Un raccourci dans le temps : critique qui va vous en faire gagner (du temps)

Simon Riaux | 20 avril 2022
Simon Riaux | 20 avril 2022

Un raccourci dans le temps est ce soir à 21h05 sur 6ter.

Classique de la fiction enfantine et adolescente, Un raccourci dans le temps de Madeleine L’Engle est aujourd’hui adapté par Disney et précédé d’une promotion massive. Programmé quelques semaines seulement après Black Panther, le métrage confié à Ava DuVernay (Selma), avec notamment Oprah Winfrey, Reese Witherspoon et Chris Pine, marque un nouveau jalon dans la volonté du studio de maquiller certains de ses blockbusters en happenings idéologiques.

 

SYNDROME BENETTON

Il est ici question de la jeune Meg, de son petit frère adoptif Charles Wallace et de leur périple pour retrouver leur paternel, mystérieusement disparu après une série d’expérimentations relatives à la manipulation de l’espace et du temps. Là où le texte original constituait déjà une quête initiatique teintée de fantaisie et dopée à l’imagination, le studio a décidé de plaquer un discours extrêmement programmatique à base de vivre ensemble et d’empowerement, confié à Ava DuVernay, réalisatrice de Selma.

 

Photo Ava DuVernayAva DuVernay et Storm Reid

 

Si Un raccourci dans le temps met en avant un discours qui n’est pas problématique en tant que tel, relativement rafraîchissant au sein de la production actuelle, il greffe ses idéaux n’importe comment et n’en fait jamais des ingrédients de scénario. On saura gré à la cinéaste de vouloir proposer à un public qui n’en dispose traditionnellement pas, une jeune héroïne afro-américaine dynamique (interprétée par Storm Reid), forte et poussée par des valeurs éminemment positives, encore fallait-il s’inquiéter de comment le raconter.

En l’état, le film se résume à un tract, qui tente lourdement de recycler son discours en péripéties, c’est-à-dire précisément la démarche inverse de celle qui aurait dû présider à sa conception. À titre d’exemple, voir Meg se plaindre mécaniquement des remarques stéréotypées de son ami sur ses cheveux, ou chaque personnage secondaire lui délivrer des discours d’encouragements que n’oserait pas ânonner un étudiant en lettres amoureux sous MDMA, confère au dispositif une artificialité embarrassante.

 

Photo Chris PineUn des rares décors (très) réussis du film

 

BEAU COMME UN CAMION

Ecrit en pilote automatique dans le seul et unique but de contenter les Social Justice Warrior et autres thuriféraires d’un cinéma idéologiquement hygiénisé, Un raccourci dans le temps est également un cataclysme esthétique. Réalisatrice généralement maître de ses effets (mais plus percutante dans le domaine du documentaire), Ava DuVernay s’efforce ici de donner au projet une singularité qui vire rapidement à la fête du slip numérique.

 

Photo Mindy KalingMindy Kaling protégeant ses yeux d'une bouillie numérique

 

Etonnant et plastiquement intéressant lorsqu’il tente d’incarner physiquement sa direction artistique à travers des décors en dur, enchanteur lorsque l’image se mêle à des effets crayonnés ou malin lors de ses nombreuses transitions, Un raccourci dans le temps préfère se focaliser sur une cascade d’effets numériques et de concepts qui exigent le plus souvent le port de lunettes de protection.

Au-delà de l’indigence technique (les surimpressions semblent avoir été effectuées via un tutoriel de montage pour lamantins anémiés), c’est bien l’agencement des idées qui pose problème. Il faut de l’abnégation pour supporter l’image de trois mômes insupportables flottant sur une feuille de laitue spatiale (alias Reese Witherspoon !) en caressant le menton d’une Oprah Winfrey transformée en Godzilla peroxydée, tant le rendu tient de la torture pure et simple. À ce titre, il est tristement révélateur que le climax oppose littéralement le cœur de son héroïne à un cerveau géant, comme si pour faire passer la pilule de sa recette faisandée, le film suppliait le spectateur d’abandonner ses neurones en cours de route.

 

Affiche

Résumé

Tract éléphantesque pour un vivre-ensemble de pacotille, Un raccourci dans le temps se double d'un cataclysme plastique embarrassant.

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Lecteurs

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commentaires
Cidjay
22/04/2022 à 16:10

Hey ! je me rappelle maintenant !
J'ai vu ce film !
Le meilleur moment est au début film... ...quand j'ai commencé à dormir.

Flo
21/04/2022 à 14:38

Pas vraiment un raccourci... Plutôt un gros détour pour raconter simplement une histoire d'acceptation chez une adolescente. Et encore, pas vraiment traitée à fond - le rapport avec les cheveux frisés par exemple... et c'est quasiment tout, aucune mention de sa façon de vivre son métissage etc... Juste la classique histoire du père absent (4 ans "seulement"), et tout ce qui en découle.

C'est là où on voit qu'il y avait un choix à faire : soit raconter explicitement cette histoire, et faire exister les moments fantastiques signifiants en parallèle,
Soit se concentrer sur la quête du père dans une aventure très rocambolesque, et faire émerger les questionnements intimes à travers ça.
Là, s'il est clair qu'il s'agit d'un film avec un ton très féminin, progressiste, et avec une sorte de poésie conceptuelle en néo Technicolor... il est dommage que le rythme d'un film d'aventure SF, pour et avec des enfants, ne soit pas tenu et apparait comme incompatible.
Pour l'ambition que ça affiche, garder une cinégénie familière est indispensable pour pouvoir tenir l'audience, et ensuite retourner ses attentes en lui proposant quelque chose de différent, d'inhabituel.

Même dans une histoire aux atours de conte de fée(s), où tout ce qui apparaît comme incroyable n'existe "que parce-qu'on y croit et c'est tout"... la notion de danger, de peur et de progression se doit d'être précise, et dénuée de lenteurs.
Sinon, c'est le spectateur lambda qui n'y croit pas, et ne rentre pas dedans.
Il valait mieux prendre d'abord la grande route...

Hotaku en solo
20/04/2022 à 19:41

Bonsoir, je ne trouve plus l'article sur Netflix et sa perte d'abonnés ?

Mais où est-il passé ? Je voulais lire les commentaires des lecteurs

Bonne soirée, cordialement

Ju
29/12/2018 à 21:36

Votre journaliste aime s écouter parler ....
J adore ..... lol
Plus sérieusement, quelle condescendance dans ses propos et surtout l utilisation systématique de termes génériques inventés ou pas ....

Moi perso, je n ai pas tout compris à certaines phrases .....

Sinon le film était bien jusqu au milieu ensuite il est beaucoup moins bien...

A voir quand même
Je dirais dans des termes simplistes ....lol

Lilou
05/07/2018 à 00:28

Il y a bcp de messages codés par rapport a l univers, aux mondes parallèles etc. Il faut en comprendre le sens ????

FamouslyMe
01/07/2018 à 15:45

Le film etait juste nul contrairement a se que les acteur voulais pretendre ..mais bon a chacun ses gouts ..pour ma part cetais une grosse perte de temp et d'argents

Casslove3
13/06/2018 à 01:25

Ce film est une animation plus pour les enfants que les adultes, je trouve ce film vraiment accrochant et l'action est toujours présente. Chacun son avis, mais aucunement le droit de dire que ce film est nul, car essayez de réaliser tous ces montages et ces scènes et vous verrez que laisser passer des erreurs est humain. Ce film est vraiment beau, l'histoire est magnifique tout comme les effets spéciaux de mon point de vue.

Lili
06/06/2018 à 13:05

Ha les français... toujours à râler et à critiquer..alors que vous ferais meme pas le quart de ce qu ils font

Momott
30/05/2018 à 12:42

Je suis désolé de vous l'annoncer mais c'est à cause de gens comme vous que le cinéma d'aujourd'hui et massacré car de beau film fantastique de ce genre son reléguer en second plans car vos critique son fragmentaires de plus il et rare de nos jour de voir des film qui son encore la descence de ne pas nous mettre du sexe partout de ce fait je suis d'accord le sexe fait vendre mais arrêter de massacré les film qui en son dépourvu car moi se film je les très bien aprecier et mon fils de 6 ans aussi enfin un fulm qu'il peu regarder sans que l'on doive lui mettre la main devant les yeux à cause de scène pas très conseiller au enfant

will 19
15/03/2018 à 10:14

Vous voulez voir un film avec Jennifer Lee au scénario; vous êtes prévenu qu'elle n'est juste qu'une activiste SJW sans aucun talent ni CV, juste employée en tant que quota affirmatif.

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