Le Monde ne suffit pas : critique

Flavien Bellevue | 22 novembre 2006 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Flavien Bellevue | 22 novembre 2006 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Une fois n'est pas coutume, la machine Bond est de retour plus gonflée que jamais. Sous les traits de Pierce Brosnan, l'espion de sa Majesté va devoir faire face à forte partie puisqu'il ne s'agit pas d'un être machiavélique mais de deux. Si le premier est un homme (comme d'habitude), le deuxième est une femme, ce qui n'arrange pas notre espion séducteur. Le réalisateur de Demain ne meurt jamais, Roger Spottiswoode, passe les commandes à Michael Apted pour donner un épisode assez mouvementé, niveau action mais qui ne retrouve pas les codes de l'espionnage qui avait fait la réputation de la série, trente sept ans auparavant. Qu'importe puisque la formule : Humour – Action – James Bond girls sexy – gadgets loufoques et Méchants sournois et coriaces, fait encore effet et cela pour la dix-neuvième fois.


L'acteur irlandais Pierce Brosnan incarne pour la troisième fois James Bond et semble avoir trouvé totalement son rythme. Et quel rythme ! Le pré-générique de cet épisode est un des plus longs et explosifs de la série ; de Bilbao en Espagne au Dôme Millenium de Londres en passant par une haletante course poursuite de bateaux sur la Tamise, le ton est donné. Une première séquence d'action musclée où l'on aperçoit l'actrice italienne Maria Grazia Cuccinotta en méchante Bond girl dont nous n'auront pas le temps de savourer le joli minois. Cependant l'agent 007 croisera une des plus « complexes » James Bond girl (depuis des lustres), Elektra King, interprétée par notre Sophie Marceau nationale. Au départ, victime d'enlèvement puis protégée sous l'aile de M (Judy Dench qui trouve ici une interprétation plus à sa mesure vu l'épaisseur donné à son personnage) et donc de James Bond, elle s'avère finalement [spoiler] être l'admiratrice et le disciple de Renard, son ravisseur [fin du spoiler]. L'actrice Denise Richards complète le trio sulfureux de Bond girls de cet épisode en incarnant une sympathique même si peu crédible physicienne en débardeur moulant et mini short. Bien que ses costumes ne rendent pas justice à la profession de son personnage, l'actrice américaine sort avec une certaine aisance tout le vocabulaire savant nécessaire, histoire de détourner notre regard de son débardeur….

 

photo, Pierce Brosnan, Sophie Marceau

 
Si le personnage d'Elektra a une dimension complexe, l'antagoniste masculin, lui, a une particularité physique des plus intéressantes puisqu'il meurt petit à petit tout en étant plus fort grâce une balle logée dans son cerveau (!). Contrairement au « bad guy bondien » lambda, Renard ne cherche pas le pouvoir ou l'argent mais une revanche contre le MI6, responsable de son état physique. Animé par la haine et rendant son corps de plus en plus indolore à chaque coup reçu, Renard (campé magnifiquement par Robert Carlyle) est un ennemi des plus coriaces, ce qui faisait défaut sur l'épisode précédent, Demain ne meurt jamais.

 

 

photo, Pierce Brosnan


Le Monde ne suffit pas ne brille pas pour son originalité mais par le regain des personnages secondaires et antipathiques à l'agent 007. Les clins d'oeœil aux autres épisodes disséminés ça et là, rendent cet épisode attachant et nous montre pour la dernière fois l'acteur Desmond Llewelyn interpréter Q qui trouve une porte de sortie théâtrale. Pourtant, l'hilarante relève de Q en la personne de John Cleese, ne laissait pas présager la folie totale que sera le prochain épisode Meurs un autre jour….

 

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