BALLE DE MATCH
Pour tous ceux qui se pâment à chaque fois que Roger Federer rencontre Rafael Nadal, qui voient dans les grands duels une source perpétuelle de renouvellement dramatique, le film de Janus Metz Pedersen aura des airs de friandise bienvenue. Les faits y sont énoncés clairement, les personnalités des deux adversaires établies avec clarté, et leur épreuve de force, immortalisée à Wimbledon, est amplement mise en avant par la structure du récit. Les salles de cinéma étant moins couteuses et mieux climatisées que le court de Roland Garros, ils pourront s’en satisfaire trop de mal.
Malheureusement, si on ne note jamais de dramatique fausses notes, ce divertissement se fait souvent beaucoup trop programmatique, la faute à une caractérisation trop mécanique, et une opposition finalement très superficielle. La faute n’en revient pas aux comédiens, Shia LaBeouf comme Sverrir Gudnason font preuve d’investissement et d’intensité, mais plutôt d’une écriture qui les enferme dans les rôles d’excité antipathique pour l’un, de Terminator glacial pour l’autre. Et comme c’est le second qui occupe la majeure partie du métrage, ce dernier finit par pâtir d’un sévère manque d’aspérité.
Shia Labeouf et Sverrir Gudnason (ou plutôt l’inverse)
FOND DE COURT
Mais le problème le plus prégnant, celui qui empêche une dramaturgie pourtant efficace de prendre de l’ampleur, c’est la limitation physique du duo d’acteurs, que la mise en scène ne parvient jamais à sublimer. Alors que le fameux match s’étale sur plus de trente minutes, impossible de ne pas remarquer que ni Gudnason, ni Labeouf ne sont capable d’échanger des balles de tennis. On peut comprendre aisément que les deux artistes ne se soient pas transformés par enchantement en champions de la raquette, mais on regrette que le découpage ne parvienne jamais à nous tromper.
Ainsi, Borg / McEnroe s’enferme rapidement dans un festival de champs/contrechamps à la rigidité extrême, certes lisibles, mais terriblement faux et lisse. Rien qui interdise de passer un agréable moment, certes, mais ce dispositif lasse néanmoins, préférant ronronner plutôt qu’accompagner ses deux héros dans leur confrontation herculéenne.
Plus un film dramatique pour le réalisateur Janus Metz Pedersen (aussi à l’aise sur des productions étrangères que dans son propre pays, le Danemark).
L’idée principale étant que « l’homme machine » Borg est en originellement le vrai sanguin, dès son enfance, hargneuse. Et le spectateur de trépigner inutilement dans l’attente d’un pétage de plomb… qui n’arrivera jamais à l’âge adulte – joué par un Sverrir Gudnason qui illustre bien l’expression de la tempête sous le crâne.
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Tandis que le rebelle grande gueule McEnroe a d’abord été l’enfant prodige – à mettre forcément en parallèle de son comédien Shia LaBeouf, dans ce qui est à la fois l’un de ses derniers meilleurs rôles… mais aussi le plus utopique.
Les prises de conscience se font en parallèle chez les deux (se décoincer ? se calmer ? que donner au public ?), même si c’est Gudnason qui aura la priorité à l’écran, prod finlandaise oblige.
Jusqu’au fameux match – 20 minutes de tensions, même avec beaucoup de doublures – qui va enfin les réunir, et faire d’eux plus ou moins des âmes sœurs.
C’est aussi de ça que ça parlait : l’union de deux solitudes, qui ont beaucoup à apprendre l’une de l’autre.
@Rorov94
Tu oublies « Nous irons tous au paradis », d’Yves Robert
J’ai vu le film hier soir et j’ai adoré.
Pas trop long, et pas de longueur. Il permet aussi de mieux connaître les personnalités des 2 joueurs, et d’apprendre plein de détails sur leurs rituels, leur vie.
Je conseille
Ouais, j’ai pas vu le film mais c’est sûr que si aucun des 2 acteurs ne sait correctement taper dans une balle avec une raquette, ça perd vite en crédibilité.
A voir dans quelques années un de ces jours ennuyeux dans un avion ou simplement à la TV. Malgré que le sujet m’intéresse, j’avais déjà pris la résolution de boycotter tous les films de Shia Labeouf au cinoche.
Ouais enfin « Maboul » t’es gentil mais le film est fait pour plaire aux néophytes du sport aussi hein. Je connais rien aux formule 1 et j’ai adoré Rush par exemple. Tout comme j’ai adoré Invictus alors que je me contrefous du rugby.
Les meilleures scènes de tennis du ciné:
-les aventures d’un homme invisible de carpenter
-les sorcières d’eastwick de miller.
N’est pas Ron Howard qui veut !
Il faut une formation tennis pour juger un film maintenant ?
ça y est, 1er com 1er fan de tennis pas content qu’on aime pas trop le film sur son sport préféré lol
ha l’être humain…