Critique : Swordsmen

Stéphane Argentin | 14 mai 2011
Stéphane Argentin | 14 mai 2011

Surtout connu pour sa longue carrière (près de 25 ans dans le métier aussi bien en tant que producteur que réalisateur) dans les genres aussi variés que comédie / romance / drame (voire les trois à la fois), Peter Chan Ho-Sun s'est tout récemment tourné vers le cinéma d'action avec le très sympathique Les Seigneurs de la guerre. Aujourd'hui, il remet le couvert en se frottant au genre phare en Chine : le Wu Xia Pan.

Pour autant, mieux vaut prévenir les amateurs d'entrée de jeu : Wu Xia (titre oh combien évocateur s'il en est) ne comporte en tout et pour tout que trois séquences martiales : au début, au milieu et à la fin. Dans la grande tradition du genre (sabres, câbles et enchainements pieds / poings), ces dernières, chorégraphiées par Donnie Yen (qui tient également le premier rôle), ne cherchent pas outre mesure à jouer la carte de la surenchère à base de « un contre cent » tout en détruisant les trois quart du décor autour. Non, là encore, le but est plutôt le corps à corps intimiste façon « un contre un ». Soit une partie martiale dont l'approche se situe dans la parfaite continuité du cœur du récit : celui de la rédemption d'un homme, grand hors-la-loi de son état et de son époque, qui n'aspire plus qu'à une vie paisible au milieu des champs avec femme et enfants mais qui au final est rattrapé par son passé trouble.

Avec son générique d'ouverture à la musique très léonienne et sa somptueuse photographie combinant plans larges sur le petit village et gros plans sur les visages, Wu Xia rappellera au choix le brillant Impitoyable de Clint Eastwood et/ou le western spaghetti. D'autant que le combat inaugural, examiné ensuite façon CSI : Les Experts (avec Takeshi Kaneshiro dans le rôle du Grissom de service), n'est pas dénué d'humour comme le grand Leone savait si bien le faire. Par la suite, le récit bascule peu à peu dans le drame, parfaitement servi en cela par des comédiens au diapason, à commencer par Donnie Yen (dont on ne dira jamais assez qu'il n'est pas uniquement doué pour l'action) et la délicieuse Wei Tang (vu dans le très délicat Lust caution de Ang Lee). Et si le déroulement et la conclusion de ce drame n'ont rien de bien surprenant, versant ici et là dans les prouesses surhumaines chères au genre, cette attention portée aux personnages et à leurs histoires respectives forcerait presque davantage le respect que l'action pure. Wu Xia ou l'art de reprendre toutes les attentes d'un genre codifié pour y injecter plus de cœur que de muscles.

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