Critique : Hold-up

Sandy Gillet | 15 août 2012
Sandy Gillet | 15 août 2012

On avait un peu perdu de vu Erik Skjoldbjaerg depuis l'excellent Insomnia qui fut remaké avec beaucoup moins de brio par Nolan en 2002. Certes, quelques uns se souviennent de Prozac nation surtout pour son affiche où l'on pouvait voir une Christina Ricci « légèrement » dévêtue, et puis c'est tout. Hold-Up vient donc à point nommé nous rappeler que le cinéaste norvégien n'est pas mort, cinématographiquement parlant s'entend. Mais surtout qu'il est capable de se renouveler complètement en mettant en image d'une façon toute personnelle le plus grand casse de tous les temps en Norvège. En VO le film s'appelle Nokas du nom justement de la banque qui fut braqué au petit matin du 5 avril 2004 par onze individus qui ont dérobés 8 millions d'euros dont plus des trois quarts n'ont jamais été retrouvés.

Ce préambule détaillé pour coller en fait avec la minutie quasi maniaque d'une mise en scène qui s'attache à mettre en image de la façon la plus exhaustive possible toutes les étapes d'une opération quasi militaire qui va largement déraper. Caméra à l'épaule, Skjoldbjaerg semble vouloir s'attacher à réaliser une sorte de documentaire qui expliciterait les multiples points de vus sans pour autant les unifier autour d'une sémantique ou d'un fil rouge quelconque. Mais ce serait oublier un montage radicalement esthétique qui fait la part belle à de longs plans-séquences où le protagoniste choisi délimite le cadre de l'action et fait basculer l'histoire vers quelque chose de plus subjectif. Pour autant Hold-Up reste très ancré dans une réalité trop objective pour que le spectateur joue le jeu complètement. Baladé d'un bout à l'autre du spectre narratif, balloté entre plusieurs personnages dont il n'a finalement que faire, il finit même par suivre tout cela d'un œil un peu détaché voire peu impliqué.

C'est un peu donc la limite de ce film clinique où il ne faudra pas s'attendre de surcroit à  trouver des plans à la Heat, tout au plus une dramaturgie bien nordique qui désamorce d'entrée toutes velléités de sensationnel. À des années lumières donc des canons hollywoodiens mais qui sonne comme un regard neuf dans la façon d'appréhender un épisode violent dans la vie d'un pays peu habitué à de tels excès. Une déviance toute européenne qui permet même à Skjoldbjaerg de charger in fine quelque peu la police de son pays, certes peu entrainé pour affronter un tel scénario, dont il est (dé)montré ici que son action fut loin d'être sans reproches. Une manière comme une autre de renvoyer tout le monde dos à dos sans que l'on n'y trouve rien à redire.

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