Critique : La Ligue des Gentlemen Extraordinaires

Par Stéphane Argentin
19 mars 2007
MAJ : 28 février 2020

Après un From hell sous opium et avant un V pour Vendetta aussi bavard que réussi, Alan Moore faisait pour la deuxième fois l'objet de la convoitise d'Hollywood avec un autre de ses comics : La Ligue des Gentlemen Extraordinaires (LXG en abrégé). De ces trois adaptations (bien que l'auteur ne soit pas crédité au générique de V pour Vendetta), LXG est assurément la moins réussie. La faute à un parti-pris « blockbusterien » rentre-dedans et totalement décérébré où les dollars d'Hollywood ont totalement annihilé la moindre substance des personnages pour n'en conserver que leur apparence et leurs aptitudes au combat.

 

Tout ce que le film gagne en images (les responsables des costumes, décors, maquillages et autres trucages en tous genres ont dû s'en donner à cœoeur-joie), il le perd ainsi en substance. Résultat : on assiste à une succession de scènes de parlotes pour tenter (en vain) d'étoffer le background des personnages de cette ligue, intercalées entre deux séquences d'action où tout pète dans tous les sens sous la direction de Vic Armstrong (vétéran parmi les vétérans en matière de réglages de cascades). Sans pour autant être totalement indigent (l'ensemble se laisse regarder nonchalamment), LXG est loin de la précédente réussite de Stephen Norrington en matière d'adaptation de comics (le très solide Blade). Quant à Sean Connery, on s'interroge encore sur les raisons de sa venue dans cette foire aux monstres, si ce n'est pour tuer un peu de temps libre (et rafler quelques pécules de poche) en pratiquant le tir aux pigeons.

 

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Flo1

Comme « From Hell », toujours un film Fox, ainsi que le producteur Don Murphy et le compositeur Trevor Jones, et idem pour l’époque à laquelle ça se passe… Toutefois, aucune chance d’en faire un spin-off, de la même manière que la Ligue des comics (ludique, désacralisante, crue, sarcastique jusqu’à la parodie) n’a rien à voir avec une chronique maniaque londonienne en noir et blanc.
Mais cette œuvre ayant été publié dès 2001, son adaptation s’est lancée avec bien peu de recul (sortie en 2003). Comme si c’était un produit dérivé, avec quelques membres inédits (c’est un autre auteur qui s’y colle, James Robinson), fait pour attirer le public vers les comics de Alan Moore et Kevin O’Neill…

Flo

Un film d’aventure classique (mais pas académique) plutôt qu’une adaptation fidèle, qui aurait d’ailleurs été bien trop bancale dans l’usage crûe de ses personnages façon Moore.
Se laisse voir avec plaisir comme si on était pas au XXIème siècle.

-conseils pour mieux l’apprécier: lire surtout les romans originaux et les (meilleurs) adaptations ciné qui en ont été tirées.