Chair de poule 2 : Les Fantômes d'Halloween : critique frissons de la honte

Christophe Foltzer | 25 octobre 2018
Christophe Foltzer | 25 octobre 2018

Si le premier Chair de Poule n'avait pas été le plus grand succès de l'année 2016, il n'en restait pas moins un divertissement de qualité. Pas génial mais pas honteux non plus, il constituait un bel hommage à l'oeuvre du romancier R.L. Stine et s'amusait beaucoup avec les codes du genre. Deux ans après, Chair de Poule revient pour Chair de poule 2 : Les Fantômes d'Halloweenréalisé par Ari Sandel et mené par Jack Black entre autres, et on se dit qu'il a dû se passer un truc grave entre-temps.

LA VALSE DES PANTINS

Riche de 74 romans, sans compter les spin-offs, la saga Chair de Poule est toujours difficile à adapter, surtout lorsque l'on veut contenter tout le monde. Le premier film avait habilement contourné le problème en proposant une réunion des figures les plus emblématiques de la collection et de la série télé et il faut reconnaitre que cela fonctionnait plutôt bien. C'était un peu le bordel sur la fin, certes, mais ça tenait la route.

Chair de poule 2, lui, fait l'inverse et décide de se concentrer sur une seule créature emblématique de cet univers : le pantin Slappy. Encore que ce n'est pas totalement vrai. Nous voici donc transportés à Wardenclyffe, une petite ville qui se prépare pour Halloween. Là, la jeune Sarah n'arrive pas à écrire son examen littéraire pour la fac de Columbia, elle ne sait pas ce qu'est la peur.

 

photo, Jeremy Ray Taylor, Madison IsemanAttention, à l'intérieur, une scène gênante !

 

En parallèle, son frère Sonny et son ami Sam tentent de lancer une entreprise de récupération de déchets. Ils sont envoyés dans une vieille maison où ils trouvent un mystérieux livre qui, en l'ouvrant, fait apparaitre le pantin Slappy. Doté d'une vie propre, il va commencer à faire quelques siennes avant de convoquer tous les monstres d'Halloween et créer un gigantesque bordel dans la ville qui abrite aussi l'ancien laboratoire de Nikola Tesla. Mais que fait R.L. Stine ?

 

photo chair de poule 2This is Halloween (air connu)

 

A la lecture de ce petit résumé, on comprend déjà que quelque chose ne va pas. Cela peut être un choix judicieux mais cela pose problème d'emblée : le film ne fait aucune mention du précédent. Alors certes, cela répond au principe même de la collection, une succession d'histoires d'horreur indépendantes. Problème : cela ne fonctionne pas dans la mesure où le premier film se la jouait méta en faisant intervenir le personnage du romancier qui conservait toutes ses oeuvres chez lui, élément déclencheur du chaos.

Ici, c'est un peu le même principe mais pas vraiment. Il y est bien question d'un bouquin caché de R.L. Stine, il y a bien quelques rappels aux événements survenus à Madison mais en faisant l'impasse sur les événements précédents, Chair de poule 2 : Les Fantômes d'Halloween annihile la cohérence déjà bien fragile de son univers. Pire encore, c'est le personnage de Jack Black, R.L. Stine donc, qui en pâtit le plus puisque son intervention tardive se révèle bien anecdotique et inutile et prouve que le film pouvait très bien s'en passer.

 

photo slappySlappy, le grand méchant du film

 

DUREE DU FILM : 1H23...

Le gros souci, c'est que le film n'a pas grand chose à raconter et rechigne à nous donner le spectacle promis. On hallucine quelque peu sur l'amateurisme du scénario qui enchaine les clichés vieux de 20 ans à une cadence infernale.

Entre le petit gros et le petit noir maltraités par les caïds à bicyclette, la jeune ado qui va bientôt quitter le nid, le petit copain infidèle, la mère infirmière célibataire, le vendeur du coin un peu coincé mais sympa et le voisin chinois vaguement homo et creepy parce que totalement investi dans la fête d'Halloween (pauvre Ken Jeong), absolument rien ne fonctionne.

 

Photo Ken Jeong"Qu'est ce que je fais là moi sans déconner ?"

 

En résulte un déséquilibre permanent entre les enjeux (inexistants) et les événements (peu intéressants). Même quand la star de l'histoire apparait, la poupée Slappy, le film échoue à lui donner la place qu'elle mérite, l'installant en boogeyman de pacotille avant de la transformer en grand méchant en haut de sa tour qui ne s'embarrasse même plus de friser avec le ridicule.

Alors oui, on pourrait se dire que c'est un film pour les enfants, que du coup ce n'est pas grave mais non, c'est grave. Si le film original ne réinventait pas l'eau chaude, il le faisait néanmoins avec sérieux, un minimum de passion et une dose de sincérité dans la démarche qui permettait d'évacuer les nombreuses scories qui jalonnaient son parcours.

 

photo chair de poule 2Ok, certains monstres claquent bien comme il faut. Dommage qu'ils soient si mal utilisés.

 

... TEMPS RESSENTI : 5H30

Ici, rien de tout ça. Nous sommes dans le cas d'une suite gravement cynique et qui prend son jeune spectateur pour un imbécile. Les événements s'enchainent sans vraiment de cohérence, des éléments-clés restent en suspens (qui appelle les jeunes pour qu'ils aillent vider la maison ? Quid du petit copain ? Et la mémé ? Hein, la mémé ?), le film préférant aligner les placements produits plutôt que de créer un vrai univers (premier plan du film offert à Dunkin Donuts, puis ribambelle de rappels aux produits dérivés Sony et à Apple en passant par quelques marques de voiture ou de magasin).

 

photoJack Black, là uniquement pour prendre la thune qui lui permettra de relancer Tenacious D

 

Et quand le film s'excite enfin, au bout de quasiment une heure, c'est pour nous ressortir presque tout ce que nous avons déjà vu dans le précédent : farandole de monstres avec le loup-garou et le yéti, bâtiment iconique délabré en lisière de la ville et acte final en hauteur. Bref, rien de nouveau, encore moins bien fait qu'avant puisque, si les effets spéciaux se révèlent de qualitéAri Sandel ne sait absolument pas les filmer. Son sens de la mise en scène semble issu des pires productions Disney Channel.

Quand le meilleur moment du film est une courte blague sur Ça (que les jeunes enfants ne pourront donc pas comprendre), quand le personnage de R.L. Stine arrive enfin dans l'histoire et découvre le bordel pour dire que décidément tout ceci est bien cliché, le film ne masque même plus son mépris du public et ses intentions purement mercantiles. Bien que toujours vivant, R.L. Stine doit déjà se retourner dans sa tombe en découvrant un tel carnage de son oeuvre.

 

affiche finale

Résumé

Chair de Poule 2 n'est pas un film, c'est un coup marketing qui foire tout ce qu'il entreprend. Alors qu'on aurait pu avoir une chouette variation des Gremlins pour les enfants, le film préfère nous prendre pour des abrutis et renier toutes les qualités de son prédécesseur. La honte.

Lecteurs

(3.3)

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commentaires

Black
06/04/2019 à 12:31

Film est de la merde le première etais pas mal mais la de l'ennuie du début a la fin des copie coller pas trop d'action ni de suspense.. rien a voir avec le première et l œuvre originale et bien mieux. Un filme qui a fait perdre mon temps.

Christophe Foltzer - Rédaction
25/10/2018 à 16:45

Cher Inconnu,

Bien content que le film vous ait plus plu qu'à nous et désolé que la critique vous énerve au point de vous faire oublier votre propre nom.

Pour le reste, je vous conseillerai (peut-être ai-je tort ?) de ne pas prendre tout cela trop à coeur, à moins que vous ne soyez en réalité le réalisateur, producteur ou distributeur du film. Une critique n'a jamais valeur d'évangile, elle ne correspond qu'à un avis et si jamais par le plus grand des hasards elle possède une quelconque portée, elle n'est là que pour faire gagner du temps et de l'argent à nos lecteurs.

Mais heureusement, ils sont libres d'aller voir le film s'ils le souhaitent et de penser l'inverse. Donc, on se détend du bulbe et on se rappelle que l'on parle avant tout de cinéma et que, de ce fait, il n'est pas obligatoire d'insulter les gens qui ont un avis différent du sien. La journée n'en sera que meilleure et plus douce, vous verrez.

Inconnu
25/10/2018 à 16:31

Allez vous faire voir ! Le film est génial et les effets spéciaux sont très réussis.
Vous êtes des arnaqueurs bidons qui nous déconseille un film au lieu de nous conseiller. Relisez vous !

nimbari
25/10/2018 à 14:41

Bon choix Zanta, Monster House est une petite merveille parfaitement appréciable par des adultes.

Zanta
25/10/2018 à 13:32

A partir du moment où le studio avait commandé un script impliquant le retour de Black, et un autre sans lui, et que le budget est passé de 55-84 pour le premier à 35 millions, ça sentait Sony qui voulait réduire les coûts à tout prix.
Mais ça ne voulait pas dire ce produit final affligeant...
Pour les gamins, mieux vaut leur passer le méconnu mais très bon "Monster House" de 2006.

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