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Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald – la saga Harry Potter est-elle boudée par les fans, et donc condamnée ?

Par Geoffrey Crété
17 avril 2020
MAJ : 21 mai 2024
19 commentaires

Revenue avec Les Animaux fantastiques de David Yates, la saga Harry Potter montre déjà quelques signes d’essoufflement au box-office.

Affiche

Retour sur la carrière au box-office des Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald.

La saga Harry Potter ayant encaissé plus de 7,7 milliards en salles, entre Harry Potter à l’école des sorciers et Harry Potter et les reliques de la mort (partie 2), il était impossible et impensable que le studio ne tire pas sur la corde.

Ainsi est né Les Animaux fantastiques, prequel situé dans le monde inventé par J.K. Rowling, avec le réalisateur David Yates également de retour, lui qui avait signé les quatre derniers Harry Potter.

Mais si l’équipe parle d’une saga d’ores et déjà préparée sur cinq films, Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald n’a pas été à la hauteur des attentes côté finances. Retour sur sa carrière en salles.

Et comme ici on parle business, retrouvez notre critique du film par ici.

 

  

LE BUDGET

200 millions. C’est un peu plus que les 180 millions des Animaux Fantastiques

Comparé aux Harry Potter, c’est plus cher que Harry Potter à l’école des sorciers (envion 180 millions avec l’inflation), Harry Potter et la Chambre des Secrets (environ 140 millions), Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban (environ 175 millions), Harry Potter et la Coupe de Feu (environ 195 millions).

Mais c’est moins que Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé (environ 290 millions). Les deux parties de Harry Potter et les reliques de la mort ont coûté environ 300 millions.

200 millions reste un budget très élevé, similaire à d’autres productions de la même année comme Black Panther ou Aquaman.

 

Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald : photo, Eddie Redmayne« Où est parti le budget ? »

 

À ce budget de production officiel s’ajoute comme toujours le budget marketing. Pour un blockbuster de cette trempe, c’est une donnée non négligeable. Forbes estime que le studio a dépensé minimum 100 millions en promo, quand le New York Times parle de 150 millions.

C’est sans compter d’éventuels pourcentages de participation des acteurs, comme Johnny Depp par exemple, susceptibles de peser dans le bilan final.

Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald a donc coûté au bas mot 300 millions.

 

photo, Eddie RedmayneQuand tu reçois la note salée derrière le cirque hollywoodien

 

LE BOX-OFFICE INTERNATIONAL

653,3 millions. C’est beaucoup, et Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald est le 10e plus gros succès mondial de 2018, loin derrière les poids lourds (2 milliards pour Avengers : Infinity War, 1,3 milliard pour Black Panther).

La suite se place ainsi devant Ant-Man et la Guêpe (622,7 millions) et derrière Deadpool 2 (778,9 millions), Mission : Impossible – Fallout (791,1 millions), Venom (855 millions) et Bohemian Rhapsody (870,3 millions).

Mais ce score est loin des 814 millions des Animaux fantastiques sorti en 2016.

C’est également le plus petit score de toute la saga Harry Potter, qui au « pire » a encaissé 796,7 millions (Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban), et bien plus avec l’inflation donc. C’est même moitié moins que le sommet de la série, le 1,3 milliard de Harry Potter et les reliques de la mort (partie 2).

 

photo, Eddie Redmayne, Katherine Waterston Rendez-vous chez les boss pour le jugement dernier

 

LE BOX-OFFICE DOMESTIQUE 

Pour rappel, le box-office domestique (Etats-Unis et Canada) est vital puisqu’un studio récupère plus sur ces recettes que partout ailleurs. Là encore, Les Crimes de Grindelwald fait moins que le précédent volet : 159,5 millions, contre 234 millions en 2016.

Et là encore, c’est le plus mauvais score de la saga Harry Potter, derrière les 249,5 millions de l’épisode 3, Harry Potter et le prisonnier d’AzkabanHarry Potter et les reliques de la mort (partie 2) avait à nouveau été un sommet avec 381 millions. 

Selon Boxofficemojo, avec l’inflation, c’est Harry Potter à l’école des sorciers, le tout premier épisode, qui reste le plus gros succès domestique, avec près de 505 millions récoltés.

En 2018, Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald est ainsi le 20e plus gros succès côté domestique, au même niveau que Halloween qui a coûté… 20 fois moins cher.

 

Photo Eddie RedmayneDans les égouts du box-office de J.K. Rowling

 

LE BOX-OFFICE ÉTRANGER

493,8 millions récoltés dans le monde. Idem : c’est loin des 580 millions des Animaux Fantastiques.

Rebelotte : plus petit score dans l’univers Harry Potter. Sans compter l’inflation, Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban était à 547,1 millions, quand tous les autres épisodes étaient dans les 600 millions. Harry Potter et les reliques de la mort (partie 2) a là encore explosé les compteurs, avec plus de 960 millions récoltés rien qu’à l’étranger, en 2011 (et là encore sans inflation).

Les Crimes de Grindelwald a surtout marché au Japon (58 millions), en Chine (57 millions), en Allemagne (44 millions), au Royaume-Uni (44 millions) et en France (34 millions).

La comparaison avec le précédent est là encore mauvaise : en 2016, Les Animaux Fantastiques avait mieux marché en Chine, au Japon, en Corée du Sud et au Royaume-Uni. Côté saga Harry Potter, la saga a atteint de plus hauts sommets encore dans sa dernière ligne droite.

 

Photo Eddie Redmayne, Katherine Waterston Flagrant délit de bide

 

LE BOX-OFFICE FRANCAIS

L’exception française : Les Crimes de Grindelwald a fait mieux que le premier. De peu, mais tout de même.

La suite a attiré un peu plus de 4 millions de spectateurs (4 036 279 selon JPBoxoffice). Les Animaux Fantastiques, c’était 4 000 807 millions d’entrées.

C’est donc le 7e plus gros succès de l’année, derrière Les Indestructibles 2 (5,8 millions) et Les Tuche 3 (5,6 millions), improbable duo en tête. Les Animaux fantastiques 2 a plus intéressé que Black Panther (3,6 millions), Jurassic World : Fallen Kingdom (3,6 millions d’entrées), Mission : Impossible – Fallout (3 millions), Venom (2,2 millions), Ant-Man et la Guêpe (1,8 million), et Solo : A Star Wars Story (1,4 million).

Mais tout ça reste très inférieur à la saga Harry Potter, qui a oscillé entre 6 millions (Harry Potter et les reliques de la mort (partie 1) et Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé) et 9,6 millions (Harry Potter à l’école des sorciers).

 

Photo Johnny DeppLa magie parisienne, peut-être (non)

 

LE BILAN

Un calcul approximatif avec les données disponibles laisse conclure que Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald a à peine été rentable en salles, vu les sommes investies. 

C’est plausible : Deadline avait estimé que le précédent film avait généré environ 164 millions de bénéfices (en comptant des revenus liés à la vidéo et aux ventes TV). Soit environ la différence au box-office entre les deux épisodes.

Replacé dans la franchise ou pris pour un film solo, Les Animaux fantastiques 2 est donc une opération ratée pour les comptables. Du moins sur son exploitation classique, puisque les retombées merchandising par exemple, doivent être significatives.

 

photo, Poppy Corby-TuechAllégorie du cadeau de J.K. Rowling à la Warner avec cette saga toute fraîche

 

LES RAISONS

La première : Les Animaux fantastiques n’est pas Harry Potter, tout simplement. Le studio a probablement surestimé la force de la marque au-delà des personnages de la saga principale. D’autant que si le petit sorcier avait pu gagner des millions de fans au fil des livres, Norbert Dragonneau, lui, n’a pas eu ce privilège.

Son histoire est librement inspirée du mini-guide, cité et mentionné dans les aventures de Harry Potter. Et de toute évidence, ce nouveau héros, adulte, n’a pas autant de fidèles prêts à le suivre jusqu’au bout du monde.

 

Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald : photo, Eddie Redmayne« Qu’entendez-vous par ‘tout le monde s’en fout de toi’ ? »

 

La deuxième : l’effet prequel. Si le public est d’abord curieux à l’idée de replonger dans un univers familier, il peut très vite se détourner des grosses opérations des studios. Surtout si l’idée est de prendre en otage le spectateur sur plusieurs années et une foule de prequels-suites, sous prétexte qu’à la fin, ce sera reconnecté aux films si précieux.

La saga Alien l’a récemment payé cher, avec un Alien : Covenant qui a nettement moins bien marché que Prometheus, et qui était lui aussi censé être suivi de plusieurs suites. À trop tirer sur la corde, les studios prennent donc le risque de se retrouver à deux doigts d’être pendus avec.

 

photo, Jude LawChic et poli, ce fan service 

 

Enfin, plus simplement : le film n’a pas satisfait la critique et le public. Sur l’agrégateur de notes américain Rotten Tomatoes (qui a ses limites), Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald est à 37% presse et 59% public, loin des 75% et 79% du premier. Sur Metacritic, c’est moins énorme, mais similaire (52, contre 66).

Dans les salles américaines, la fréquentation a d’ailleurs chuté plus vite (-52%, contre -39% pour le premier). Même son de cloche en France sur Allociné.

À noter que certains estiment que la présence de Johnny Depp a nui au film. Accusé de violence conjugale par son ex-femme Amber Heard, l’acteur a été très médiatisé et sa présence dans un blockbuster familial a été questionnée. Au point de voir J.K. Rowling elle-même prendre la parole et le défendre. Difficile de savoir si cela a rebuté une partie du public.

 

photo, Jude Law, Johnny Depp Méditer dans son reflet et être gêné par un CGI tout laid

 

LES CONSÉQUENCES

La première : le reste de la saga sera au minimum réévalué, d’un point de vue artistique (moins de suites et d’intrigues planifiées sur le long terme) et/ou financier (budgets revus à la baisse pour minimiser les risques). Que le deuxième épisode de cette nouvelle saga (qui est au fond le dixième de l’univers Harry Potter) marque de si tristes records, est un signal fort envoyé par le public.

En octobre 2016, J. K. Rowling avait eu l’audace d’annoncer, avant même la sortie du deuxième, que Les Animaux fantastiques serait une saga en cinq films : « On a toujours su que ce serait plus qu’un film donc on a d’abord parlé de trilogie. Mais maintenant que j’ai bien établi l’intrigue, on est à peu près sûrs que ce sera cinq films ». Un agenda qui sera défini par le succès (ou non) du troisième opus

 

photo, Johnny DeppQuand tu réalises que la super idée de ton agent n’est pas top au final

 

Malheureusement pour la Warner Bros., le sort n’est pas favorable puisque la pandémie a fortement perturbé la production de Les Animaux fantastiques : les Secrets de Dumbledore, sans oublier les polémiques autour de Johnny Depp et sa femme, ainsi que Ezra Miller aux prises avec la justice après une affaire d’agression. Le résultat de tout ça, on le connaît, c’est un troisième volet raté qui met plus que jamais en péril l’avenir de la franchise Harry Potter au cinéma.

Comment la Warner va-t-elle s’en sortir avec la fin de cette série de film ? C’est une situation connue qu’avait subi la saga Divergente qui a annulé ses plans avant même d’avoir clos son histoire, à cause d’un box-office problématique. Le réalisateur David Yates sera t-il remplacé pour les éventuelles suites, après avoir s’être confortablement installé dans la saga depuis plus de dix ans ? Il faudra patienter avant d’avoir des éléments de réponse.

Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald, disponible en DVD et Blu-ray dès le 25 mars.

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Toto

Il faut que Yates dégage, même s’il s’est amélioré au fil des épisodes, il n’a pas le génie et le talent de certains de ces prédécesseur (Cuaron en tète), sa réal est beaucoup trop classique, ça manque de fantasy et de talent de mise en scène. Ensuite, l’un des gros problèmes de ce film, c’est les innombrables incohérence (par exemple : l’apparition de Mcgonagall) que ça soulève alors que J.K Rowling en personne scénarise et supervise le tout, c’est un gros problème. Au niv de l’intrigue, il y a beaucoup trop de scènes de romances, on se perd dans des histoires qui n’intéresse personne et qui ne font pas avancée l’intrigue générale. Après le film n’est pas totalement mauvais, la scène d’intro est jolis.

Si je dois citer le problème de cette franchise : le Réalisateur.

Pseudo81

Effectivement se serait mieux de finir la franchise sur le troisième, plutôt que de faire une non fin, je ne vois pas un publique revenir avec le non-film les Animaux Fantastiques 2.

Sérieusement le film fait n’importe quoi, les personnages suivent un scénario stupide avec des ficelles si ridicule pendant tout le film… Des pirouettes excusables dans les blockbusters quand cela arrive une fois, deux fois voir trois, là c’est des centaines de foutage de gueule.
Ennuyant, mal monter et stupide…. Finissant avec un kamehameha de Croyance détruisant une montagne. L’utilisation de la magie est devenue tellement w*f, N’importe quel plouc lançant des sort informulés, la magie n’a plus aucun sens, le miroir du rised devient le miroir du flashback util. Comment se retrouve tout ce beau monde au même endroit ? Une boule de cristal (la ferme c’est magique) donne le lieux a Flamel et le vendeur de chocolatine, Norbert et l’aurore sont téléporter au pif par une créature qui a heureusement se pouvoir bien utile au scénario…. Voilas une toute petite partie de ce qu’il ne vas pas pour moi dans le film.

bubblegumcrisis

Le problème avec la financiarisation de l’économie, c’est que deviennent non rentables des choses qui pourtant le sont mais ne répondent pas aux attentes des actionnaires. Si le rendement décidé est 20% mais que le film est rentable à 10, et bien le film sera jugé comme un échec. C’est complètement arbitraire et ça détruit la créativité.

Concernant le film en lui-même, cette suite est conçue comme un pur produit lambda interchangeable comme la multitude de blockbusters qui inondent les écrans désormais. Si le premier avait une certaine personnalité le second non. D’ailleurs ce premier film aurait pu se suffire à lui-même si on n’y avait pas collé cette fin avec le Depp albinos annonçant une suite.

Avec ce deuxième opus on nous vend de la préquelle mais on a surtout affaire à une sorte de reboot stéroïdé aux effets numériques dégueulasses avec de l’action mal découpée et aux schémas répétitifs.

Mais le problème majeur est surtout Depp. Outre le fait qu’il a une image publique déplorable il a surtout usé son jeu jusqu’à la corde avec la séries des Pirates. Il est juste devenu insupportable à regarder – une sorte de caricature de lui-même – et en méchant il ne convainc pas. Pas plus d’ailleurs que Jude Law en Dumbledore.
Deux erreurs de casting à mon sens.

L’univers de Harry Potter aurait dû être adapté en série depuis longtemps maintenant. Il y a matière, rien qu’avec les premiers livres de faire un très grand nombre d’histoires et de spinoff.

Dateuss

Personnellement, le côté antipathique du héro m’a déplu et son manque certain de charisme n’a pas arrangé les choses. Comment s’attacher à un personnage qui dans son écriture ne crée pas l’adhésion ! A trop vouloir faire originale….

RaidenX

Rien ne fonctionne dans cette nouvelle saga faite uniquement pour l’argent sans aucune vision artistique ou scenaristique. Le heros et la quasi totalité des personnages secondaires sont creux et antipathiques, le scenario part dans tous les sens et se perd en sous intrigues ininteressantes, les scenes de magie sont plates, franchement avec un peu d’objectivité c’est un naufrage, tout comme une autre saga mythique qu’ils ont récemment relancée. Le seul point que je sauverai contre ses détraqueurs c’est Johnny Depp en Grindelwald, qui semble être sorti de son cabotinage surusé de Jack Sparrow pour apporter une nuance et un charisme inattendus à son personnage. Bref poubelle.