Sucker Punch : critique

Laurent Pécha | 29 mars 2011 - MAJ : 10/08/2018 22:19
Laurent Pécha | 29 mars 2011 - MAJ : 10/08/2018 22:19

A 45 ans passés et après avoir souvent brillamment adapté le travail des autres (Watchmen et 300 en tête), Zack Snyder s'émancipe enfin et signe avec Sucker Punch le premier...porno fétichiste grand public !???!!! 

A la barre de son premier scénario original, le cinéaste américain n'y va effectivement pas par quatre chemins : son récit est tout entier construit autour de quatre séquences d'action dantesque comme autant de scènes de sexe auquel s'adjoint une histoire abracadabrante qui comblera, il faut bien recharger notre cerveau, notre attente et désir de voir se mouvoir 5 magnifiques donzelles face à des adversaires aussi délirants que des samouraïs de 15 mètres de haut armés de sulfateuse, des soldats allemands zombies, un dragon ou encore des robots dernier cri.

 

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Par le passé, Snyder a prouvé qu'il n'avait pas son pareil à Hollywood pour foncer tête baissée dans l'icônisation à outrance et Sucker Punch est à ce jour le point de non retour du réalisateur. Ah ces jeunes femmes habillées dans des tenues qui feraient frémir de plaisir le moindre eunuque, Zack les filme avec cet œil fétichiste qui nous dilate la rétine. A coups de ralentis et plans totalement fabriqués par ordinateur mais toujours inventifs dans leur représentation, Snyder créé des guerrières uniques en leur genre. Les voir mettre des branlées à des ennemis aussi féroces en apparence que faciles à dégommer, procure un orgasme cérébrale compulsif qui risque de séduire autant les hommes que les femmes...Mais pas pour les mêmes raisons !  

 

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Le bonhomme a cette capacité, bien plus encore que Tarantino, de digérer tout ce qui le fascine dans la vie et les arts pour créer son propre imaginaire. En résulte un univers comme nulle part ailleurs où l'on navigue dans un étrange hôpital psychiatrique tenue par une professeur sexuée au possible (Carla Gugino et ses tenues estampillées escort-girl). Où l'attraction principale est la capacité d'une jeune femme à mettre en transe tout son entourage (surtout masculin) à travers un numéro de danse qu'on imagine incroyablement érotique (on ne le verra jamais, celui-ci étant le déclencheur du passage dans le monde virtuel où les armes prennent le dessus). Où un Scott Glenn truculent se la joue vieux bouddha sage distillant à chaque mission de savoureux conseils et un avertissement sous forme de dicton. Où les musiques de standards incontournables sont réinventées pour magnifier une esthétique visuelle déjà impressionnante à l'image de la sombre ouverture du film, muette, sur fond de Sweet dreams d'Eurythmics.

 

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L'histoire développée a beau ne pas voler haut (la director's cut visible en Blu-ray changeant considérablement la donne), Snyder est assez malin pour suffisamment insister sur les codes du conte initiatique pour que son récit tienne la route lors des séquences de « parlotte ». Les plus émotifs pourront même être ébranlés par la noirceur finale de l'entreprise (remember the title). Et puis, comme tout bon porno, on n'est pas venu ici pour voir des jeunes femmes papoter. On est venu pour les admirer dans l'action et ça, c'est mission archi accomplie : les filles de Zack répondent à nos attentes plus que de raison. Elles sont l'essence suprême d'un spectacle visuel à la jouissance primitive rare.

 

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Résumé

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