Suite à l'interdiction d'Antichrist, Fleur Pellerin réagit et annonce des mesures contre Promouvoir

Jacques-Henry Poucave | 9 février 2016
Jacques-Henry Poucave | 9 février 2016

Après que Promouvoir ait obtenu l’interdiction de La Vie d’Adèle puis d’Antichrist, la réaction de la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, était attendue.

Elle était invitée sur le plateau de 28 Minutes, sur Arte. Interrogée sur les actions qu’elle comptait entreprendre pour sécuriser la législation autour de la classification des films, elle a tenu à rappeler les missions qui étaient les siennes et expliciter son attitude vis-à-vis du groupuscule catholique extrémiste.

« J’ai la mission bien sûr de protéger les mineurs, la jeunesse, contre des images de trop grande violence ou de pornographie, mais mon sujet principal c’est bien de défendre la création. Je n’entends pas me laisser dicter la façon dont on va classifier les films par une association.

Et j’ai demandé au président de la commission de classification du Centre National du Cinéma, Jean-François Mary, de me rendre un rapport sur la manière dont on pourrait faire évoluer la réglementation afin que les juges ne donnent pas systématiquement raison à des associations qui entendent en réalité censurer la création. »

Pour le coup, on souhaite bien du courage à la Ministre, qui se trouve face à un problème épineux. Elle devra à la fois sécuriser le fonctionnement de la commission de la classification, afin que les œuvres ne soient pas menacées légalement ou économiquement par des groupuscules extrémistes et ne représentant qu’eux-mêmes, tout en veillant à ne pas braquer une opinion pas forcément au fait de ces problématiques légales, et naturellement très sensible dès lors qu’il est question de la protection des plus jeunes.

La situation est d'autant plus préoccupante que l'association Promouvoir a fait savoir qu'elle comptait bien poursuivre son combat contre la liberté de création en s'attaquant aux 8 Salopards de Quentin Tarantino et Bang Gang de Eva Husson.

commentaires

Fennec
11/02/2016 à 12:22

D'accord avec Dirty Harry. Exagération et politique de la peur sur ce sujet.

On n'est pas dans la censure à la chinoise, on est dans la reclassification.

Exagérez le trait autant que vous voulez, ça ne rend pas vos articles exacts pour autant.

Kilopo
11/02/2016 à 00:42

Et c'est aux parents d'être responsables de ces gosses. Qui, jusqu'à preuve du contraire, n'ont pas de quoi acheter une place de ciné et ne gèrent pas leurs emplois du temps comme bon leur semble pour se retrouve au ciné sans adulte.
Les parents sont bien capables (car obligés) de contrôler leur consommation d'images, séries et films sur internet où il n'y a quasi aucun filtre, et personne à accuser pour pas assumer leur rôle.

Alix84
10/02/2016 à 22:49

C'est une nouvelle classification qu'il faut à mon humble avis.
Il ne faut pas les interdire. Ça serait régressif mais simplement en restreindre l'accès de sorte à ce que le moins de gosses possibles soient confrontés à des films qui ne sont pas adaptés pour eux.
C'est aux gosses qu'il faut penser avant tout.

Bart
10/02/2016 à 11:25

La liberté de choisir : on oblige personne à voir une oeuvre ou à visiter un musé donc je ne vois pas trop ou est le soucis.
Les petiots restent dans la sphère du privé et sous la responsabilité des parents et non à l'état ou à quelconque service juridique de faire sa loi !

Annatune
09/02/2016 à 20:12

On ne peut pas réduire le débat à "en Irlande c'est plus donc la France a un souci", ou "moi je montre pas ça à mon gamin de 12 ans, la France a un souci".
Ou alors, le problème serait qu'il vous aura fallu attendre que cette association se bouge pour vous dire que c'est un problème pour vos enfants. Parce que la classification, Tarantino, Von Trier, ne datent pas d'hier.

Karlito
09/02/2016 à 19:48

Je vis en Finlande, le film de Tarentino est interdit au moins de 16 ans (14 ans accompagné d'un parent). C'est plutôt raisonnable comme suggestion d'âge. Si en France c'est moins de 12 ans, il y a un vrais problème quand même.

Ethan
09/02/2016 à 18:10

La caricature extrême et la grossièreté (et l'ignorance, au passage), ça sert énormément le propos, c'est certain.

Deckade
09/02/2016 à 18:06

J'ai envie de sodomiser une fille de 7 ans et de me filmer en train de le faire et diffuser la vidéo sur le net. Non? C'est pour la Liberte de création, allez ! Produit par Polanskî, Cohn Bendit et l'union européenne. Non ? Vous êtes trop des réacs de droite ! Méchants fachos !

Lori
09/02/2016 à 17:44

Mais Oliviou, "à partir de 12 ans" ne veut pas dire qu'ils doivent aller le voir.

En revanche, à 12 ans, si un enfant arrive à aller payer une place de ciné, et aller voir un Tarantino sans ses parents, c'est pas à l'Etat d'être jugé responsable. Et si un parent l'y emmène, même chose : ce n'est pas à l'Etat d'être responsable de l'éducation de chacun.

C'est aussi aux parents de contrôler l'accès aux sites internet sur les téléphones, tablettes et ordinateurs, et pas à l'Etat d'être accusé de ne pas bloquer l'accès aux sites aux plus jeunes.
Ok pour un encadrement des choses, mais pas ok à un recours systématique au contrôle d'un Etat pour dédouaner les parents.

Grift
09/02/2016 à 17:40

Ce que je m'explique pas trop pour l'instant, c'est qu'on ne parle pas de responsabilité des juges dans cette affaire.
Qu'est ce qui fait que l'association à gain de cause ? La loi leur donne t-elle raison par défaut ?
Je pige pas trop la....

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