Films

The Strangers – critique sanglante

Par François Provost
3 juin 2008
MAJ : 2 décembre 2019
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Entre bouffonnades et grands ratages, le film de genre a beaucoup souffert ces dernières années, quand la vague de remake ne les ressourçaient pas pour ensuite leur marcher sur la gueule (les deux La Colline a des yeux sortis a moins d’un an d’intervalle, en sont un exemple flagrant). Le premier film de Bryan Bertino, soit disant « inspiré d’une histoire vraie » et saluant avec déférence tout un pan du cinéma déviant nous ayant élevé, convie avec son pitch classique au possible toutes les caractéristiques d’un retour aux sources bienvenu.

Photo Liv Tyler

Avec une sortie américaine décalée de pratiquement un an, des rumeurs de remontages et une menace de direct-to-video malgré des échos positifs provenant des festivals ayant projeté le film, on pouvait légitimement se demander de ce qu’on était en droit d’attendre du film. Premier constat, le cynisme qu’on croyait inhérent à ce type de films n’aura pas raison de celui-ci : le film fait peur, très peur. Jouant habilement sur des terreurs classiques (dont celle de l’intrusion), le film fait monter le trouillomètre très haut grâce à des effets pour le moins classique, dont un montage ménageant les apparitions saisissantes de ces masques, et une musique des plus stressantes (Tomandandy au score, déjà responsable du riff agressif de La Colline a des yeux). Liv Tyler, qui s’est faite discrète depuis le marathon Seigneur des Anneaux, et future compagne de Hulk, s’en sort pour le moins honorablement, et compose avec Scott Speedman un couple pour le moins touchant qui s’il n’aura pas l’occasion d’être parfaitement développé, donne au moins du corps dans sa première demi-heure aux victimes (?) du récit.

 

 

Il faut reconnaître à Bryan Bertino la faculté de savoir poser une ambiance lourde, soignant ses cadres en y laissant planer toute la menace latente d’une intrusion dès qu’apparaissent les mystérieux assaillants. Dans l’absolu, The Strangers marque un retour au film d’épouvante d’antan, posant son atmosphère et distillant une peur à l’ancienne (sans effets gores gratuits dans la mouvance actuelle) le rendant très efficace. Néanmoins pas exempts de défauts, dont celui d’abuser clairement de ses effets de montage pour surprendre le spectateur, le film se perd dans son épilogue en rupture totale avec ce qui a été développé précédemment (et ce, dans une paresse des plus déplorables), désamorçant toute l’ingénieuse montée en puissance soutenue par le récit (mais qui se cache derrière le masque ?)

 

 

Huis clos particulièrement éprouvant, The Strangers parvient tout du long à interroger le spectateur sur les motivations de ces assaillants, au final vainement. Car si rien n’est nouveau dans la progression de l’intrigue (le jeu du chat et de la souris tournant vite en rond tout en ménageant ses moments forts), on attendait un minimum d’originalité dans cette relecture des slashers d’antan qui, paresseusement, copie un ainé incontournable des années 70 dans son épilogue. Une analogie qui fait du bien au film de Bertino, qui perd du même coup toute crédibilité pourtant âprement gagné l’heure et demi précédente.

 

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