Maléfique : Le Pouvoir du mal - critique du retour de la Mommy

Geoffrey Crété | 17 octobre 2019 - MAJ : 17/10/2019 16:45
Geoffrey Crété | 17 octobre 2019 - MAJ : 17/10/2019 16:45

Il y avait 758 millions d̶e̶ ̶d̶o̶l̶l̶a̶r̶s̶ de raisons de lancer une suite à Maléfique, gros succès en 2014 dans le sillage d'un Alice au Pays des merveilles qui avait encaissé un milliard. Parmi ces raisons, il a fallu en créer une pour justifier le retour de Maléfique, la grande méchante pas si méchante voire très gentille inspirée de La Belle au bois dormant et incarnée par Angelina Jolie. L'une d'elle s'appelle Michelle Pfeiffer, qui a cachetonné pour devenir la grande méchante vraiment méchante, elle, dans Maléfique : le Pouvoir du mal réalisé par Joachim Rønning (co-réalisateur de Pirates des Caraïbes 5 : La Vengeance de Salazar).

LES BELLES AUX DOLLARS DORMANTS

Disney évolution, stade 2. Après avoir lancé un remix en bonne et due forme des classiques animés du catalogue, d'Alice au Pays des merveilles au Roi Lion en passant par Le Livre de la Jungle et Cendrillon, le studio de Disney passe la deuxième. Les remakes auront donc droit aux suites, avec Le Livre de la Jungle 2, Aladdin 2 et probablement un Roi Lion 2 vu le succès phénoménal du premier. Tant pis si Alice de l'autre côté du miroir a été un bide et un petit désastre : la recette semble forte, solide, imparable.

À moins que ? Face à Maléfique : le Pouvoir du mal, la question se pose. Tout le monde rempile dans le joyeux et magique royaume. Angelina Jolie parade avec ses ailes presque aussi démoniaques que ses pommettes et Elle Fanning danse avec des fleurs dans les cheveux au milieu d'horribles machins en CGI qui ne sont mignons que dans une dimension parallèle à fuir. Et, comme tout ça a déjà tourné en rond dans le premier opus, une reine nommée Ingrith intègre cette suite puisque Mickey a signé un petit chèque à Michelle Pfeiffer pour qu'elle sorte du placard et devienne la vraie méchante, dans cette histoire où la grande méchante est trop gentille. Autant dire que le prétexte est fumeux, et que Pfeiffer ressort quasiment sa panoplie de Stardust, le mystère de l'étoile, sans la magie - au sens propre et figuré.

Et si tout ça rappelle un peu Le Chasseur et la Reine des glaces, suite du film Blanche-Neige mais sans Blanche-Neige et avec l'envie d'exploiter le filon, ce n'est pas pour rien : le résultat est à peine moins ridicule, et tout aussi dispensable.

 

photo, Angelina JolieMaman vs belle-maman

 

SA MÈRE OU MOI

Première surprise : Angelina Jolie semble étonnamment en recul dans cette suite. Elle était au centre du précédent film, et en était le meilleur atout dans un océan de moyen. Ici, elle a probablement deux pages de dialogues, se contente de fixer les autres sans cligner des yeux, et sans la grande nouveauté de sa chevelure libérée pour quelques scènes, elle serait vraiment une pauvre spectatrice des événements jusqu'au climax - elle est littéralement éjectée du récit pendant un moment d'ailleurs.

Les enjeux autour de son humanité et sa lutte intérieure étant là, mais bien trop familiers, le film se joue ailleurs. À la place, c'est Michelle Pfeiffer qui occupe le premier plan en méchante reine machiavélique. L'actrice a beau être talentueuse, elle n'a pas beaucoup à défendre, et ne peut même pas s'amuser vu qu'un certain premier degré règne.

 

photo, Michelle PfeifferBelle-maman a un plan

 

Dans la plus pure tradition des téléfilms Disney, c'est la guerre entre deux mamans autour d'un mariage qui ouvre les hostilités. Celle habillée en noir est la gentille, celle habillée en blanche est la méchante : voilà le plus haut degré d'originalité de l'aventure, qui fonce tête la première dans les poncifs du genre. La reine cruelle va donc expliquer l'origine de sa colère pour être un cliché total, le prince fade va littéralement déposer les armes pour illustrer le vivre ensemble, l'amour va encore une fois sauver les cœurs, et le monde des humains et celui des fées vont finalement accepter de partager la scène.

La niaiserie est partie intégrante de la machine Disney, et attendre autre chose serait absurde. Mais Maléfique : le Pouvoir du mal oscille entre les extrêmes, passant de vignettes dignes d'un très mauvais cartoon (une bestiole en CGI qui fait des bisous, une autre bestiole en CGI qui est maladroite, encore une autre qui pousse de petits cris comme un foutu Minion) à des moments purement dramatiques et prétendus profonds. Un peu comme Maléfique qui se force à sourire et être agréable au dîner familial, le résultat est plus gênant qu'autre chose.

 

photo, Angelina JolieMaman a un plan aussi, mais après

 

LA GUERRE DES MOLLES

Il reste alors une ultime carte à Maléfique : le Pouvoir du mal : celle du spectacle. Après avoir co-réalisé Kon-Tiki et Pirates des Caraïbes 5 : La Vengeance de Salazar avec Espen Sandberg (Bandidas a été oublié par respect pour eux), Joachim Rønning avance pour la première fois en solo. La direction artistique reste toujours aussi vilaine et agressive, avec une incapacité parfois étourdissante à soigner les CGI et les servir par la lumière. Entre des images très sombres et plates, et des extérieurs exagérément lumineux et plats, la superproduction manque de style.

Mais le grand climax parvient à redonner quelques couleurs à l'aventure, et les dizaines d'explosion rouge sang dans le ciel semblent être là pour justement donner un peu de vie au programme. L'assaut épique et ses victimes, lancés sur plusieurs niveaux, permettent de mieux digérer la formule et occuper l'espace.

 

photo, Angelina JolieJoli panache

 

Tout ça reste mené en pilotage automatique, mais l'accent donné au spectacle dans cette dernière ligne droite permet à Maléfique : le Pouvoir du mal de ne pas entièrement sombrer. Le film n'a jamais eu d'autre but que satisfaire le public conquis par Maléfique en 2014, en reprenant la formule avec quelques maigres ajouts. Notamment une autre star au premier plan, pour détourner l'attention d'une Angelina Jolie qui n'a plus grand-chose à faire - et semble n'en avoir rien à faire de ce film.

Cette suite programmatique contrebalance donc son manque d'intérêt narratif par un surplus d'action, arrivant au final à la même équation : un blockbuster vraiment dispensable et sans finesse, mais pas honteux, et assez honnête avec son public.

 

affiche

Résumé

Ni très désagréable ni vraiment nécessaire, relativement distrayant mais globalement inutile, Maléfique : Le Pouvoir du mal peut éventuellement amuser ceux qui ont vraiment aimé le premier.

commentaires

RealHelper
01/11/2019 à 19:19

Salut,
Je dirai que la critique est un peu sévère, mais c'est parce que j'ai aimé ce film :-)
Alors oui c'est un peu long et quelques acteurs dont Micheline cabotine sévère. Néanmoins les fondements de l'histoire, origine et rôle de maléfique, sont pour une fois intéressants, transgressifs avec les Disney et dans la continuité d'un surprenant et intéressant premier film.

Avec 15mn de moins , en supprimant des longueurs et quelques passages "dispensables" on aurait un film du même niveau que le premier.

Parce que perso les Live Disney sont plutôt inutiles, pour les derniers :
Aladdin c'était vraiment naze entre le copier-coller du D.A et les acteurs ou scènes Bollywood non mais allo quoi ! Autant ne garder que le dessin animé.
Le Roi Lion, punaise quel ennui, tous les passages sympas/rigolos du DA ayant disparus. Par contre une claque visuelle mais est-ce suffisant ?

sylvinception
18/10/2019 à 11:47

On peut passer son tour...
Dilemme cependant : Elle Fanning est de plus en plus sublime, donc comme j'ai une carte illimitée je vais bien trouver un moment... parce qu'elle le vaut (vraiment) bien.

Homelander
18/10/2019 à 11:00

Déjà le premier à fais du plagiat sur de bon film alors non jenmerde la suite

amds films
17/10/2019 à 19:59

Beaucoup aimé le premier et celui ci, une belle suite même si légèrement en deçà du premier.

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