La Révolution sur Netflix : le nouveau phénomène à ne pas rater ?

Geoffrey Nabavian | 15 octobre 2020 - MAJ : 15/10/2020 15:34
Geoffrey Nabavian | 15 octobre 2020 - MAJ : 15/10/2020 15:34

La Révolution, nouvelle série Netflix française à voir le 16 octobre, a dévoilé ses premières minutes.

Attendue avec curiosité par beaucoup, cette aventure historique pourrait se révéler décevante, tant cette ouverture laisse entrevoir une production certes léchée, mais terriblement sous influences. Après les désastres Marseille et Plan cœur, les assez peu convaincantes Osmosis, Family Business ou Vampires, et la plus réussie Marianne, les séries françaises Netflix accueillent au sein de leur groupe La Révolution.

Disponible en ligne le vendredi 16 octobre, cette saga en plusieurs épisodes, créée et écrite par Aurélien Molas (Une île) prend place, comme son titre l’indique, juste avant la Révolution française. Mais ce fait véridique se trouve ici coloré par des éléments hautement fantaisistes, qui font de cette production au point de départ historique une série fantastique. En fin de compte, le scénario suit en effet les ravages d’un virus appelé le Sang Bleu, qui infecte la Noblesse, et a pour conséquence sa fureur vis-à-vis du peuple.

Au cœur de ce temps troublé, un homme mène l’enquête : le docteur Joseph Guillotin, futur inventeur de la machine à décapiter sans douleur (joué par Amir El Kacem).

 

photoUn docteur qui connaît bien la mort : il en fera son instrument 

 

Vouloir réinterpréter la Révolution française en cette année 2020 marquée par bien des mouvements de contestation (qu’on retrouvait également figurés dans Joker, le carton de 2019) apparaît comme une entreprise pertinente, d'autant plus avec un virus en son coeur.

Malheureusement, les trois premières minutes de cette production prometteuse dévoilées récemment déroutent et convainquent assez peu. Pourtant, les images sont belles, l'atmosphère baignée de neige apparaît travaillée, et les têtes de nobles tranchées sont bien là dès les premiers plans, déposées en exergue sur le fronton d’une imposante demeure.

 

 

Ce n'est pas le combat au pistolet, avec en fond sonore une musique lyrique et emportée, et quelques ralentis, qui empêche d'accrocher à l'univers. Ni les deux protagonistes, dont les vêtements ne laissent pas de doute quant à leur origine sociale : un noble fuyant, et une sorte de justicière (Amélia Lacquemant) juchée sur un cheval couvert de sang. Ni la décapitation, pas hors de propos, qui conclut ce début.

Non, c'est la manière dont cette séquence est conduite et construite, qui évoque nombre de séries actuelles. La façon dont est écrite et filmée la scène est insipide et impersonnelle : on pourrait déplacer la séquence dans n'importe quel autre contexte, elle resterait identique, sans que l'on se sente le moins du monde gêné.

Et des détails extrêmement explicatifs et signifiants viennent alourdir le tableau. La machette dégainée par la justicière (a priori issue du peuple) fait immédiatement penser à The Walking Dead, ou d’autres séries actuelles. La voix off évoque d’ailleurs, à la fin, la présence de morts-vivants dans ce monde… 

 

photoLe noble spectateur, pas très sûr de ce qu'il voit

 

Ce n'est que l'un des éléments de détails de cette séquence d'ouverture qui apparaissent décalés. De même, on aperçoit ainsi des inscriptions tracées sur les murs de la maison : « Ni roi ni maître ». Avec des allures de tags, écrits dans une graphie d’aujourd’hui. Sans être royaliste ou traditionaliste, on peut avancer qu’ici, de tels éléments font un peu trop anachroniques, trop décalés… et le bonnet qui couvre tout le haut de la tête de l'héroïne n’est pas issu non plus de la plus ancienne mode.

Cette série façon relecture fantastique de faits historiques apparaît donc, dans cette introduction, tout de même très standardisée. Son scénario est relaté par une narratrice, à la façon de The Haunting of Bly Manor. Elle avance, en voix off : « c’est le cauchemar d’une enfant perdue dans le désordre du monde ». Certes, un cauchemar n’a pas vocation à apparaître réaliste. Mais on veut pouvoir se plonger dedans sans que des éléments involontairement drôles ou trop décalés nous en tirent.

Le 16 octobre, on pourra savoir si, passées ces trois premières minutes apparaissant assez lisses, La Révolution s'affirme comme une tentative ratée, un divertissement sympathique ou une réussite inattendue produite en France par Netflix.

commentaires

Dsluc
16/10/2020 à 12:23

Ah là là...... vous êtes durs!!

Floo06
16/10/2020 à 09:56

J'attends de voir, la BA ne montre pas grand chose sur la série, et la réalisation a l'air pas si mal.

En revanche Family Business peu convaincant ? je ne suis pas de cet avis, la série est extremement drôle et raffraichissante. Ca fait longtemps qu'une série comédie française n'avait pas atteint ce niveau.

Jeanne78
16/10/2020 à 07:02

J'espère qu'ils vont mentionner le génocide vendéen.

Non à la république, à bas la gueuse !

Ankytos
15/10/2020 à 19:07

Mmh... j'espère encore une bonne surprise malgré cette mauvaise première impression. Ce ne sont que trois minutes. Et qui sait ? Même avec les défauts, les qualités l'emporteront peut-être (ce que Marianne a pu faire pour moi, par exemple).

KibuK
15/10/2020 à 18:48

Ca me fait penser à un clip de Mylène Famer. Un mix entre "Libertibne" pour l'époque et "Désenchanté" pour l'ambiance.

Andarioch1
15/10/2020 à 18:22

Je reviens juste sur le "désastre Marseille". En tant qu'habitant proche de la cité phocéenne (que je n'apprécie d'ailleurs pas particulièrement), je dois reconnaitre à la série de décrire assez bien plusieurs aspects de la ville. Bon, ok, le gentil Depardieu n'est pas Gaudin mais à part ça, les méandres politiques, les parti(e)s en présence et les enjeux (l'immobilier, le stade,...) sont très réalistes et m'ont fait passer un plutôt bon moment.
Et bizarrement, tout cela n'est même pas vraiment caricatural.

MIL
15/10/2020 à 18:04

La BA était vraiment pas top à la base.
Même si ce n'est qu'une BA, tu sens que ça sera pas aussi bien traité que 'the Crown' par exemple.

Geoffrey Crété - Rédaction
15/10/2020 à 16:51

@Meuh!

On en a parlé parmi nos conseils rattrapage de l'été. Impossible de traiter toutes les (bonnes) séries avec notre petite équipe, surtout avec la situation en 2020...
https://www.ecranlarge.com/series/dossier/1186535-normal-people-the-great-little-fires-everywhere-12-series-a-rattraper-cet-ete

Meuh!
15/10/2020 à 16:41

Et sinon au rayon série historique, Écran Large est ce que vous allez parler de the great un jour?
Très bonne série pour ma part, on retrouve le Nicholas Hoult de skins en empereur Russe et une Elle Fanning vraiment étonnante.

bennnn
15/10/2020 à 16:18

On dirait plus le Peaky Blinders de la dernière saison notamment.
Après il ne s'agit que des trois premières minutes.

On peut se rappeler du début du Pacte des loups.

Au moins il y a une volonté de formalisme ce qui change de beaucoup de productions françaises.

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