Better Call Saul saison 1 épisode 2 : Breaking Bloody Bad ?

Jacques-Henry Poucave | 10 février 2015
Jacques-Henry Poucave | 10 février 2015

Avec déjà un deuxième épisode disponible, Better Call Saul a décidé de frapper très très fort. Preuve que le spin off de Breaking Bad entend marquer son territoire très rapidement, la série prend un tour particulièrement violent et caustique. ATTENTION SPOILERS.

COMME AU BON VIEUX TEMPS

Il suffit que tout change pour que rien ne change. Nous retrouvons donc Saul Goodman (Bob Odenkirk) dans une très fâcheuse posture, au beau milieu du désert, avec Tuco. Vieille connaissance de Breaking Bad, alors loin de se douter du sort funeste qui l’attend, le trafiquant s’impose déjà comme un fou furieux de la pire espèce.

Et il faudra à James McGill toute son ingéniosité pour se sortir de ce mauvais pas. Accompagné de deux compagnons d’infortune, l’avocat ne survit que grâce au complice de Tuco, Nacho, qui souhaite l’épargner. L'occasion d'une séquence qui annonce la couleur, non la série ne prendra pas son temps et n'aura pas besoin de nous faire patienter aussi longtemps que son aînée pour faire feu de tout bois.

Une nouvelle fois on retrouve les ingrédients de Breaking Bad : un ton méchant, une très grande violence et un suspense jubilatoire. Du déjà vu en quelque sorte, mais la série semble aujourd’hui la seule capable de reprendre le flambeau de ce type de divertissement aussi cruel que jouissif.

LA NAISSANCE DE SAUL

Autre point fondamental de la série, derrière l’avocat raté James McGill, apparaît enfin Saul Goodman. Alors qu’il met maladroitement sur pied un plan foireux avec Nacho pour cambrioler un autre personnage, nous comprenons la logique interne du personnage.

S’il est un avocat raté mais consciencieux, James est également fasciné par le crime. Il est évident qu’il ne pourra y faire de vieux os, pas assez malin et mauvais pour y prospérer il ne pourra que s’y casser les dents.

Voilà qui devrait initier son déclin, ou sa gloire, selon le point de vue.

MAUVAISE BLAGUE

Un constat s’impose, cet épisode beaucoup plus drôle que le premier, s’il n’est pas rythmé par des gags, se révèle d’une drôlerie étonnante et terriblement grinçant.

C’est sans doute là que peut se glisser la différence avec Breaking Bad, la particularité de Better Call Saul, dans le parcours amer mais sans doute hilarant d’un homme de loi se rêvant caïd, destiné à devenir un curieux mélange des deux.

Réalisé par Michelle McLaren (une habituée de Breaking Bad embauchée pour mettre en scène Wonder Woman), ce deuxième épisode est une belle réussite. Saignant, cruel et drôle, il nous ouvre les portes d’un show qui montre déjà les dents. L'épisode culmine ainsi lors d'une séquence au montage ahurissant, brillant, où Jimmy enchaîne les plaidoieries alors que commence sa mue en Saul.

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