Critique : Une heure près de toi

Par Nicolas Thys
26 juin 2007
MAJ : 29 mai 2024
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Mettant en scène un fameux duo du début du parlant, le français Maurice Chevalier à l'accent prononcé et facétieux et aux mimiques expressives parfois dignes d'un Cary Grant dans Arsenic et vieilles dentelles, et l'américaine Jeanette MacDonald coquette et distinguée, One hour with you est sans conteste l'une des grandes comédies musicales de la première décennie du cinéma sonore.

Réalisé en 1932, soit deux ans avant l'application du code Hays visant à réglementer et déterminer ce qui peut ou ne peut être montré dans le cinéma Hollywoodien, One hour with you va à l'encontre de la pruderie habituelle et laisse percevoir un certain degré d'érotisme dans les propos ou les gestes des acteurs principaux qui renforce indéniablement leur pouvoir comique et anti-moralisateur. Et, même sans être aussi ingénieux techniquement et formellement que Love me tonight de Mamoulian réalisé la même année avec les mêmes interprètes, ce marivaudage de haute volée se pare d'un scénario original, de dialogues en or, d'un humour décapant et de quelques idées de mise en scène originales et osées pour l'époque telle ces interventions du chanteur français qui s'adresse directement au public afin de le rendre complice de ses actes.

Remake des Comédiennes, film muet d'Ernst Lubitsch, ce dernier n'est cette fois plus que producteur avant de se voir obliger de le réaliser en grande partie suite à des tensions entre George Cukor, originellement pressenti, et Maurice Chevalier. Mais loin d'handicaper le film, ces discordes passent inaperçues et cette courte collaboration tourne à l'avantage des deux hommes qui signent là une œuvre particulièrement malicieuse. Preuve que lorsque l'un des rois de la nouvelle comédie hollywoodienne est remplacé par son dieu lui-même, rien ne peut venir contrarier les forces à l'œuvre.

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