Critique : Bambi

Par Thomas Douineau
23 février 2005
MAJ : 26 octobre 2018
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À l’heure où Disney a supprimé son département d’animation 2D, il est bon de se replonger avec nostalgie dans Bambi, au travers de cette réédition numérique qui concrétise quelques années de travail sur la plus grosse entreprise de restauration orchestrée par le studio aux grandes oreilles. Un travail justifié tant Bambi représente (avec Blanche-Neige et les 7 nains), la quintessence de l’imagination et le génie de l’animation de l’oncle Walt. Bambi, sur lequel Walt Disney a commencé à travaillé en 1936 est sans conteste un des chef d’œuvres, sinon le chef d’œuvre de son auteur, de par sa capacité à brasser tous les thèmes récurrents des récits de l’enfance au travers d’un monde animalier dans lequel toute l’intelligence et la poésie des animateurs trouvent un terrain fertile. À l’image d’un Tex Avery, Disney n’a finalement jamais mieux excellé que lorsqu’il dessinait des animaux plutôt que des hommes (nous parlons ici des dessins animés réalisés de son vivant).

Notons tout de suite que dans les années 40-50, le studio faisait des films pour les tout-petits et n’ambitionnait pas, comme aujourd’hui, de toucher les tranches d’âge plus élevées qui gonfleraient les chiffres du box-office. Si l’on accepte donc la mièvrerie de l’époque, on se rend compte que Bambi va encore plus loin et touche à la quintessence de la représentation du parcours initiatique (histoire vieille comme le monde) et lui confère une universalité, à la fois géographique et temporelle, jusque là inégalée. Découverte des autres, apprentissage du langage, appréhension des dangers, autant de thèmes récurrents qui titillent les sens de l’enfant et les met en perspective avec ses propres expériences et sa découverte du monde.

Man was in the forest

Mais sous la simplicité apparente se cache aussi un des films les plus traumatisants pour nos chers bambins. Parce que Bambi leur parle, parce qu’ils comprennent Bambi. L’éveil de l’enfant passe par la peur de l’inconnu. Et quoi de mieux pour représenter les dangers de la vie que de ne pas les personnifier. Ainsi, c’est une des rares fois, dans un dessin animé, où le «méchant» n’est pas explicitement montré. (Une leçon de psychanalyse que Ridley Scott a bien retenu lorsque, pour son public, il filme Alien, traumatisant ainsi des générations d’adolescents boutonneux). L’ennemi, le mal est invisible, et le pire de tout, l’enfant en grandissant le comprend, il est humain…et adulte. Ainsi les balles tirées par les chasseurs dans la prairie ou l’incendie de la forêt constituent des épisodes qui resteront à jamais gravés dans les mémoires.

Avec autant de moments mémorables, de scènes d’anthologie, que cela soit l’apparition du Grand Prince de la forêt ou la mort de la mère (Tiens, curieux ! Plusieurs années plus tard, le studio refait Bambi a.k.a Le Roi lion, et signe son plus gros succès), Bambi prépare l’enfant au monde difficile qu’il va devoir affronter.

Une telle démarche n’est pas nouvelle, mais tout simplement essentielle.

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