Films

Warrior : Critique

Par Simon Riaux
16 août 2011
MAJ : 19 août 2020
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Gavin O’Connor ne nous avait pas fait forte impression avec son pâlot Prix de la loyauté, aussi semblait-il ne pas y avoir grand chose à attendre de Warrior, qui s’annonçait sur le papier comme un Rocky fraternel à la sauce MMA, mâtiné de déshérence sociale. Et pourtant, visiblement porté par un sujet qui le passionne, ainsi que des comédiens et des personnages en lesquels il croie dur comme fer, le réalisateur finit par nous laisser groggy.

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De prime abord maîtrisée et sage, la mise en scène se fait puissante et aérienne entre les séquences de combat, saisissantes de réalisme. Un impact d’autant plus important que le scénario ne s’embarrasse d’aucune fioriture pour mieux embrasser la destinée dramatique de ces deux frères, esprits et corps lancés l’un contre l’autre, qui ne pourront trouver la paix qu’à la force de leurs poings. Cette plongée dans un univers dur et crédible n’oublie jamais de prendre de l’ampleur, à force de fulgurances amères, à l’image de Nick Nolte, anéanti et à la dérive, psalmodiant des passages de Moby Dick, qu’il écoute en boucle.

 

 

L’acteur est impeccable de justesse dans la peau de ce père et entraîneur désormais condamné à la défaite. Il n’est pas seul, car Joel Edgerton et Tom Hardy lui tiennent la dragée haute. Le premier parvient à nous faire croire en cet improbable enseignant forcé de remonter sur le ring pour sauver sa famille de la banqueroute, quand le second électrise l’écran de rage primale, de révolte auto-destructrice. Ces trois destins fracassés sont tour à tour le Warrior du titre, un homme brisé dont les derniers éclats de noblesse résident dans le combat où il se lance à corps perdu, dans un monde qui réserve ses guerriers non pas au front, mais au cirque perpétuel du divertissement de masse.

 

 

 

Gavin O’Connor semble porté autant, sinon plus, par la passion qu’éveille en lui son sujet que par son seul talent de mise en scène. Mais c’est bien là ce qui fait la beauté et la force de ce Warrior, qui ne retient jamais ses coups et livre sous nos yeux un combat de titan, dont la victoire n’est pas l’objet. Dans cette société qui peut laisser se noyer ses membres les plus faibles, se disperse en guerres qui ne méritent pas ce nom, où même les arènes sont parées d’atours de fête foraine, il reste des guerriers. Gavin O’Connor est de ceux-là.

 

 

 

 

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