Jean-Christophe et Winnie : critique de Porcinet

Simon Riaux | 25 octobre 2018 - MAJ : 25/10/2018 15:22
Simon Riaux | 25 octobre 2018 - MAJ : 25/10/2018 15:22

On a beau savoir Disney désireux de rentabiliser ses licences au maximum, on ne s’attendait pas forcément à une adaptation live et dépressive de Winnie L’Ourson. Et c’est pourtant bien le programme de ce curieux Jean-Christophe et Winnie de Marc Forster avec Ewan McGregor, qui déroule son programme avec une certaine réussite.

DÉPRIME-MOI UN OURSON

Rares sont les films à oser panser la possible déprime de son public. C’est la tâche plus que délicate dont s'est investi cette étonnante création, qui tente de prendre en charge l’état d’esprit des fans de l’ourson amateur de miel, en partant du principe que leur vie aura eu des airs de désauce cosmique.

C’est également le cas de ce bon Jean-Christophe (Ewan McGregor), qui, dans un monde essoré par la Seconde Guerre mondiale, se tue au travail, dans une société de conception de bagages. L’enfant rêveur est devenu petite main désincarnée d’un voyage dont il est privé. C’est dans ce contexte que surgit le petit ours en peluche, aux teintes délavées, à la mine décrépite et à l’amitié contrariée.

 

photoBah ça a changé Saint-Tropez

 

Cet univers mélancolique, où le désespoir surgit ponctuellement, est mis en lumière par Matthias Koenigswieser avec un spleen qui ne manque pas de superbe. Le chef opérateur joue habilement des focales, des textures et des nuances de gris, subvertissant totalement les attendus d’un récit à priori naïf d'un épisode surgonflé de Winnie. Le personnage, sorte d’adorable crétin, dernier rempart contre la grise absurdité du monde, y apparaît littéralement transfiguré.

 

QUAND FORSTER FAIT WINNIE

De même, on est étonné par la dimension glaçante d’un scénario qui constate, parfois avec cruauté, le désenchantement du monde. Comme si le studio, par miracle, avait soudain compris qu’une grande rasade de tristesse était un meilleur onguent que le positivisme à tout crin. Comme si, enfin, il était admis que regarder en face une profonde angoisse existentielle pouvait être plus sain qu’un sourire hypocrite de circonstance.

 

Photo, Ewan McGregorLe miel, ça fatigue...

 

Cette tonalité inattendue et amère, qui confère énormément de poésie au récit, est sans doute le fait de l’invraisemblable équipe de scénariste derrière le projet. Nul doute que ce sont Alex Ross Perry (Listen Up Philip , Her Smell Queen of the Earth) et Tom McCarthy (The VisitorSpotlight), qui ont décidé de creuser à l’os ce Jean-Christophe et Winnie, jusqu’à tourner la candeur d’Ewan McGregor en un paravent saumâtre.

Malheureusement, Disney demeure Disney et Marc Forster se révèle un bon soldat, en cela qu’il ne prend jamais véritablement de risque. Il se contente de servir la soupe à ses excellents comédiens (dont Hayley Atwell), dont il souligne les affects sans jamais les sublimer, jusqu’à un dernier acte, qui malheureusement piétine tout ce qui a été mis en place et narré précédemment.

La lumière revient, les sourires grandissent,et les larmes sont balayées, dans une schizophrénie malvenue, à la limite du contresens. Et c’est peut-être le plus désolant, dans cette expérimentation faussement mielleuse : la voir se saborder si facilement, pour convaincre son public que non, tout ne va pas si mal. Voilà qui n’aide pas la médecine à couler.

 

Affiche française

Résumé

L'ourson nous revient, déprimé et abandonné, à la faveur d'un conte dépressif aux airs d'onguent... Jusqu'à ce que le récit bascule dans un positivisme artificiel, qui ruine toute cette belle mélancolie.

Lecteurs

(4.5)

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commentaires

Simon Riaux - Rédaction
29/10/2018 à 10:23

@justsomeone

Prenez une tisane.

justsomeone
28/10/2018 à 14:19

mais parce que les gens ont besoin de désespoir en ce moment oui.
si ta envie de désespoir va voir des truc comme l'infanticide des filles sur wikipedia ou goblin slayer oeuvre de manga dans laquelle l'auteur partage son fetish de violé des femmes forte. la ou c'est bien de la merde et ça te montre bien la vie réelle.
ce film etait innocent et winnie a toujours etait un symbole de gentillesse et de compassion , alors bien sur que la fin va pas étre en mode dépression il perd son travail allez il vont crever la dalle.
critique de merde. les arguments de se message était probablement un peu hors propos , mais quand je vois des gens cracher sur des films heureux parce qu'il aime vivre dans la misère de leur merde bah il peuvent allez se faire foutre.

Simon Riaux - Rédaction
26/10/2018 à 16:24

@coco

Ouais enfin bon, le film ne s'adressant clairement pas aux enfants...

coco
26/10/2018 à 15:08

la bonne fin du critique c 'est / l asile pour les fous et ensuite la corde dès que possible...
seulement pour les enfants de 4 ans c 'est pas possible.....
Alors laissons leur leur rêve...et puis les seules critiques acceptables sont celles
du journal de Mickey....Merci Erwan pour ton talent , répondre à des oursons en peluches
ce n'est vraiment pas facile.
Signe/ UN GRAND-PERE

Shagon
26/10/2018 à 12:11

On est tous de Bourriquets qui voulaient être Winnie... (Punchline dépressive)

Simon Riaux - Rédaction
25/10/2018 à 17:41

@mikegyver

La fin contredit tout le projet du film, change de ton, perd en finesse, se prend les pieds dans le tapis.

Bref elle est tout simplement ratée et grossière.

Edge
25/10/2018 à 17:39

Mikegyver, depuis quand une critique ce n'est pas donner son avis ?

Andarioch
25/10/2018 à 17:11

@Opale
Et quelle présence. La série conviction avait beau être plus que moyenne, elle illuminait chacune de ses scènes.

mikegyver
25/10/2018 à 17:09

donc vous avez pas aimé la fin ? vous auriez aimé que l'angoisse et la tristesse dure.......

......en gros c'est votre avis ok, mais qu'est-ce que ca vient foutre dans une critique de film ?

rien en fait.

Opale
25/10/2018 à 16:46

Quelle belle femme cette Hayley Atwell...

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