Eyes Wide Shut : Critique

Thomas Messias | 12 décembre 2007
Thomas Messias | 12 décembre 2007

Ainsi donc, Eyes wide shut restera à jamais le dernier film de Stanley Kubrick, mais également celui dont le tournage aura été le plus long (près de deux ans). Précédé d'un milliard de rumeurs plus ou moins glorieuses (notamment celle faisant état du licenciement de Harvey Keitel pour éjaculation dans les cheveux de Nicole Kidman), Eyes wide shut est d'abord un grand film, aussi indéfinissable que peut l'être un film de Kubrick.

Ni film d'amour, ni film érotique, ni autre chose : Eyes wide shut est, en toute modestie, le récit condensé de la vie quotidienne de l'humanité. Non pas que l'aventure nocturne du docteur Bill Harford soit des plus banales ; simplement, sur quelques jours, Kubrick montre comment naissent et perdurent des sentiments universels comme la jalousie, la curiosité, l'envie, la luxure... c'est-à-dire en fait les sept péchés capitaux, auxquels on ajoute quelques sentiments dérivés.

 


Étape par étape, petit bout de scène par petit bout de scène, Kubrick décrypte la vie d'un couple quasi ordinaire, aux désirs troubles et aux rêves déchus, qui va vivre une crise à distance pendant quelques jours. Bien que visiblement fragmenté, il faut voir Eyes wide shut comme un grand tout : au chevet d'une mourante, dans l'échoppe d'un loueur de costumes ou dans une boîte de jazz, Bill Harford cherche simplement le sens de sa vie, et si l'on ne voit pas sa femme Alice pendant tout ce périple, on devine que de son côté, elle effectue un voyage immobile aussi perturbant.

 


Il avait visité l'espace, le Vietnam et d'autres contrées tout aussi inconfortables ; c'est finalement dans la chaleur d'un foyer new-yorkais que Kubrick trouve la parfaite définition du chaos ; ne s'y trompant pas, il a décuplé la puissance de sa mise en scène, plus discrète mais aussi plus redoutable que jamais. La conclusion laconique du film, qui va bien au-delà de sa dernière réplique, c'est que seul le sexe peut nous sauver. D'où problème, puisqu'il vient tout juste de montrer que c'est justement le sexe qui nous fout dans la panade. Jusqu'à la fin de sa vie, ce cher Stanley aura été un sacré emmerdeur de talent.

 

Résumé

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KEVIN DIOLES
02/08/2019 à 00:25

EYES WIDE SHUT, Bill (Tom Cruise), un docteur reconnu dans la population bourgeoise, et Alice (Nicole Kidman) sa femme sans emploi, vivent avec leur petite fille une vie bien rangée. Un soir, Alice raconte à son mari, un fantasme ou il est absent. Bill l' imagine et se rend jaloux.A partir de cet instant nous allons suivre bill pas à pas tout le long du film. Celui-ci se laisse alors aller vers une dérives érotique, qui nous plonge dans une intrigue sans vraiment connaitre la fin, une intrigue qui est du bluff, mais ou il y a un décès. J'ai adoré l'atmosphère de ce film ( ça ma fait penser au film LA NEUVIÈME PORTE de Polenski) ou on se laisse allé dans une viré de scènes de qui se suivent. La vision de ce couple qui n'est pas à plaindre, mais qui s'ennuie de façon très mortel. Des sentiments troublés qui donne naissance à une psychologie de couple très fracturée.Les personnes qui n'aiment pas Tom Cruise passez votre chemin, il est présent dans chaque scènes. Ce doublage de voix de Tom Cruise (Yvan Attal) le même dans MINORITY REPORT manque vraiment de muscles si bien qu'il devient très dérangeant. Le film n'est pas désagréable,mais si vous êtes une personne blasée vous n'irez pas jusqu'à la fin. MA NOTE: 7.5/10

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