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Transformers 3 : La face cachée de la Lune – critique lunaire

Par Simon Riaux
28 mai 2023
MAJ : 30 mai 2023

Après Transformers et Transformers 2 : La RevancheMichael Bay retrouve Shia LaBeouf, sans Megan Fox cette fois, pour une troisième aventure toujours réalisée par Michael Bay qui marque la fin d’une trilogie et d’une époque.

Transformers 3 : La face cachée de la Lune : photo

réfléchir après

Les premières minutes de Transformers 3 ressemblent à un vigoureux doigt d’honneur adressé par Michael Bay à ses détracteurs. En moins de temps qu’il n’en faut à une rétine pour se décoller, le réalisateur nous offre un condensé de son univers : poursuite spatiale spectaculaire, patriotisme exacerbé et plan racoleur sur les attributs d’une femme qu’on n’abordera plus que par le côté voluptueux de la lorgnette. Le maître incontesté de la destruction est de retour, et vous allez en avoir pour votre argent.

 

Transformers 3 : La face cachée de la Lune : photo, Shia LaBeoufLa dernière course pour Shia LaBeouf

 

Si vous espériez que John Malkovich apporte à l’ensemble une tonalité différente, voire rehausse la qualité de jeu de ses petits partenaires, asseyez-vous sur vos espoirs. Ne comptez pas non plus sur Frances McDormand, qui parvient à concurrencer John Turturo dans la course à la composition du personnage le plus insupportable. L’ensemble du casting fait baigner le film dans une constante hystérie matinée de clichés, seul Patrick Dempsey surprend, et nous amuse de veule roublardise.

Évidemment, les allergiques à l’idéologie guerrière et au chauvinisme belligérant risquent de sérieux chocs anaphylactiques pendant le visionnage, la beauté toute martiale d’un silo à missile dans le soleil couchant n’étant pas accessible au premier venu.

 

Photo Rosie Huntington-WhiteleyPlan pub de parfum

 

michael boom

La liste des aberrations et autres défauts qui parsèment le film pourrait être encore longue, tout comme celle de ses qualités. Ces dernières sont d’abord d’ordre techniques. Les effets spéciaux sont superbes, et c’est peu de le dire. Qu’il s’agisse d’images de synthèse, de cascades ou de la 3D, tout est à couper le souffle. Il faudrait être de mauvaise foi pour prétendre ne pas prendre un sacré pied lors des séquences d’action. Peut-être aidé par les contraintes de la troisième dimension, la mise en scène de Michael Bay se fait désormais plus ample, moins épileptique et hachée.

Cette progression notable dans la gestion de l’espace permet à la dramaturgie de jouer enfin son rôle, et de rendre plusieurs scènes durablement marquantes, à l’image d’un vol plané au coeur de Chicago qui a de quoi décrocher la mâchoire, ou encore d’une attaque autoroutière dont la brutalité accompagne parfaitement la montée en puissance du scénario. Le scénario ? Il y en a bien un, et s’il est quelques fois beaucoup trop bavard, il donne enfin aux personnages (humains comme robots) des motivations claires, et convoque des enjeux cohérents. Enfin, Shia Labeouf et Tyrese Gibson ont plus excitant à faire que regarder trois machines de l’espace se fendre la poire à coup de missiles.

 

Transformers 3 : La face cachée de la Lune : photo« On a bien tout pété, hein ? »

 

Si Michael Bay n’a pas abandonné ses tics et ses habitudes de destructeur impénitent, il semble les utiliser, les agencer, plutôt que de les lancer à la figure du spectateur de manière éparse et chaotique. Dans cette perspective, Transformers 3 prend un alors un tour plutôt réjouissant, totalement décomplexé, et dont se retire un plaisir certes régressif, mais bien réel. À tel point que la chose se transforme en un ride improbable, une carte postale encore fumante de l’Amérique fantasmée par le réalisateur.

Cette dernière est une sorte de contrée mythique, où les femmes sont aussi belles que les hommes sont musclés, où les drapeaux flottent devant chaque maison, tandis que ceux en âge de tenir une arme se battent pour une liberté jamais assez bien défendue. On a souvent dénoncé la vision du papa des Transformers comme étant un horrible tract républicain, mais elle est ici plus proche d’un rêve puéril et délirant, souvent touchant dans sa démesure et sa grandiloquence.

 

Affiche

Rédacteurs :
Résumé

Non, Transformers 3 n'est pas digeste, c'est un plat de résistance, et des plus riches ; étrangement, ce sont souvent les meilleurs. L'avantage du cinéma, c'est que même en été, il n'y a personne dans les salles obscures pour voir si vous avez la ligne.

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Flo1

Michael Bay voulait vraiment faire un opus plus sombre… Promesse non tenue. 
La première partie est surchargée en humour encore plus crétin et hystérique. Et le capital sympathie des persos présent dans les 2 premiers films s’est envolé en même temps que Megan Fox (a priori à cause de Spielberg, puisque Bay la réengagera pour « Ninja Turtles »). Laquelle est une vraie comédienne contrairement à Rosie Huntington-Whiteley – réduite dès le début à des jambes et des fesses, puis à devenir une demoiselle en détresse, et (pour qu’elle ne fasse pas trop pitié) lui offrir une scène de manipulation avec Megatron, complètement improbable. On sent bien que tout ça a été écrit pour Fox, et a du être réadapté à la va-vite.
Et puis quel intérêt de nous sortir une histoire d’espionnage « complexe », avec des Decepticons préparant une invasion depuis des décennies, si c’est pour ne pas aller au bout de toutes les idées exposées ? Il ne reste pas grand chose d’intéressant dans ce script (sans Alex Kurtzman et Roberto Orci, mais avec le peu subtil Ehren Kruger), qui refait encore la même chose qu’avant, humilie encore Sam alors que ça n’était pas très utile de le montrer galérer dans la recherche de travail… où un détail scénaristique crucial lui tombe dessus comme par hasard (ainsi qu’une arme à feu avec laquelle il n’a aucune crédibilité).
Et nous redonne une théorie complotiste liée à cette fois à la conquête spatiale, expurgée maintenant de tout esprit aventureux… avec une inversion – cette fois c’est un Autobot qui trahit les siens. Et le cousin par alliance de Bay, Leonard Nimoy, nous donne quand-même un bon antagoniste, au visage bien plus reconnaissable d’ailleurs (une sorte de Spock maléfique et baraqué).

Mais « Transformers », c’est avant tout de la baston et ça doit être bien fait, pas « intellectualisé ». Alors quand on passe au carnage de la deuxième partie, on a déjà un peu décroché. 
Bay se rattrape un peu en s’amusant avec des outils que personne n’a utilisé de cette façon au cinéma – les wingsuits, et puis une 3D étonnante.
Et aussi en faisant du film de guerre urbain, mâtiné d’une touche de super-héros – c’est simple la bataille de Chicago, c’est celle de New-York dans « Avengers » l’année d’après, en un peu moins laid, plus trépidant (la séquence de l’immeuble qui s’écroule est incroyable)… forcément, Joss Whedon a fait appel aux mêmes équipes que Bay, mais avec plus de fonds verts.
Par contre pour la distillation du suspense, c’est bien plus mécanique chez Bay – Bumblebee est sur le point de se faire exécuter, mais on ne comprend pas comment il s’est retrouvé là… Optimus a droit à une arrivée en majesté, mais sa longue absence n’est pas construite (il met du temps à rejoindre le champ de bataille, puis il se fait coincer dans des câbles et on n’a pas de montage alterné sur ses péripéties).
L’épisode de trop, plus encore que le deuxième, et le point du scénario le plus pertinent c’est tout ce que Bay raconte à propos des migrants, de la façon dont un État démocratique peut se retourner contre eux en les mettant tous dans le même panier.
Michael Bay qui dénonce la xénophobie ? Même avec de gros sabots, ça n’est pas négligeable.

Hasgarn

Le 1, ça passe.
Le 2, ça passe aussi.
Le 3, …

Autant dans le 2, Optimus Prime manque vraiment à l’équipe, autant là, il est juste ridicule.
Mention spéciale à la minute bourrin avec les ailes … avant de rester coincé comme un con dans des câbles…

Non, vraiment, c’est pas passé du tout

corleone

Les bébés Laplume, Tatane et Loli sont attendus à la sortie par leurs parents respectifs.
Merci.

Treviz

Cadeau les enfants

http://m.bescherelle.com/

Treviz

Sans doute le moins indigeste de la saga, après une grosse journée de taf ou une soirée arrosée.
Bon espoir que Bay se bonifie avec le temps.

S’il vous plaît, relisez vous.
Sentiment d’être confronté à des analphabètes ou des enfants peu portés sur la langue française. ..

Loli

Réellement la saga transformers me fait plaisir avoir.J’ai vu les 5 ,je voudrais tellement quelle sa continue

Tatane

Moi je dit les rageuses aime pas moi jais suivi les 5 et je peut dire que je surkiffe cest film et j’espère que se sera pas fini

Laplume

C’est une de mes meilleures saga et malgré les critiques, les films n’ont fait qu’être meilleur eu fil du temps.

ben

Franchement des scènes de cascade a couper le souffle!! Mais la scène de bee avec john M ??? La drogue ca fait des ravages lol

LaTeub

Immonde film pour beaufs en manque de sensation… C’est vrai, les effets sont superbes (c’est le cas pour tous les autres volets), ça ne fait pas un bon film.