Divergente 3 : Au-delà du mur - critique pubère

Geoffrey Crété | 6 mars 2016 - MAJ : 04/04/2020 19:10
Geoffrey Crété | 6 mars 2016 - MAJ : 04/04/2020 19:10

Les amateurs de young adult post-apocalyptique l'attendaient avec impatience, les autres un peu moins. Troisième épisode de la série adaptée des livres de Veronica Roth, Divergente 3 : Au-delà du mur obéit sagement aux règles du genre tout en essayant d'élargir la mythologie de la franchise et assurer le spectacle à tout prix. Cette modeste mission est-elle remplie ?

LA REVOLTE AU-DELA DU MUR DU LABYRINTHE

En quelques années, le filon des superproductions "adulescentes" aura usé les archétypes du film post-apocalyptique : la ville en ruines, la société totalitaire, la technologie futuriste, la dérive des institutions, la révolte des classes populaires. Autant de clichés qui ont remplacé les couloirs de lycée et les bals de promo des teen movies, tandis que les adultes déphasés sont devenus des politiques furieux et sans foi ni loi. 

Popularisé par Hunger Games, Le Labyrinthe, The Giver, Les Ames vagabondes ou encore La 5ème Vague, ce nouveau genre a d'abord semblé excitant. Mais il est vite devenu une recette comme les autres, que Divergente 3 se contente d'exploiter sans y apporter de nouveauté. On pourra sans mal pointer une foule de points communs avec les aventures des autres post-ado guerriers, d'autant que la superproduction n'essaie même pas de camoufler les coutures de son intrigue cousue de fil blanc. Ainsi, l'antagoniste est révélé dans la bande-annonce alors qu'il est le noeud de l'intrigue, qui le traite comme un twist. 

 Allegiant Quel super beau couple (non)

 

BIENVENUE A GATTACACA

A l'image de ces costumes trop propres, de ces corps trop maquillés, de ces paysages incrustés derrière la face des acteurs en studio, et de cette exploration consensuelle des grandes thématiques de la science-fiction (l'eugénisme, la guerre nucléaire), l'entreprise sonne creux. Pourtant, Robert Schwentke (réalisateur du précédent épisode, mais aussi de Flight Plan avec Jodie Foster et du four international : R.I.P.D. : Brigade fantôme avec Jeff Bridges et Ryan Renolds) s'emploie à emballer la chose avec suffisamment de rythme et d'efficacité pour lui donner vie.

Avec une foi presque aveugle en son histoire et ses coups de théâtre prévisibles, il donne suffisamment de vie à son récit pour offrir un spectacle qui se regarde avec amusement.

 

Photo Miles TellerQuel personnage (non)

 

Dommage cependant que des acteurs de premier plan comme Jeff DanielsOctavia Spencer et Naomi Watts (qui insufflerait presque une âme à son personnage) soient sous-exploités. Le réalisateur préfère ainsi filmer une nouvelle génération pas très convaincante, dont le jeu d'acteur flirte parfois dangereusement avec le cartoon (Miles Teller, insupportable).

Divergente : Au-delà du mur est en outre servi par un scénario qui, à défaut d'enrichir le refrain pseudo-politique, a l'heureuse idée de ressembler à un récit complet. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour nous ça veut dire beaucoup : Divergente ne reproduit par l'erreur du médiocre Hunger Games : La Révolte, 1ère partie, dont le manque de consistance a logiquement condamné le 4ème et dernier épisode. De quoi éviter le pire donc, mais certainement pas y voir autre chose qu'un produit pré-fabriqué aussi amusant qu'inutile.

 

Poster

 

Résumé

A condition d'accepter le caractère très consensuel du young adult post-apo, Divergente 3 offre 2 heures de spectacle coloré et rythmé, qui assurent la mission et ne donnent presque pas envie de crier au scandale comme les derniers Hunger Games.

Lecteurs

(4.0)

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commentaires

markkus
13/03/2016 à 22:57

spectaculaire par les effets spéciaux...mais un scénario sans origininalité

Zapan
08/03/2016 à 11:35

Sounds like bullshit to me...

Mordhogor
08/03/2016 à 08:26

Je sais... je devrai pas intervenir sur une page ne m'intéressant pas... Mais d'une y'en a marre des films avec des ados pour héros... et de deux, celui-ci a l'air aussi engageant que l'actrice est séduisante ! Il l'ont choisie pour sa capacité à endormir les instincts primaires de l'homme ? Quel regard inexpressif !!!

Wut
07/03/2016 à 12:07

Mais ce passage forcé à l'âge adulte est une métaphore, une manière d'incarner (en spectaculaire, en épique, voire en absurde) le conflit interne d'un adolescent qui commence à penser seul, à se construire face à la société, l'autorité des adultes, les pulsions de son corps.

On a des héros qui ont souvent des réflexes très enfantins, sont aveugles face à des trucs évidents (genre le bad guy ici) car naïfs, idéalistes, parfois incapables de prendre des décisions et comprendre des politiciens pragmatiques. Ils sont projetés dans des rôles d'adultes, de soldats, de guerriers, et si ce sont des corps d'ados ou post-ado c'est justement (pour moi) assez symbolique.
Donc je trouve que parler de "superproductions adulescentes" avec les young adult ça a du sens.

(et bon, "débattre éternellement" après une seule réponse... pour le coup le mot est mal employé :) c'est justement intéressant de "débattre" plutôt que sortir "j'adore ces films" ou "c'est de la merde")

diez
07/03/2016 à 11:57

Je ne trouve pas, dans le sens où ces gamins ont été sortie de leur insouciance de force. Le mot est une application psychologique d'un comportement spécifique de l'adulte au sens propre qui refuse de grandir. Dans ces sagas ados, les gamins restent des gamins au comportement gamin avec la responsabilité de renverser l'ordre des choses.

Enfin on va pas debattre sur un mot eternellement. ^^

A part cela, Divergente avait ete un film bien sympatique, mais sa suite une horreur sans aucun sens, pas sûr de vouloir voir la suite.

Wut
06/03/2016 à 20:18

Adulescence : "Le terme désigne le prolongement de l’adolescence en dépit de l’entrée dans l’âge adulte".
C'est un mot au sens un peu diffus, employé à toutes les sauces certes mais pour des jeunes adultes devenus soldats et dissidents politiques, en pleine découverte sexuelle et sentimentale, qui gagnent leur indépendance physique et intellectuelle, ça me semble bien adapté...!

Diez
06/03/2016 à 19:46

"adulescentes" n'est absolument pas un terme adapté à ce dont vous parlez. ;)

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