgré la grande performance de l’acteur dans son interprétation du Clown Prince du Crime, il y a eu avant et après lui bien d’autres acteurs qui ont prêté leur apparence ou leur voix à ce célèbre antagoniste. Petit tour d’horizon de ces autres interprétations du Joker autres que celle de Heath Ledger

 

photo, Joaquin PhoenixJoaquin Phoenix, fantastique Joker

 

MARK HAMILL

Avant de devenir un antagoniste iconique du paysage cinématographique, le Joker était avant tout un personnage de bande dessinée. Merci Captain Obvious. En outre, la quintessence de ce qui est considéré comme le "Joker de la bande dessinée" demeure indéniablement sa version avec la performance vocale de Mark Hamill alias « Mister J ».

Alors que ce dernier sort d’une trilogie à succès faramineux, Hollywood rechigne à l’engager pour des projets de blockbuster. Il a bien eu quelques succès grâce à des pièces à Broadway comme The Elephant Man ou Amadeus, mais il n'a jamais joué dans les adaptations cinématographiques qui ont suivi. Il a, par exemple, perdu le rôle de Mozart contre Tom Hulce en 1984. Au moins, pour notre plus grand plaisir, cela l'a amené à trouver sa « voix » en tant que doubleur dans ce qui est sans aucun doute la plus grande série d'animation américaine de tous les temps.

 

photo, JokerQuand c'est Noël et que tu te fais tes propres cadeaux

 

Apparu pour la première fois comme le Joker dans le magistral Batman : The Animated Series de Warner Bros. Animation, qui s'est déroulée de 1992 à 1995, puis a été relancé de 1997 à 1999, Hamill a aussi été le Joker dans plusieurs films d’animation comme le cultissime Batman contre le fantôme masqué, sans oublier les excellents jeux vidéo Batman : Arkham Knight (notre dossier ici) et plus récemment en 2016 l'animation d'adaptation de Batman : The Killing Joke.

Bref, Mark Hamill campe son personnage avec passion, avec brio, avec fougue et enthousiasme et il était évident qu'on ne pouvait pas passer à côté. Car s’il est seulement acteur vocal, les producteurs de la série ont avoué qu’ils s’étaient très largement inspirés de la gestuelle de Mark Hamill pendant les scènes de doublage afin de créer les mimiques du Joker.

Avec son timbre de voix parfait, Hamill est instantanément devenu un acteur vocal célèbre, développant une cadence et un gloussement qui sont encore mythiques. Alors que dans les premiers épisodes, le Joker était assez peu menaçant (la série était destinée aux enfants), Hamill a imprégné le personnage d'une malice palpable dans le son de sa voix. Et même s’il s’agit d’une caricature grotesque, la voix de Mark Hamill donne à elle seule un sentiment d’imprévisibilité totale du personnage. Et ça, on adore.

 

photo, Joker Un Joker grandiose !

 

JACK NICHOLSON

Aussi populaire que la série télévisée Batman des années 1960 (était et est toujours soit dit en passant), on ne peut clairement pas passer à côté de l’interprétation de Jack Nicholson dans le rôle du Joker dans Batman. En compétition avec Brad Dourif (prétendu être le favori de Tim Burton), Tim Curry, John Light, David Bowie ou encore James Woods et même Robin Williams pour le rôle, Nicholson aura sans doute réussi à signer le contrat grâce à ses performances dans Chinatown en 1974 ou Vol au-dessus d'un nid de coucou en 1975. 

Malgré tout, pour l'anecdote, le co-créateur de Batman, Bob Kane, voulait Nicholson, tout comme le producteur original du projet, Michael Uslan (qui a obtenu les droits du film pour Batman en 1979). 

 

Photo Kim Basinger, Jack NicholsonAttention, ça va faire bang !

 

Pour en revenir au Joker, Nicholson, Burton et le scénariste Sam Hamm ont confié s’être inspirés de The Killing Joke d'Alan Moore (critique à retrouver ici). Un comicbook qui retrace l'une des genèses du célèbre criminel. On apprend par exemple que ce dernier, avant de sombrer dans la folie, n'était qu'un pauvre bougre sans talent et se saignait à blanc pour nourrir sa famille. Dans le film, c'est à peu près le même schéma.

Le personnage de Nicholson était quant à lui surnommé Jack Napier avant d'embrasser le nom du Joker. Il a l'allure des gangsters classiques d'antan façon James Cagney dans L'Enfer est à lui ou d'Edward G. Robinson dans Key Largo. Mélangé à cela le sourire fourbe et diabolique de Jack Nicholson dans Shining et vous obtenez la recette d'un Joker inoubliable. Et si en plus, on note le choix plutôt "cocasse" de faire du Joker l'assassin des parents de Bruce Wayne, vous obtenez un antagoniste sadique, sociopathe, meurtrier, obsédé par la comédie et les gags et clairement on tire notre chapeau.

D'une certaine manière, ce Joker a alimenté le narcissisme des années 1980. Obsédé par l'argent, la gloire et la mode, il allait tuer les membres vains et vides de la société avec leurs propres produits de beauté (un procédé qui allait devenir la base de travail du cynisme de Tim Burton). Et lorsque Batman déjoue cette action, ce Joker continue encore à se jouer de la foule en leur faisant croire qu'il est un homme du peuple.

 

Photo Jack NicholsonTa tronche un lendemain de soirée 

 

CESAR ROMERO

Bien que Batman ait fait sa première apparition en direct dans une série de films en 1943, il faudra attendre encore près de 23 années supplémentaires avant que le Joker ne puisse apparaître d’une manière récurrente dans la série Batman en direct. Pour camper l’illustre antagoniste du chevalier noir, la chaîne choisit un acteur de renom : Cesar Romero.

À l’époque, il est connu sous le nom de The Cisco Kid un personnage de fiction de western et a, mine de rien, déjà un bon CV rempli dans le monde du cinéma et de la télévision. Il avait entre autres donné la réplique à Carole Lombard dans Ce que femme veut (1936), Shirley Temple dans La mascotte du régiment (1937), Sonja Henie dans L’escale du bonheur (1937) ou encore Barbara Stanwyck dans Adieu pour toujours (1938). Des années plus tard, il tournera même dans des productions de la Walt Disney Company.

 

Quand tu vas à une soirée déguisée, mais qu'il y a que toi et tes potes qui l'êtes

 

Ce Joker est quant à lui façonné à partir du comics du personnage apparu entre le Silver Age et le Golden Age. Cesar Romero interprètera une figure plus « gentillette » et enfantine que celle que l’on connaît actuellement de l'antagoniste. Loin de la figure du meurtrier psychopathe à tendance psychotique, complètement névrosé et déluré, Romero nous offre un méchant plus arnaqueur et inoffensif avec un fétichisme pour le clownesque plutôt qu'une véritable menace pour Gotham City.

À la fois sur la série Batman et le film, Batman sorti en 1966, Romero insuffle alors à son personnage un sens enfantin, avec un air plus malicieux qui correspond parfaitement au ton adopté par la télévision à cette époque. Les puristes de la bande dessinée diraient que ces manigances exagérées sont surtout inspirées par l'œuvre de Dick Sprang, connu pour ses Batman durant le Golden Age (1940).

Pour l’anecdote, sachez d’ailleurs que Romero a également refusé de se raser sa bacante, exigeant que le maquillage blanc soit appliqué directement sur sa moustache. 

 

Batman, 1966Regardez bien 

 

CAMERON MONOGAN

Gotham est une série qu'on aime ou qu'on n'aime pas. Là, n'est pas le débat. Ça serait trop long. En revanche, elle a au moins le mérite de mettre en avant toute une panoplie de personnages relatifs à l'univers de Batman. Enfin, au lieu de se centrer sur le Chevalier Noir, la série préfère mettre en lumière bon nombre des méchants charismatiques de Bruce Wayne.

Outre le Pingouin (brillamment joué par Robin Taylor), le Trickster ou encore l'Épouvantail, nous retrouvons le Joker sous les traits d'un Cameron Monaghan habitué par son rôle et la folie du personnage qu'il peut communiquer à travers l'écran. 

 

photo, Cameron MonaghanLe pauvre à gauche n’a pas l'air de savoir ce qu'il fait là

Il aura tout de même fallu près de cinq saisons pour que le show révèle enfin le "véritable" Joker, les producteurs ayant fait d'innombrables faux pas et anachronismes en cours de route. On passe ce passage, mais ce n’était vraiment pas beau à voir. Mais à la fin de la série, nous avons finalement eu notre Joker, représenté par Cameron Monaghan dans un visage blanc grotesque et mutilé façon La Cour des Hiboux.

Le fait est que, contrairement à une grande partie de la série, la version de Gotham tentait de reproduire au mieux l'histoire du Joker dans les comics. Alors, lorsque Jeremiah Valeska tombe dans la piscine d'acide de la tour Ace Chemicals, sa transformation nous rappelle un peu celle de Tim Burton. Cameron Monaghan a bien donné toute sa personne sur son personnage. Il s'est parfois transcendé en essayant de faire ressortir au mieux la personnalité fantasque, sombre et bipolaire du Joker et a fait une belle, quoiqu’éphémère, interprétation sur l'ennemi juré de Batman.

 

photo, Cameron Monaghan"Tu oses remettre mon talent en question ?"

 

JOHN DIMAGGIO

Vous ne connaîtrez peut-être pas immédiatement son nom, mais sa voix sûrement. John DiMaggio est l'un des acteurs vocaux les plus célèbres de l'animation. Entre autres il est derrières les voix de Bender de Futurama, Jake the Dog de Adventure Time, Wakka de Final Fantasy X et aussi (et surtout) le Joker dans Batman et Red Hood : sous le masque rouge.

Dans ce film d'animation, le Joker capture, torture puis assassine Jason, le fidèle Robin de Batman depuis près de 5 ans.
Alors que Batman pensait que Jason Todd avait été tué ce dernier réapparait des années plus tard, gravement endommagé et cherchant à se venger de Batman. 

Sur la scène, DiMaggio partage l'écran avec d'autres stars comme Bruce Greenwood (Star Trek) dans le rôle du Caped Crusader, Jensen Ackles (Supernatural) et Neil Patrick Harris (How I Met Your Mother).

 

commentaires

TofVW
06/10/2019 à 15:58

@Geoffrey Crété: ah, mea culpa, je n'ai pas lu l'autre article. Mais quand même. :P

TheMadClown 55
06/10/2019 à 15:35

Je suis totalement d'accord avec TofVW, Pierre Hatet à assuré une vf de qualité au personnage et n'est même pas mentionné. C'est assez triste de voir que ses efforts n'ont pas été reconnus… R.I.P Pierre Hatet.

TheJoker
06/10/2019 à 14:23

Cameron et Robin sont les seuls raisons pourquoi j'ai continué la série gotham.

Geoffrey Crété - Rédaction
06/10/2019 à 12:48

@TofVW

On ne l'a pas recité ici mais il était mentionné pour ses talents dans un article de vendredi par exemple :)

https://www.ecranlarge.com/series/news/1099573-batman-lepisode-culte-ou-le-joker-demande-une-terrible-faveur

TofVW
06/10/2019 à 12:39

Quel que soit le site qui en parle, c'est toujours pareil: on encense la performance de Mark Hamill, et c'est mérité... mais on ne parle jamais de Pierre Hatet, qui est tout aussi méritant.

brucetheshark
06/10/2019 à 12:27

Le trickster dans Gotham, je suis le seul à l'avoir loupé ?

Bob
06/10/2019 à 12:23

Romero a été plus malin et discret que Cavill sur ce coup

Flash
06/10/2019 à 11:07

En effet, j'ai toujours trouver que Nicholson en joker ça ne le faisait pas.

Ray Peterson
06/10/2019 à 10:52

Article très intéressant. Bravo. Par contre je pense qu'il y a peut-être une petite coquille.
Pour les prétendants du rôle du joker de Burton, ne s'agirait-il pas plutôt de John Lithgow que de John Light ?

corleone
06/10/2019 à 10:32

Excellent mais j'ai toujours trouvé le joker de Nicholson un brin surestimé malgré l'immensité du talent de l'interprète c'est juste que ça fonctionnait pas comme les performances spectaculaires de Danny De Vito en pingouin et Pfeiffer en catwoman. Bon c'est vrai aussi que c'est difficile de faire pire que le foutage de gueule Jared Leto

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