Rambo : Last Blood - critique qui écartèle le cartel

Simon Riaux | 5 août 2020 - MAJ : 07/08/2020 17:06
Simon Riaux | 5 août 2020 - MAJ : 07/08/2020 17:06

Depuis 10 ans, John Rambo s'est retiré sur les terres de sa famille, au Texas, où il gère un vieux ranch et veille à ce que la nièce de sa belle soeur ne se fasse pas emplâtrer la cheminée par le premier pendejo venu. Mais c'est sans compter sur une bande de vilains mexicains, qui vont tâter de sa lame et de son talent pour l'amputation de cerveaux. Rambo : Last Blood arrive avec Sylvester Stallone, et il n'est pas là pour sucer les cuticules à mémé.

PUTA SANGRE

Pour les fans de la saga, Rambo : Last Blood sera probablement l’épisode du deuil. C’est avec une forme de renoncement qu’il faut appréhender ce nouveau chapitre, tardif et pas franchement désiré, tant John Rambo semblait conclure la franchise, narrativement et thématiquement.

Et ce cinquième opus annonce la couleur dès son ouverture. Environnement décorrélé des précédents épisodes, effets spéciaux au rabais, mise en scène désincarnée… le dégauchisseur du Sud-est asiatique n’est plus désormais qu’un produit fauché, véhicule à zèderie décomplexée, prenant (littéralement) l’eau de toute part.

 

photo, Sylvester Stallone"Des tranches fines, bordel"

 

Et ce n’est pas Adrian Grunberg, occupé à roupiller derrière la caméra, qui viendra dire le contraire. De champ/contrechamps paresseux en scènes d’expositions moins émoustillantes qu’un zona du périnée, le réalisateur a bien du mal à retenir notre attention. La photographie baveuse, les dialogues dignes d’un mode d’emploi Ikea et une galerie de personnages issus d’un improbable croisement entre Danny Trejo et Mimie Mathy n’aident pas. Là où John Rambo ne tenait jamais compte de son budget modeste et ne craignait pas d'apprendre la recette des rillettes de rotule à l'entièreté de la Birmanie, ce nouvel épisode ne cherche pas à outrepasser sa condition de production démunie.

Un je-m’en-foutisme qui atteint jusqu’aux scènes d’action, lesquelles ont presque totalement abandonné les trucages physiques au profit de giclées de sang numériques et autres tripailles de synthèse. Personne ici ne semble plus se soucier de découper la viande comme il faut, et on s’en désole. Très logiquement, c’est la mythologie même qui s’en retrouve affectée. Rambo : Last Blood n’est plus qu’une aventure standardisée d’un héros qui agitent à l’écran ses attributs pour mieux dévoiler combien ils ont perdu tout sens. La saga a toujours questionné et symbolisé le rapport de l’Amérique à ses combattants. Mais cette ambition a totalement déserté le film, qui s’en tiendra à la recette de la tête de veau ravigote, sauce mexicaine.

 

photoUn méchant qui risque de finir avec un doigt dans le cou

 

PATATE DE PORCIN

Pour qui accepte cette équation forcément décevante, et accueille dans son cœur avec bonté la proposition du sieur Stallone, il reste néanmoins quelques raisons d’apprécier ce Rambo : Last Blood. Parce que quand Grunberg fait dans le Z, il ne le fait pas à moitié. Torsion testiculaire à coup de marteau, détartrage à la machette ou ponçage de clavicule en mousse, tout est là pour que le viandard en ait pour son argent et lâche un petit rot de satisfaction honteux en fin de parcours.

De manifeste désenchanté en faveur des vétérans à propagande pyropriapique, la franchise s’aventure ici sur les terres de Steven Seagal, non sans un certain panache déviant.

 

photo, Sylvester StalloneUne des rares images iconiques du film

 

Cette métamorphose culmine dans le climax du film, qui se livre à un curieux « Colonel, j’ai raté l’avion », où tout est fait pour dissimuler le fait que notre héros a désormais la mobilité d’un rhinocéros arthritique. En résulte une séquence piégeuse où John écartèle le cartel, au mépris de toute vraisemblance et de toute logique arithmétique (le nombre d’assaillants variant du simple au centuple selon le taux d’alcoolémie du réalisateur).

Le résultat est grotesque, violent, régressif… et franchement rigolo. Enfin, la dernière raison de se laisser charmer par l’aura roublarde de ce bien inoffensif Rambo : Last Blood demeure Sylvester Stallone lui-même.

 

photo, Sylvester StalloneIl en a gros le SLy

 

Qu’importe que la caméra ne sache pas bien quoi faire de lui, de son visage aux airs de cratère lunaire ou de ses formidables pognes, il habite l’image, y injecte un spleen continu, qui parvient parfois à faire oublier la bêtise cosmique de l’ensemble. Et peu importe finalement que le Mexique soit ici décrit comme un dépotoir à ciel ouvert où copulent frénétiquement gangs, mafieux, maquereaux, putes et policiers corrompus.

La tristesse insondable du Chien de Guerre paraît racheter toutes les outrances, emporter avec elle non seulement la déception du spectateur, mais aussi le souvenir d’un Hollywood disparu, d’histoires oubliées, d’un artisanat qui, à la manière de John, n’est plus assez vivant pour exister, pas assez desséché pour tout à fait s’évaporer.

 

Affiche

Résumé

Z et fauché, ce Rambo : Last Blood enterrine les ambitions de la franchise, et se contente de réguler mollement la population du nord-Mexique. Mais dans les outrances gorasses de ce bon vieux Rambo, dans le spleen indéboulonnable de son héros, on trouve encore un peu de vie, un peu de sang, fut-il séché.

Lecteurs

(3.9)

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commentaires

doc savage
08/08/2020 à 13:19

il y a une vidéo qui circule ou un homme se fait dévoré vivant par un pittbul en commencant par les parties punition d'un cartel mexicain peut être verrons nous ça chez nous bientôt !!!
j'ai trouvé rambo trop sympa avec ces mecs dans le film !!!

Paflechien59
07/08/2020 à 15:45

J'adore Rambo, j'adore Sly, mais là, c'est pas possible... Le scénario, la réal, la musique, tout est à l'ouest, c'est pas possible. Sly, je t'aimé, mais là, t'as tué Rambo, au temps j'ai (beaucoup) aimé Rambo 4 qui concluait parfaitement la saga, au temps ce Last Blood est un film d'action lambda, gore à outrance et mal fichu (je me suis inscrit sur le site parce que Sly)

Tuk
06/08/2020 à 13:52

@ M1pats
Trés bien ! Continue à te ridiculiser, à étaler ta superbe intelligence et ta magnifique tolérance envers l'autre !
C'est rigolo !

M1pats
06/08/2020 à 13:41

@Tuk

Mon grand ne me sort pas le truc des goûts, tu vas être mal reçu si tu t aventure dans le secteur des goûts et couleurs, car tu peux me sortir que t aime Battlefield Earth et que c est tes goûts je te dirais quand même de fermer TG

Simon Riaux - Rédaction
06/08/2020 à 13:39

@M1pats

Ok... Mais... ça veut dire quoi ?

M1pats
06/08/2020 à 13:39

Simon Riaux , certains secteurs oui tout a fait

Simon Riaux - Rédaction
06/08/2020 à 13:33

@M1pats

Certains secteurs ?

M1pats
06/08/2020 à 13:29

Ce que j aime chez toi Simon Riaux ce que tu ne te cache pas, tu révèle tes préférences et ton mépris pour certains secteur sans hésitation, j'ai du respect pour ça

sylvinception
06/08/2020 à 13:17

"(le nombre d’assaillants variant du simple au centuple selon le taux d’alcoolémie du réalisateur)."

LOOOOOOOOOL celle-ci nous fait la journée, voire la fin de semaine!!

Tuk
06/08/2020 à 12:11

@M1Pats

Quand on donne son avis, on n'insulte pas de faux-culs ceux qui ne sont pas de ton avis !
Cela se nomme, la politesse, le respect ou encore le savoir vivre !
Voilà, si t'es frustré, faut faire caca le matin !.... Tu verras, ça ira mieux aprés !

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