Terminator 3 : Le soulèvement des Machines - critique governator

Lino Cassinat | 9 janvier 2019 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Lino Cassinat | 9 janvier 2019 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Après le gros succès public et critique de Terminator 2 : Le Jugement dernier, on aurait pu croire qu'une suite allait se faire les doigts dans le nez. Hé bien pas du tout. Évoqué sérieusement pour la première fois en 1995, Terminator 3 : Le soulèvement des Machines ne sortira qu'en 2003, sans James Cameron à la barre et avec des années d'enfer de développement dans les pattes, ce qui est généralement un signe avant-coureur de nullité. Pourtant, Terminator 3 : Le soulèvement des Machines s'en sort mieux qu'on ne pourrait le craindre, même s'il n'arrive pas à la cheville de ses illustres aînés.

(RE)DIS CAMION

Et c'est probablement pour cela que Terminator 3 : Le soulèvement des Machines a laissé un souvenir amer et provoqué un (dernier) jugement bien sévère : il se mesure à deux légendes dorées, mais n'est que sympathique. Tranquille. Pépère. Terminator 3 : Le soulèvement des Machines donne le sentiment de ne pas être très motivé, de juste servir une soupe scénaristique réchauffée, et de compter sur le spectacle pour faire illusion.

 

photo, Arnold Schwarzenegger, Kristanna LokenT-X contre T-850

 

Quiconque prend le temps deux secondes de se pencher froidement sur le scénario voit la vérité lui crever les yeux : Terminator 3 : Le soulèvement des Machines n'est qu'une version redux de Terminator 2 : Le Jugement dernier. Les deux films sont dans leurs structures quasi identiques, et nécessairement, le plus récent des deux paraît peu inspiré, voire fatigué... surtout si ladite structure, relativement simple (mais pas simpliste), ne bénéficie pas cette fois de personnages soignés par un auteur compétent pour la porter.

Adieu donc le noyau familial complexe brossé avec finesse et émotion dans Terminator 2 : Le Jugement dernier. Adieu également force et charisme. Kristanna Loken et Arnold Schwarzenegger ont beau faire sentir une sincère application, impossible de ne pas soupirer à la moindre jérémiade de cette chaussette trouée de John Connor (Nick Stahl) et surtout face à cette gourdasse de Kate Brewster (Claire Danes, oui oui), encombrant love-interest généré aléatoirement par ordinateur. Cliché genré du side-kick féminin inutile, sa simple présence à la fois dans un film héritier de James Cameron et dans une franchise qui a vu naître Sarah Connor est un comble à la limite de l'insulte.

 

photo, Claire Danes, Nick StahlOuaip, vous êtes des gros nuls.

 

GIT TO ZE (BIGGA) CHOPPA

Heureusement, Terminator 3 : Le soulèvement des Machines se rattrape aux branches, malgré les défauts listés ci-dessus. Si l'on excepte quelques effets visuels caoutchouteux et quelques gags dispensables, les scènes d'action sont, il faut le reconnaître, assez bien fichues.

La scène de l'autoroute des deux premiers films est revisitée avec une soif de destruction très ludique, tandis que la baston au cimetière fait passagèrement revivre l'aspect mi-cool mi-effrayant des robots tueurs, tout en exploitant correctement la pesante silhouette d'Arnold Schwarzenegger.

 

photo, Arnold SchwarzeneggerAh bah c'est sûr, si y'a Schwarzy, ça va déjà mieux

 

En revanche, on tirera pudiquement la chasse sur le corps-à-corps final sans saveur entre le T-X et le T-850 aux toilettes, pour mieux apprécier la meilleure surprise du film : son climax. Après un petit concours de "qui c'est qui a le plus gros" (on parle d'hélicoptères hein), Terminator 3 : Le soulèvement des Machines ne se sent plus tout à coup et se permet l'impensable, une vraie surprise dans son écriture. Car il y a un twist dans l'épilogue du film, et il n'est pas amer, il est carrément déprimant.

Si le film se termine quand même sur une note optimiste (Hollywood oblige), le film laisse un tenace arrière-goût d'échec du camp du bien, qui s'est bien fait terminer la tronche. Une étonnante résolution, qui en plus laissait la porte ouverte à beaucoup de possibilités et excite l'imaginaire du spectateur, même si elle a le malheur d'entériner le statut de bolosses ultimes de Kate Brewster et John Connor.

La Résistance humaine est dans de bien sales draps avec des leaders pareils, mais bon, on était venus pour les robots de toute façon, et ce ne sera jamais pire que l'ignominieux Terminator : Genisys.

 

Affiche française

Résumé

Évidemment à des années-lumière des vaches sacrées T1 et T2Terminator 3 : Le soulèvement des Machines n'est, en soi, pas un mauvais bougre pour autant. C'est juste difficile de regarder ses parents dans les yeux quand on est seulement bon et que les deux grands frères sont des surdoués.

Autre avis Geoffrey Crété
Un épisode paresseux, qui se contente de reproduire la formule avec de très maigres nouveautés. Zéro risque et plaisir modéré donc, si ce n'est dans une conclusion étonnante et inspirée.
Autre avis Simon Riaux
Copie carbone du deuxième épisode, la maîtrise technique et la mise en scène en moins, cette suite anodine offre néanmoins une poursuite rigolote et une conclusion pas déplaisante.
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(2.2)

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commentaires
redlredl
02/04/2021 à 20:39

Non, non, le 3 est génial lui aussi.
Du simple fait de Kristanna Loken, qui fait un truc immense.
Et tout le reste, Terminator quoi ! Moi, je n'attendais rien d'autre.

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