Crazy heart : Critique

Laurent Pécha | 2 mars 2010
Laurent Pécha | 2 mars 2010

A l'instar du génial The Wrestler dont il partage à bien des égards une filiation évidente (le catch étant remplacé ici par la country), Crazy heart, premier film de Scott Cooper, est une œuvre 100% américaine. On y trouve tout ce qui attire et fascine l'œil européen : l'éternel come-back pour se prouver une dernière fois qu'on est encore quelqu'un à défaut d'être le meilleur, la traversée initiatique via le road-movie, la rédemption à travers la sacro-sainte institution de la famille et la performance d'un comédien qui transcende une carrière déjà admirable.

 

 

En suivant ce Bad Blake, sorte de cousin du Big Lebowski - le clin d'œil qui ouvre le film est plus que savoureux -, ancienne star déchue de la country, qui tente vaguement de recoller les morceaux d'une vie brisée avant tout par sa faute, Crazy heart joue dans la cour des films intimistes à la grandeur d'âme infinie. Mais pour y arriver, il ne faut pas seulement le talent d'un cinéaste (Cooper montre plus d'une fois qu'il connaît la signification d'un plan) et la qualité d'écriture de situations pittoresques (ces petites villes perdues du Texas et ses habitants plus vrais que nature). Il faut surtout la présence d'un interprète au sommet de son art qui fasse passer non seulement à travers sa performance mais aussi son vécu d'artiste tout ce spleen bouleversant. Et Jeff Bridges est bien cet acteur là !

 

 

Comme avant lui Mickey Rourke l'avait fait dans le film d'Aronofsky, l'ex Dude surfe sur les clichés, évite tous les pièges du mec qui en fait des tonnes pour épurer son personnage et lui rendre toute sa lumière et sa beauté. Qu'importe toutes les erreurs commises, Bad Blake, on l'aime éperdument tout autant qu'on adore son interprète. Il y a un mimétisme sidérant qui s'effectue alors même que l'histoire, contrairement à The Wrestler, ne fait en rien écho à la carrière de Bridges. Quoique...

 

Résumé

Magnifiquement entouré (Maggie Gyllenhaal en journaliste-mère amourachée du chanteur, a rarement été aussi juste, Colin Farrell en star de la country également), Jeff Bridges touche constamment notre cœur...au point d'avoir un amour démesuré pour ce Crazy heart là. LA performance de l'année... Oscar en vu...et depuis le 7 mars, Oscar en poche !

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