The Ward : Critique

Laurent Pécha | 11 octobre 2010 - MAJ : 28/07/2020 15:24
Laurent Pécha | 11 octobre 2010 - MAJ : 28/07/2020 15:24

Enfin, Carpenter est de retour ! 

10 ans d'attente, que sa participation à la série Masters of horror n'avait su combler, surtout quand on se souvient de son exécrable épisode de la saison 2 (le pire « truc » que Big John  n'ait jamais filmé). On en venait presque à se dire qu'on ne reverrait plus sur un grand écran ce fameux « John Carpenter's ». Et puis The Ward est arrivé. Un projet à priori sans grande ambition que le cinéaste se contente « juste » de filmer, délaissant même le soin de la bande originale à un autre (sans pour autant que cette dernière ne démérite). De quoi frémir à l'idée que le bonhomme allait confirmer qu'il est désormais dans la même forme « olympique » que ses potes Romero, Argento et autres Craven. Il ne faut qu'une poignée de secondes et quelques plans magnifiques d'un hôpital des 60's pour que Carpenter nous rappelle qu'il maîtrise comme personne le cinémascope.

 

photo, Amber Heard

 

La séquence pré-générique de The Ward - le meurtre d'une jeune pensionnaire par une étrange force maléfique - est redoutable d'efficacité mais elle stigmatise malheureusement aussi les limites du film : son absence d'originalité. Condamné par un script sans réel surprise (hormis un final qui aurait mérité de survenir bien plus tôt dans le récit), Carpenter doit se contenter du statut de solide artisan qu'il a toujours revendiqué sans pouvoir étaler le génie que ses fans ont toujours décelé dans sa filmographie. Heureusement, l'homme n'a pas perdu sa grammaire cinématographique pour autant et The Ward offre un éventail conséquent de séquences bien troussées, juste tempérées par des « jump scare » trop faciles, apanage d'ordinaire réservé à des cinéastes bien moins prestigieux que Big John.

 

photo

 

Faut-il y voir une concession au cinéma d'horreur des années 1990-2000 ou une simple paresse du réalisateur ? On est tenté d'opter pour la première impression car lorsqu'il s'agit de raconter son histoire de fantôme venu tourmenter et assassiner les jeunes filles internées d'un hôpital psychiatrique des plus stricts (la chef infirmière ayant sûrement pris des cours avec la Louise Fletcher de Vol au dessus d'un nid de coucou), Carpenter prend son temps, a contrario de ce qui se fait actuellement, filme en plans larges, sobres et calmes une (sublime) Amber Heard qui, elle, est justement prête à bondir hors de sa cage, ne comprenant vraiment pas pourquoi elle a fini enfermée entre quatre murs.

 

photo

 

Si le film n'a pas le temps de se poser assez longtemps pour créer une véritable empathie pour Amber et sa bande, les comédiennes compensent avantageusement cette lacune et parviennent à créer des personnages qui existent suffisamment pour que le danger planant sur elles soit aussi un peu le nôtre. Il faut dire qu'avec Amber Heard, Carpenter a fait LA bonne pioche : après Mandy Lane et son apparition éclair mais remarqué dans Zombieland, le cinéma horrifique va divinement bien au physique angélique de la belle Amber. On est alors d'autant plus frustré que l'histoire ne lui laisse pas le temps de développer son rôle, qui revête trop tardivement une substantielle moelle bénéfique au récit alors sur le point de s'achever. Mais chut, en dire plus serait gâcher les quelques effets de surprise de The Ward, film de terreur classique qui ne bousculera pas du tout le top 10 du cinéaste sans pour autant porter un discrédit sur sa carrière, comme peuvent l'être les œuvres de certains de ses amis des masters of horror.

Et si comme le stigmatise implacablement le si démonstratif plan final du film, le cinéma de Carpenter n'est plus ce qu'il était, on peut aisément avancer qu'il est aussi le parfait reflet du cinéma d'horreur actuel. La machine à remonter le temps est demandée de toute urgence !

 

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