Spider-Man : critique au plafond

Laurent Pécha | 19 août 2018 - MAJ : 03/09/2019 18:20
Laurent Pécha | 19 août 2018 - MAJ : 03/09/2019 18:20

Avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités : à la vision de Spider-Man, on se dit que Sam Raimi a appliqué à la lettre les propos de l'oncle de Peter Parker, se réappropriant ainsi la problématique du héros masqué. Ses pouvoirs peuvent se résumer à une connaissance absolue du comic et un sens visuel presque unique au monde. Sa terrible responsabilité : ne pas décevoir les millions de fans de la bande dessinée et accessoirement rapporter un paquet d'argent à ses employeurs qui ont misé gros (139 millions de dollars) sur un poulain n'ayant (à l'époque) jamais démontré son aptitude à signer un hit commercial.

LE DERNIER DES TEENAGE MOVIE ?

Ceux qui connaissent la bande dessinée le savent pertinemment, Spider-Man, avant de montrer un super-héros aux formidables pouvoirs se lancer dans des combats titanesques avec des vilains aux capacités toutes aussi impressionnantes, raconte la mutation d'un jeune adolescent en un homme transi d'amour. C'est l'histoire d'un cruel dilemme, celui d'un ado mal dans sa peau qui doit accepter une situation intenable : il peut se faire aimer par celle qu'il désire (car Mary Jane s'entiche de Spider-Man), mais sans qu'elle sache de qui elle est réellement amoureuse.

Ce marivaudage originel impose Spider-Man comme une sorte d'ultime teenage movie, à la maturité totale. D'ailleurs tout est parfaitement délimité dans la brillante séquence inaugurale où l'on découvre nos deux tourtereaux dans le bus de l'école, alors même qu'en voix off, notre futur Spidey nous propose de nous raconter la seule histoire qui mérite réellement d'être évoquée, celle d'un garçon amoureux d'une fille.

 

PhotoUne araignée sur le plafond

 

Véritable récit métaphorique sur le difficile passage dans le monde adulte, Spider-Man, à l'instar d'un autre grand film de super-héros (Superman), insiste longuement sur la transformation subie par Peter Parker. Sam Raimi et son scénariste, David Koepp, ont parfaitement réussi à faire ressortir la dualité et le dilemme qui touche presque tous les super-héros, à explorer la difficile conjugaison entre la face humaine et la face surhumaine.

 

Photo Kirsten Dunst , Tobey MaguireLe baiser le plus culte des années 2000 ?

ON SE FAIT UNE TOILE ?

Si on s'est longuement attardé sur les thèmes développés par Sam Raimi, c'est qu'ils ont une importance essentielle aux rapports que l'on peut avoir avec le récit et notamment ses multiples scènes d'action. Car, oui, il est temps de le souligner : la deuxième partie de Spider-Man dépote grave. Mais justement : alors qu'un film comme Blade II se contente d'être jouissif (certes énormément) en accumulant les péripéties et les luttes acharnées aux moyens d'effets numériques et mouvements de caméra délirants, Spider-Man parvient à captiver son audience en faisant d'abord vivre ses personnages et en impliquant le spectateur sur le plan émotionnel.

De même, si le recourt aux images de synthèse pour permettre à l'homme araignée de se mouvoir de façon aussi impressionnante dans l'espace peut paraître parfois limite, donnant trop l'impression d'assister justement à des séquences créées par ordinateur, on n'en tient pas (trop) rigueur à Sam Raimi, tant jamais on ne doute que derrière l'effet se cache un personnage totalement tangible. On peut dès lors savourer sans retenue les multiples morceaux de bravoure concoctés par un Sam Raimi qu'on avait pas vu aussi inspiré depuis Darkman, film qui à posteriori peut être considéré comme un fantastique galop d'essai aux aventures de Spider-Man.

 

PhotoRegarde moi ça je te dis

Difficile de ne pas évoquer avant de conclure la performance des comédiens, d'autant plus qu'à l'époque du casting, la crédibilité du couple vedette a été bien attaquée. L'aisance et le naturel de Tobey Maguire et Kirsten Dunst laissent pourtant pantois d'admiration. À l'image de la bouleversante déclaration d'amour interposée que Peter Parker fait à Mary Jane, le spectateur croit à chaque instant à la véracité des sentiments et des situations.

 

Image 109973

Résumé

Pour les années (décennies) à venir, LA référence de l'adaptation de comics au cinéma (avec un certain chevalier noir).

commentaires

Râleur
20/08/2019 à 18:01

Le ridicule du frelon vert
Dafoe qui surjoue tout
Toby qui a la bouche ouverte tout du long
La romance gnangnan
La niaiserie généralisé des personnages

Faut arrêter d'idolâtrer un film neuneu au possible...

Simon Riaux - Rédaction
20/08/2019 à 15:54

@Micju

Pour renforcer la dimension arachnéenne, et pousser plus loin la métaphore d'un corps jeune en pleine mutation et en pleine... sécrétion.

Micju
20/08/2019 à 15:46

Un très bon film le seul problème pour moi les toiles qui sortent des bras. Pourquoi?

Luigi
20/08/2019 à 12:18

Le Spiderman de Raimi est parfait c'est le personnage de Peter Parker qui chiale toute les 5 mn qui est insupportable pour moi!

Gregdevil
20/08/2019 à 11:35

Superbe critique.
Le 2 est pour moi l'arlésienne du film de super héros. Que de moment iconique.
Pour le 1er seul le costume du bouffon me gêne un peut. Mais c une broutille en comparaison des qualités de ce film.
Merci Sam.

corleone
20/08/2019 à 11:24

Brillantissime critique, rien à ajouter… juste que vous nous manquez enormément monsieur Raimi.

TofVW
20/08/2019 à 10:23

@Babar77: tu serais surpris de voir ce qu'on est capable de faire pour survivre. Moi, ça ne me choque pas plus que ça.

Snake
20/08/2019 à 00:37

Le 1er Spider-Man restera le meilleur film Spider-Man et un des tous meilleurs films de super-héros. Si peut-être The Dark Knight le surpasse, en tant qu'origin story je ne vois pas mieux que Spider-Man 1. Le traitement du héros et la patte de Sam Raimi avaient des années d'avance sur toute la concurrence et conserve un charme intact près de 20 ans plus tard, déjà ! Sa suite est également très bonne et le numéro 3, bien qu'imparfait et controversé, concentre les scènes les plus épiques qu'on a vues du personnage. Les Amazing et les films du MCU sont sympas mais manquent d'identité propre et d'un vrai metteur en scène. Bref, imbattable et je suis heureux qu'EL lui rende justice.

Babar77
19/08/2019 à 23:56

Dans spiderman 2 la scène de la tante May qui s'accroche à son parapluie de ses seules mains avec plus de force qu'un champion de crossfit... pendue sur une statue à je ne sais pas combien d'étages.
Serait-ce également une super-héroine?

TofVW
19/08/2019 à 22:21

Perso, je trouve le 2 bien meilleur que le 1, ce qui n'était pas chose aisée tant le 1 frôle le film de super-héros parfait. Le 2 l'est [le film de super-héros parfait].
Le 3 est raté, et pourtant il se laisse regarder bien plus facilement que beaucoup de Marvel's actuels.

Quant aux autres films Spider-Man… heu, quels autres films Spider-Man???

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