Sanctum : Critique

Laurent Pécha | 22 février 2011
Laurent Pécha | 22 février 2011

Depuis Avatar, James Cameron ne perd jamais l'occasion de fustiger ceux qui utilisent mal sa 3D (à l'écouter, on se demande parfois si ce n'est pas lui qui l'a inventée). Alexandre Aja en avait, par exemple, pris pour son grade lors de la sortie de Piranha 3D. Et voilà que le bonhomme se met à produire lui aussi un film en 3D qui se passe en grande partie sous l'eau. On allait donc voir ce que l'on allait voir : la 3D aquatique made in Cameron, c'est d'un tout autre niveau !

Euh, ben non ! Si on excepte quelques plans vraiment réussis qui joue avec la profondeur des caves sous-marines, perdant les plongeurs dans l'immensité du décor, l'expérience 3D est des plus quelconques. Pire, comme le film se passe dans un environnement sombre, la perte de luminosité due au procédé 3D s'avère plus d'une fois très préjudiciable. Donc, Sanctum, on n'y va pas pour la 3D !

 

 

Mais peut-on y aller pour ce qui reste avant tout l'essentiel : son histoire ? Euh, ben non bis ! Et ça, les scénaristes ne peuvent s'en prendre qu'à eux. Avec une ouverture sous forme de flash-forward qui copie allégrement Avatar, les auteurs du film tuent tout embryon de suspense. Une hérésie quand on joue la carte du film catastrophe reposant souvent sur le « qui va s'en sortir ? ». D'autant plus dommage que le casting est composé de comédiens relativement peu connus (voire pas) du grand public, permettant ainsi de brouiller les pistes sur le sort des protagonistes.

 

 

Restent alors à découvrir les péripéties qui vont s'enchaîner obligeant toute une bande de  chercheurs-plongeurs à s'aventurer dans les profondeurs de grottes subitement immergées à la suite d'une tempête tropicale.  L'impression de déjà vu est alors de mise et comme la psychologie des personnages reste dans le domaine de l'archétype (le milliardaire arrogant, le savant bourru, le fils qui tente de s'affirmer,...), le spectacle ne décolle jamais vraiment (logique pour un film sous-marin dirons les mauvaises langues).

 

 

On s'amusera néanmoins du côté macho de l'œuvre qui réserve aux femmes les morts les plus horribles et le savoir-technique associé à des décors bien mis en valeur sera susceptible de séduire les moins difficiles.  Pour ce qui est de l'expérience à couper le souffle promise par l'affiche, c'est une toute autre histoire. Eh, James, y a pas que les autres qui mentent sur la marchandise finalement !

 

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