Better Call Saul saison 1 épisode 1 : aussi bon que Breaking Bad ?

Simon Riaux | 10 février 2015
Simon Riaux | 10 février 2015

Enfin, le premier épisode de Better Call Saul est arrivé. Que vaut donc le spin-off de Breaking Bad, centré sur un de ses personnages secondaires les plus emblématiques, l’avocat Saul Goodman. ATTENTION SPOILERS.

Ceux qui regretteront que le premier épisode de la nouvelle série évènement d’AMC ne renoue pas avec la folle intensité et le suspense dévorant de Breaking Bad auront besoin de se rafraîchir la mémoire.

 

RETOUR VERS LE FUTUR

En effet, la série, désormais culte, n’a pas démarré sur les chapeaux de roues loin de là. Ses deux premières saisons, brillamment construites, tenaient plus de la chronique désenchantée que du thriller. Walter White (Bryan Cranston) et Jesse Pinkman (Aaron Paul) y étaient deux loosers pathétiques, en but à l’hypocrisie d’un rêve américain évaporé sous le soleil du Nouveau-Mexique.

 

 

Et c’est exactement le programme de Better Call Saul.

Même décor, même aigreur, même spleen à perte de vue. Attention toutefois, ce nouveau show nous donne des gages très différents de l’ouverture de Breaking Bad.

 

RIRE ET PLEURER

Comme on pouvait s’y attendre, Saul Goodman n’est pas encore l’avocat véreux et roublard que nous avons connu dans Breaking Bad, il est même radicalement différent. Juqu’à son patronyme, puisqu’il s’appelle encore James McGill. Avec beaucoup de talent, Bob Odenkirk compose une belle variation autour du personnage qui l’a fait connaître. Toujours gouailleur, il semble bien moins sûr de lui, et sa voix rocailleuse se brise souvent à la fin d’une réplique dont il sent l’inutilité.

C’est que l’homme est un petit avocat raté, sans avenir, la risée de ses proches et de ses confrères. Entre des clients minables et une société dont il se sent exclu, James McGill n’a absolument rien du business man vicelard que nous avions rencontré.

 

 

Tout cela est certes un peu attendu, voire carrément prévisible, mais à nouveau, Vince Gilligan bluffe par sa capacité à livrer un épisode écrit au cordeau. Ce premier épisode est une leçon de rigueur et de construction. är bien des aspects, il rappelle la mélancolie qui habitait le premier épisode des Sopranos, dontil semble clairement s'inspirer. Ajoutons que comme ce dernier, il pourrait quasiment constituer un eptit long-métrage indépendant à lui seul.

 

DES DEBUTS BIEN TRANQUILLES

On pourrait regretter qu’il ne se passe quasiment rien dans cet épisode, ou qu’il se contente de nous offrir deux caméos de luxe. Si celui de Mike est appelé à devenir récurrent et essentiel, on se doute que celui de Gus est probablement pour l’instant un simple clin d’œil.

 

 

De même, le personnage du frère de James est un cliché sur pattes, qu’on espérait plus charpenté. Mais il ne faut jurer de rien, dans les premiers épisodes de Breaking BadAaron Paul n’était pas grand chose de plus qu’une caricature de junkie particulièrement agaçante quoique bien écrite.

Ainsi, Better Call Saul nous fait une promesse de taille. Celle de respecter l’équilibre impressionnant trouvé avec sa série aînée, à savoir celui d’une construction lente, mais implacable.

Et au vu de la richesse de cet univers, du talent des scénaristes pour dézinguer et autopsier les démons de l’Amérique, Better Call Saul pourrait bien faire à la comédie ce que Walter White a fait au thriller.

 

 

Tout savoir sur Better Call Saul

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commentaires
tuco
10/02/2015 à 18:32

Ce n'est pas Gus mais Tuco.

L'abbé quille
10/02/2015 à 14:01

Vous l'avez vu où Gus ? Moi, j'ai vu quelqu'un d'autre mais pas Gus (j'ai pas envie de spoiler). Le deuxième épisode mis en ligne aujourd'hui est énorme et devrait vous faire changer d'avis.

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