Critique : Gamins (Les)

Perrine Quennesson | 17 avril 2013
Perrine Quennesson | 17 avril 2013

La crise, toujours la crise. Oui, mais cette fois il s'agit de celle de la cinquantaine. Et dans le film co-écrit par Max Boublil et Anthony Marciano, c'est Alain Chabat qui incarne cet homme au bord de la crise de nerfs. Finalement, il fond un câble et décide de tout lâcher : femme, argent et même pantalon. Le souci est que dans son enthousiasme adolescent retrouvé, il entraine son futur gendre qui, bonne pâte, voulait l'aider et se retrouve lui aussi enlisé dans cette illusion de liberté.

Attention, ce n'est pas parce qu'il s'agit d'un pétage de plomb que le film est un drame sur les affres du mariage et les conséquences de l'abandon du foyer. Au contraire, Les Gamins est une comédie au rythme assez hallucinant. L'abattage y est tel que même si les quatre premières vannes ne fonctionnent pas, vous ne pourrez esquiver la suivante. Et cette force comique vient en grande partie d'un Chabat en pleine forme que l'on n'avait pas vu aussi drôle depuis Prête-moi ta main. Avec son physique de mec normal, il parvient à humaniser ce fantasme d'homme qui veut vivre sa vie. En comparaison, Max Boublil semble un peu écraser par cet ex-Nul mais parvient à être touchant en jouant ce jeune premier qui a le malheur de suivre son ainé.

Et les filles dans tout ça ? Et bien, c'est un peu là que le film pêche. Car si ce portrait d'hommes, finalement émouvants dans leur immaturité, est assez réussi avec tout ce qu'il peut avoir de pathétique et de cocasse, les clichés quasi-misogynes, eux, ont la vie dure. Car, c'est bien connu, les femmes ne sont que des castratrices, empêcheuses de tourner en rond, chiantes et obsédées par le mariage, la maison et les enfants ou, à l'opposé, de vraies saloperies croqueuses de diamants. Sympa ! Même si l'on sent que cette caricature n'a pas vocation à être prise au sérieux, elle diminue tout de même les personnages féminins à de simples stéréotypes, empêchant toute véritable identification. Si, sur la fin, le film se rattrape, c'est au détriment d'un certain jusqu'au-boutisme pour mieux plonger dans la rom-com.

Pas très subtil, sauf quelques passages à l'humour ciselé comme l'anniversaire d'un grand-père germanophile d'une certaine époque, Les Gamins est calibré pour faire rigoler grassement.  Et en ces temps de famine du rire dans la comédie française, on se dit que c'est vraiment de bon aloi.  

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