Love Addict : critique qui en a dans le pantalon

Simon Riaux | 18 avril 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 18 avril 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Étrillé par la critique et de plus en plus par le public, Kev Adams n’apparaît plus aussi intouchable qu’au sortir du phénomène Soda. Après les semi-échecs de Gangsterdam, Tout là-hautAmis publics et l’indifférence polie suscitée par la série Superhigh, le panzer-LOL du box-office cale. Pas sûr que Love Addict inverse la tendance.

 

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Pourquoi le jeune artiste, dont l’énergie volcanique et l’aura sympathique demeurent indéniables, ne provoque-t-il pas la même unanimité qu’il y a quelques mois ? Peut-être parce que pour le moment, ni lui ni ceux qui lui donnent des rôles ne semblent désireux de le faire disparaître derrière ses personnages.

En témoigne ce Love Addict de Frank Bellocq, qui fait des pieds et des mains pour rendre sympathique son héros, banal queutard vraisemblablement amputé d’un ou deux hémisphères cérébraux. Décidé à ne plus rentrer les poils de tout ce qui bouge autour de lui, Gabriel veut se faire coacher, avant de ficher en l’air sa vie professionnelle et de se fader un gros chlamydia purulent. Il demande l’aide de Marie-Zoé (Mélanie Bernier), ravissante coach qui l’aidera à ne plus asperger ses contemporains de ses gamètes.

 

Photo Kev AdamsNavet Addict ?

 

Personnage stupide et odieux sur le papier, Gabriel ne peut être traité que par l’absurde ou la rupture de ton, la folie ou la gravité. Mais Kev Adams s’en mêle et il paraît évident, sitôt l’acteur à l’écran, que le scénario n’osera jamais traiter frontalement de son personnage, commercialement tenu de demeurer sympathique, léger et positif, quelque part entre le gendre idéal et un revenant du Club Med coincé dans une capsule temporelle. Le résultat manque donc terriblement de chair et d'écriture, le film préférant se baser sur la renommée de son interprète plus que sa propre construction comique.

 

Photo Marc LavoineCourage, Marc

 

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Difficile dans ces conditions de s’intéresser à cette longue réclame pour Kev Adams, esthétiquement plus proche d’une publicité contre les fuites urinaires que d’une proposition de comédie. Les gags arythmiques s’enchaînent mollement, tandis que le script multiplie les séquences invraisemblablement embarrassantes. On pense notamment à une scène chantée où Mélanie Bernier balance du Grease dans une boîte gay, dont on ne saisit ni le sens ni la direction, tout comme les interventions de Marc Lavoine, qui virent presque toujours à l'humiliation du personnage et de son interprète.

 

Photo Mélanie BernierMélanie Bernier, toujours lumineuse

 

L'actrice vu dans Un peu, beaucoup, aveuglément et Les Gamins est pourtant la seule raison de s’infliger Love Addict. Lumineuse et toujours dans le tempo, elle parvient ici et là à sauver quelques gags, injectant dans le métrage une dynamique à mi-chemin entre Tex Avery et l’âge d’or de la comédie hollywoodienne.

À ses côtés, Stéphane Debac ferait presque oublier la prestation désastreuse de Sveva Alviti, révélée dans Dalida. L’ensemble en témoigne, le cinéma hexagonal ne manque ni d’idées à creuser, ni d’artisans du rire pour les porter, mais il ne pourra y parvenir sans abandonner ses tropismes télévisuels ringards et anachroniques.

 

Affiche

Résumé

Coincé entre son principe de base, un scénario maladroit et une star qui ne s'efface jamais derrière son rôle, Love Addict a tout du mauvais coup.

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commentaires
eleazar
05/06/2018 à 23:34

tant que le contribuable acceptera de financer ces bouses, ils continueront de se remplir les poches

VuDanslaSemaine
21/04/2018 à 22:51

Pas trop mal, Dommage qu'il n'y ait pas de scenes marrantes en dehors de ce que l'on voit sur la bande annonce. . C'est un peu dur, désolé ! Dommage aussi, le papotage en anglais dans le film et les sous titrages. Chose trés ennuyeuse surtout dans une comédie. , Mais peut-être que cela fait "chic", il faut juste prendre en compte que moins de 10% des français parlent l'anglais !
Prenez la peine de faire un doublage même avec un accent, ca pourrait avantager la comedie.
Bref, pas mal quand même, bonne continuation

Raoul
19/04/2018 à 16:04

Original par les temps qui courent de faire un film sur la réinsertion sociale d'un obsédé sexuel. J'espère que la nana ne succombe pas a son charme à la fin, ce serait couillu comme morale.

Zanta
19/04/2018 à 00:51

Mélanie Bernier est très mignonne, mais en tant qu'actrice, ça reste pour l'instant très peu convaincant...
Un gros problème de charisme et de prestance. Elle était inexistante dans "Les Gamins", et "Un peu, beaucoup, truc" est tellement anecdotique.
Curieux de voir si elle arrive à s'imposer face à un mec aussi rôdé dans son numéro.

Number6
18/04/2018 à 19:05

Le seul film avec Kévin Adams que j'ai apprécié avec mes gosses récemment c'est drôles de petites bêtes...
Ah on me dit dans l'oreillette qu'en fait je juge les autres films de ce jeune homme sans les avoir vu. Soit...

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