Critique : Bellamy

Sandy Gillet | 25 février 2009
Sandy Gillet | 25 février 2009

Avec Bellamy Claude Chabrol s'amuse encore... mais de plus en plus à nos dépends. Qu'il est en effet triste de constater un lent mais régulier « glissement de terrain » dans la filmographie d'un cinéaste dont le dernier film majeur remonte à 1995 avec La Cérémonie. C'est d'autant plus dommageable que l'homme bénéficie encore et à juste titre d'un statut très enviable de figure incontournable du cinéma français. À ce titre donner l'exemple pour les jeunes générations serait un minimum, continuer à explorer les facettes de son talent est une obligation, le sublimer aussi souvent que possible devant être in fine sa seule ambition.

 

Nulle prétention de faire la leçon ici d'autant que l'on pourrait nous rétorquer que Chabrol n'a plus rien à prouver. Clint Eastwood non plus d'ailleurs. Et pourtant son Gran Torino qui sort au même moment chez nous est juste un petit bijou d'humilité, d'amour et de respect à l'attention du spectateur. Bref Chabrol fait du gros Chabrol qui tâche ce qui permet au passage de faire travailler son clan et les habitués. On retrouve ainsi plusieurs collaborateurs réguliers : le chef-op Eduardo Serra, la costumière Mic Cheminal, mais aussi son fils Matthieu Chabrol (compositeur mais qui fait aussi une courte apparition), sa compagne Aurore Chabrol (scripte) ou encore la fille de celle-ci, Cécile Maistre (assistante, directrice de casting).

 

Le « petit » changement réside dans l'arrivée sur le tard donc de Gérard Depardieu qui traverse le film comme souvent aujourd'hui tel un fantôme un peu désabusé et désorienté. On n'ose même pas imaginer ce qu'une telle rencontre aurait donné il y a seulement une décennie quand les deux avaient encore la gniak. D'autant que cette histoire à la croisée d'un mauvais Simenon et le fait divers vraiment divers qui voit un policier parisien proche de la retraite en vacances dans le sud se prendre au jeu d'une enquête mêlant arnaque à l'assurance vie et meurtre « consentie » par la victime, pouvaient déboucher sur quelque chose de connue certes (ahhh la bourgeoisie de province vue par Chabrol) mais de franchement savoureux.

 

Reste tout de même un vrai talent de conteur, de celui qui est capable de cacher la misère ambiante et de boucher les trous dans le mur d'un scénario un peu gruyère. C'est à la fois beaucoup compte tenu de l'ennuie général que procure le film et au final bien trop peu !

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