Rambo : Last Blood - critique qui écartèle le cartel

Simon Riaux | 20 septembre 2019 - MAJ : 20/09/2019 10:38
Simon Riaux | 20 septembre 2019 - MAJ : 20/09/2019 10:38

Depuis 10 ans, John Rambo s'est retiré sur les terres de sa famille, au Texas, où il gère un vieux ranch et veille à ce que la nièce de sa belle soeur ne se fasse pas emplâtrer la cheminée par le premier pendejo venu. Mais c'est sans compter sur une bande de vilains mexicains, qui vont tâter de sa lame et de son talent pour l'amputation de cerveaux. Rambo : Last Blood arrive avec Sylvester Stallone, et il n'est pas là pour sucer les cuticules à mémé.

PUTA SANGRE

Pour les fans de la saga, Rambo : Last Blood sera probablement l’épisode du deuil. C’est avec une forme de renoncement qu’il faut appréhender ce nouveau chapitre, tardif et pas franchement désiré, tant John Rambo semblait conclure la franchise, narrativement et thématiquement.

Et ce cinquième opus annonce la couleur dès son ouverture. Environnement décorrélé des précédents épisodes, effets spéciaux au rabais, mise en scène désincarnée… le dégauchisseur du Sud-est asiatique n’est plus désormais qu’un produit fauché, véhicule à zèderie décomplexée, prenant (littéralement) l’eau de toute part.

 

photo, Sylvester Stallone"Des tranches fines, bordel"

 

Et ce n’est pas Adrian Grunberg, occupé à roupiller derrière la caméra, qui viendra dire le contraire. De champ/contrechamps paresseux en scènes d’expositions moins émoustillantes qu’un zona du périnée, le réalisateur a bien du mal à retenir notre attention. La photographie baveuse, les dialogues dignes d’un mode d’emploi Ikea et une galerie de personnages issus d’un improbable croisement entre Danny Trejo et Mimie Mathy n’aident pas. Là où John Rambo ne tenait jamais compte de son budget modeste et ne craignait pas d'apprendre la recette des rillettes de rotule à l'entièreté de la Birmanie, ce nouvel épisode ne cherche pas à outrepasser sa condition de production démunie.

Un je-m’en-foutisme qui atteint jusqu’aux scènes d’action, lesquelles ont presque totalement abandonné les trucages physiques au profit de giclées de sang numériques et autres tripailles de synthèse. Personne ici ne semble plus se soucier de découper la viande comme il faut, et on s’en désole. Très logiquement, c’est la mythologie même qui s’en retrouve affectée. Rambo : Last Blood n’est plus qu’une aventure standardisée d’un héros qui agitent à l’écran ses attributs pour mieux dévoiler combien ils ont perdu tout sens. La saga a toujours questionné et symbolisé le rapport de l’Amérique à ses combattants. Mais cette ambition a totalement déserté le film, qui s’en tiendra à la recette de la tête de veau ravigote, sauce mexicaine.

 

photoUn méchant qui risque de finir avec un doigt dans le cou

 

PATATE DE PORCIN

Pour qui accepte cette équation forcément déceptive, et accueille dans son cœur avec bonté la proposition du sieur Stallone, il reste néanmoins quelques raisons d’apprécier ce Rambo : Last Blood. Parce que quand Grunberg fait dans le Z, il ne le fait pas à moitié. Torsion testiculaire à coup de marteau, détartrage à la machette ou ponçage de clavicule en mousse, tout est là pour que le viandard en ait pour son argent et lâche un petit rot de satisfaction honteux en fin de parcours.

De manifeste désenchanté en faveur des vétérans à propagande pyropriapique, la franchise s’aventure ici sur les terres de Steven Seagal, non sans un certain panache déviant.

 

photo, Sylvester StalloneUne des rares images iconiques du film

 

Cette métamorphose culmine dans le climax du film, qui se livre à un curieux « Colonel, j’ai raté l’avion », où tout est fait pour dissimuler le fait que notre héros a désormais la mobilité d’un rhinocéros arthritique. En résulte une séquence piégeuse où John écartèle le cartel, au mépris de toute vraisemblance et de toute logique arithmétique (le nombre d’assaillants variant du simple au centuple selon le taux d’alcoolémie du réalisateur).

Le résultat est grotesque, violent, régressif… et franchement rigolo. Enfin, la dernière raison de se laisser charmer par l’aura roublarde de ce bien inoffensif Rambo : Last Blood demeure Sylvester Stallone lui-même.

 

photo, Sylvester StalloneIl en a gros le SLy

 

Qu’importe que la caméra ne sache pas bien quoi faire de lui, de son visage aux airs de cratère lunaire ou de ses formidables pognes, il habite l’image, y injecte un spleen continu, qui parvient parfois à faire oublier la bêtise cosmique de l’ensemble. Et peu importe finalement que le Mexique soit ici décrit comme un dépotoir à ciel ouvert où copulent frénétiquement gangs, mafieux, maquereaux, putes et policiers corrompus.

La tristesse insondable du Chien de Guerre paraît racheter toutes les outrances, emporter avec elle non seulement la déception du spectateur, mais aussi le souvenir d’un Hollywood disparu, d’histoires oubliées, d’un artisanat qui, à la manière de John, n’est plus assez vivant pour exister, pas assez desséché pour tout à fait s’évaporer.

 

Affiche

Résumé

Z et fauché, ce Rambo : Last Blood enterrine les ambitions de la franchise, et se contente de réguler mollement la population du nord-Mexique. Mais dans les outrances gorasses de ce bon vieux Rambo, dans le spleen indéboulonnable de son héros, on trouve encore un peu de vie, un peu de sang, fut-il séché.

commentaires

Dutch Schaefer
05/10/2019 à 19:28

@yann: je pense que votre point de vue et votre critique résume parfaitement ce 5ème opus!
(et puis si on a jamais aimé, RAMBO, ça risque pas de commencer avec celui-ci!) ;-)

Dutch Schaefer
05/10/2019 à 19:25

Vu les avis US, je m'attendais à une véritable purge immonde! Puis j'ai lu votre critique, qui m'a rendu du baume au coeur.
Et là je sors tout juste de la salle et... quel plaisir de revoir le "warrior"!
Oui, oui... 1000 fois oui: c'est du RAMBO!
Ca ne vole pas très haut, c'est brutal, ça tue, ça flingue et mon dieu que c'est jouissif!!!!!!
Bref, vous l'aurez bien compris, j'ai grandement apprécié cet opus rageur et plein de vengeance!
RAMBO IS NOT DEAD! ;-)

PS, mon petit (petit...) point négatif: l'image "en trop juste" après le pré-générique , qui gâche quelque peu cette bonne fin!

Yann
03/10/2019 à 01:29

Un film qui deviendra culte avec les années. Du cinéma à l'ancienne qui ouvre sa gueule et qui tend à disparaître.

L'univers Rambo est clairement la et s'adapte parfaitement au John Rambo de 2019, à savoir un homme vieux, fatigué, plus vulnérable que durant sa jeunesse, mais avec toujours son âme de guerrier torturé par ses démons du passé et qui tente désormais de se raccrocher à la seule chose qui l’empêche de sombrer définitivement dans le chaos : sa fille adoptive "Gabriella".

Le film a un petit coté Taken en effet, dans les deux films la fille se fait enlever par des trafiquants peux recommandables, à la seule différence que Taken fini en happy end, tandis que Rambo est en total paradoxe avec la fin de Taken.

Le film est extrêmement violent et malsain dans son approche de la vision du monde criminel et pourtant criant de vérité. La pitié n'est pas de mise dans ce film. Les trafiquants considèrent leurs esclaves sexuelles comme de la chair à canon.
La pauvre et innocente petite Gabriella sera donc cruellement torturée, droguée à l’héroïne, violée à outrance (notamment par des policiers mexicains corrompus) et finira par en mourir sous les yeux de son tuteur John Rambo, la scène est émouvante, Rambo pleure j'ai ressenti son chagrin et sa haine à la perte d'un être cher.

Sa vengeance sera extrêmement fatale et justifiée sans pour autant tomber dans l’exagération et le cliché du banal film d'action qui pète à tout va.

Rambo redevient clairement le personnage "justicier" mais totalement dénoué de pitié à qui il ne reste plus rien à perdre.
Il fait ce qu'il sait faire de mieux, autrement dit de répandre la mort en mettant à profit ses techniques de combats meurtrières. Le dernier quart d'heure du film fait assisté au spectateur une impitoyable chasse à l'homme.

La scénario est simple. OK mais il reste cependant très cohérent et bien écrit.
Aucun cliché sur les mexicains ni de diabolisation en faveur de la politique de Trump et autre. Nous assistons simplement à un fléau bien réel malheureusement dans un pays complètement corrompu qu'est le Mexique, c'est une triste réalité. Mais pour autant le film ne diabolise pas les latinos comme le sont certains personnages du film.
Le film se la joue plutôt old shcool dans sa mise en scène, ses effets spéciaux, c'est totalement assumé et le taf fonctionne avec brio.
Le gore reste crédible malgré que je le trouve parfois un peu trop générique et pas suffisamment naturel.
Coté bande sonore, les musiques c'est du sans faute.

Pari gagné pour Sly qui voulait faire un film montrant la décadence de la criminalité de certains réseaux et de la torture psychologique de Rambo.

La véritable raison de la polémique des journaux mondiaux vis à vis du film c'est qu'il dénonce des vérités de manière très crues et forcement la franchise ainsi que la vérité ne sont jamais bonnes à entendre. Ceci dit du coté des spectateurs, les notes sont en revanche très favorables et il y a de quoi.

J'ai vu le film quatre fois au cinéma depuis le 25 septembre dernier, j'ai eu le temps de bien le comprendre. Pour moi c'est quasiment du sans faute. Excellent.

storm SPOIL
30/09/2019 à 10:30

SPOIL En regardant le film j'était assez en colère du scénario valider et "écrit" par stalonne lui meme! Ce film est allez loin dans le dark que personne n'a envie de voir je pense, voir cette petite poupé innocente se faire droguer, mutilé et baiser jusqu'a en crever ma compelmtent révolté et decu de stalonne ! Taken avait evité ca et John Rambo aussi mais Last Blood y es aller debon coeur de se coté la ! et ne pas voir une séquence ou john rambo prend du temps à faire souffir se maige de mexicain ma aussi énervé! alors on prend du temps pendant une demi heure a faire souffrir cette petite mais on nous montre pas comment le mexicain a souffert! que ce que j'aurai aimer voir rambo lui coupé la tete tout doucement! en esperant une director cut qui prend 10 minute juste pour developpé cette scene ! en premier lieu le film ma pas si plu que ca car trop eloingé des rambo ! mais quabnd on parle de rambo, on pense a quoi? mec musclé avec des flingues et arme surrealiste qui sorte de nul part à 1 contre 100 qui fait tout peté! voila l'image qu'on a de rambo ! (rambo 2 coucou, le plus connu et le plus rentable) mais on en oublie le 1 que j'ai regardé par après! eh bien first blood ressemble beaucoup à ce last blood ! deja dans le 1 il pose des pige partout comme dans le 5 mais ne tout personne dans last blood il lache sa rage vu le contexte! j'était pret a lui donner 2/5 sans me rappelé l'origien du personnage! mais la je monte à 4/5 par respect envers le. je ne lui donne pas 5/5 en raison du traitement du personnage de la petite que je trouve ultra violent! Rambo 1 et Rambo 2 et l'équivalent d'un alien 1 et d'un alien 2. Rambo 2 et 3 sorte clairement du contexte du personnage un peu comme rocky 3 et 4 qui sont un peu a part aussi

Meh
29/09/2019 à 21:38

Ressortant tout juste de la séance, j'avais lu votre avis @SimonRiaux, que je trouvais assez drôle et à posteriori assez juste. L'histoire est sympathique, mais c'est bien Stallone qui porte le film et l'habite, clairement fauché (on en parle des flash-backs en images d'archives ? N'importe quel blockbuster aurait rajeuni Rambo et plongé dans ses propres souvenirs). 3/5 voire 3,5/5 me semble tout à fait honnête.
Personne ne remarquera que Rambo creuse des tunnels qui ont tout des trous à rats de la guerre du Vietnam sous sa propre maison ? Rien que ça, ça suffirait pour parler des traumatismes du personnage pendant des heures...

Homme canon au cerveau aplati
29/09/2019 à 14:02

Brutal, rageur, jubilatoire, je ressors avec un sourire jusqu'au oreilles, merci Sly. Un héros trop old school pour plaire aux journaleux timorés, pour qui un panaché c'est déjà trop fort. Si vous n'êtes pas d'accord, Johnny vous envoie une planche à clous dans la tronche, pis c'est tout.

Marc
29/09/2019 à 01:16

Je viens de sortir de la séance de Rambo Last Blood la salle était pleine à craquer à la fin du film j'ai même entendu des applaudissements ! C'est pas ma guerre colonel . J'ai trouvé ce Rambo éprouvant émouvant et les scènes d'actions sa casse les os sa découpe dans le vif bref, La fin nous dit rien de la suite ou de la fin de Rambo donc tout est possible.

Roger Federer
28/09/2019 à 23:22

Pas mal du tout. Pour le coup je trouve les critiques très dur, notamment US. Je craignais le film de trop, et finalement content de revoir John Rambo et le charisme de Sly

Punisher
28/09/2019 à 17:26

J ai vu le film j ai adoré surtout la fin jouissive avec les pièges très violent et gore stallone excellent j ai sûrement.le revoir

My critic à moi with spoilers
28/09/2019 à 15:09

Rambo, c'est ted kotcheff, georges pan casmatos, peter mac donald et stallone, c'est pas tarantino, spielberg, coppola. Et c'est aussi pour ça qu'on l'aime.C'est simple et brut mais aussi profond et touchant (et oui).
A la fin du film, je me suis dit, c'est con ils auraient pu écrire un scénar sympa, ou il réfléchit un quart d'heure pour aller sauver sa fille adoptive ou l'emmener chez le médecin qui l'a soigné au début, la mettre à l'abri et faire quand même un petit massacre à la fin..
Mais Rambo n'est pas Rocky qui retrouve son petit fils et son fils à la fin de Creed 2. Rambo est la face sombre et brute de Stallone, Mis à mal dans le 1 et le 2 par ses ennemis (le 3 je ne me souvient plus), il souffre aussi dans sa dernière aventure. C'est le Stallone qui a perdu un fils dans la vraie vie et qui a galéré pour devenir une star. Celui qui galère encore dans des petits films sur sa fin de carrière mais qui ne veut pas renoncer à tourner et qui espère toujours revenir comme il l'a fait avec Rocky Balboa et John Rambo puis expendables. Même s'il se sent vieux et que la fin avec les images des précédents films sonne comme un hommage de fin de carrière. Même s'il est blessé et meurtri, il remonte toujours sur son cheval ou sur le ring pour continuer.
Même les scènes qui semblent un peu légère trouvent leurs justifications en y repensant. Le massacre avec le fond musical ramène Rambo à son dernier bon moment avec sa fille. Il voulait que ses tranchées lui servent de boîte de nuit pour faire la fête et il y fera lui aussi la fête à sa manière (voir le petit sourire de Rambo lorsque 2 méchants tombent dans un de ses pièges). Car au dela de son trauma vietnamien, Rambo est un meurtrier qui prend son pied à faire la guerre. Quand il récupère sa fille, il s'en donne à coeur joie avec son marteau. Et même s'il souffre, il est heureux dans la guerre. Comme il le rapelle, il voulait être soldat dés son plus jeune age de la même manière que Stallone pour le métier d'acteur.
Les méchants sont bons (surtout le grand frère), la réal est simple et la violence excessive mais on ne s'ennuie pas et Stallone nous transporte. Il est à 200 % Rambo et encore plus dans le dernier acte. Pour ma part, Adrian Grunberg n'est pas le réal du siècle mais cosmatos, kotcheff et mac donald ne l'étaient pa non plus. Le film mérite une deuxième vision une fois la découverte passée et je pense qu'il sera au final aussi agréable à revoir que les autres.

bises.

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