Films

Antichrist : critique

Par Sandy Gillet
18 mai 2009
MAJ : 30 juin 2022
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Attendu comme le messie, le nouveau Lars von Trier risque d’en déstabiliser plus d’un à commencer par les fans les plus hardcores. Ou pas d’ailleurs  ! Peut-être verra-t-on en effet dans quelques années en Antichrist un film visionnaire ou prophétique. Car il est une chose que l’on ne pourra jamais enlever à Lars, c’est sa volonté de se poser en défricheur et sa capacité à en assumer les conséquences.

photo, Charlotte Gainsbourg

Sinon Antichrist ça raconte quoi, ça veut dire quoi, ça démontre quoi et surtout ça veut provoquer quoi ? On va commencer par le prologue en N&B de cinq minutes filmé au ralenti genre « loupe Canal+ » et musique opératique. Il y est question d’un couple dans la douche puis au pieu baisant à mort (au passage joli plan d’insert d’une pénétration vaginale très humide), mais aussi d’un enfant de 3 ans réveillé certainement par tant d’ardeur et qui déambule dans l’appartement, escalade la table du salon et se défénestre… Fin du prologue.

 

photo

 

Lui est psychothérapeute (Willem Dafoe le christ du titre), elle est chercheuse et écrit une thèse sur la persécution des femmes à travers l’Histoire (l’anti du titre, on y reviendra). Tant bien que mal et en trois chapitres, Willem tente de recoller les morceaux d’un couple qui ne veut pas partir dans le décor. Et pourtant  au niveau sortie de route, on va être gâté à commencer par le décor justement qui de l’appart en zone urbaine se transforme direct en un chalet perdu dans la forêt. Et de la reconstruction psychologique du début on tombe rapidement dans une sorte de longs tunnels d’images stylisées façon clips de Björk mais en plus verbeux et beaucoup moins musical.

 

chaos reign

 

Il y est question de putréfaction, de communion avec la nature, d’un renard qui déclame sans rigoler « Le chaos règne » (Sic !), de glands qui tombent sans arrêt sur le toit (à tel point que dans la salle on levait la tête de peur de s’en prendre un sur le coin de la tronche. En Blu-ray et en DTS-HD Master audio cela va être grand !), de couilles qui se font écrabouiller, d’éjaculation sanguinolente, de vagin excisé, de femmes anonymes montant une colline et d’un hommage à Tarkovski (qui a bien fait rigoler les journalistes présents lors de la projection cannoise).

 

Affiche fr

Rédacteurs :
Résumé

On sait Lars un brin misogyne et en perpétuel dépression. Le résultat est Antichrist où la femme n'est que le suppôt de Satan, lui-même créateur de toutes choses dont une mère nature forcément hostile à l'homme. Lars explore et tord le cou à sa façon au film de genre. C'est foutraque et ça laisse tout le monde sur le carreau. Après de là à dire si c'est génial ou non ?

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